27 mai 2015

24 mai 2015

Question de tempo

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Lui et moi avons parlé, la semaine dernière, à la faveur d'un café pris en tête à tête chez lui, de bon matin.

Alors que je venais de lui faire une confidence, il posai un "Ha...!" manifestement interloqué, suivi d'un silence qui parut interminable. Puis vint le coeur du sujet : il avait-il un début de nous ? Et la réponse  me fit l'effet d'une douche froide : non, il n'y avait pas de nous...  Ce nous que je croyais pourtant entrevoir.

Car alors que de mon côte je commençais à y croire, lui ne l'avait pas, du tout, envisagé comme cela. Et il ne savait d'ailleurs pas s'il voulait ou pouvait, en l'état actuel de la confusion lente qui règne dans sa tête, envisager, assumer, la possibilité d'une relation.

Pour lui nos instants étaient de très bons moments dont il profitait, assez égoïstement de son propre aveu, sans se poser plus de question que cela, ni essayer de leur donner une forme ou une direction. Contrairement à moi, qui désire un peu d'apaisement dans ma vie et qui ai envie d'envisager un avenir construit. Faire des choses à deux, voyager, me projeter la main dans la main avec quelqu'un. Tant de choses simples, comme un simple câlin, qui me manquent parfois cruellement...

Douche froide donc. Et d'autant plus glaciale que tous les signes qu'il m'envoyait n'étaient pas ceux de quelqu'un d'indifférent. Bien au contraire. Ma déception n'est pas feinte.

Lui laisser du temps ? Le laisser venir ? Laisser mon destin entre les mains incertaines d'un indécis ? Et combien de temps ? La réponse est non, définitivement non. Surtout qu'il ne manifeste nullement l'envie de me voir, comme moi je le lui manifestais. Il n'a d'ailleurs jamais fait le moindre pas vers moi, hormis cette fois où nous nous sommes recroisés voici presque quatre mois. Je comprends mieux maintenant. Nos besoins, comme nos sentiments, n'étaient pas symétriques. Nos musiques personnelles respectives ne suivaient pas le même tempo.

Fin de la partie et retour à la case départ donc. 

Désormais il me faut prendre mes distances, pour que la relation ne devienne pas toxique et que je ne m'emprisonne pas dans des illusions qui pourraient être dévastatrices. Car même si je lui en veux un peu pour son comportement totalement ambigu, ce que j'éprouve pour lui n'est pas purement anodin. Ce garçon me plait encore beaucoup. Il me faut me résoudre à cette idée que  nous n'irons pas plus loin.

Hier soir en rentrant seul chez moi, une sourde vague de solitude m'a anéanti. Des larmes ont coulé... Heureusement la "famille" twitter était là pour me divertir un peu et me changer les idées devant l'Eurovision. Ca m'a fait du bien.

J'ai néanmoins la triste impression que, de côté-là, rien n'évolue. Je me sens profondément seul et j'essaie à tout prix de tromper cette solitude en multipliant les activités, comme je l'ai toujours fait par le passé, ce qui me vaut l'inexacte réputation d'être hyper actif. Si vous saviez...

Tromper ma solitude, qui elle ne me trompe jamais.

19 mai 2015

Le tintement des verres et le parfum des roses

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Ce devait être un beau week-end en famille par une belle journée de mai. L'occasion de retrouvailles, d'enfants qui courent dans l'herbe, de rires sous les mûriers, de verres qui tintent et de parfum de roses. Un week-end de fête. Mes parents fêtaient leur anniversaire de mariage. Le quarantième. Celui d'émeraude, vert comme le sont en ce moment les champs de blés. Alors pour l'occasion, nous avions mis les petits plats dans les grands et invité parents, cousins, cousines et quelques visages amis autour d'une grande table dressée dans le jardin, ornée de bouquets à la fragrance sucrée, et de quelques ballons de couleurs.

La famille dans son sens large et les célébrations familiales sont, chez nous, porteuses de valeurs fondamentales, empreintes de bienveillance autant que d'une force symbolique qui dépasse la simple tradition. Un cocon puissant qui nous protège en même temps qu'il nous unit, par delà les générations et les stricts liens du sang. La famille dans laquelle on naît, celle que l'on se choisit, celle que l'on se construit, celle des amis proches qui en font tout autant partie. Des valeurs simples, sûres, essentielles comme l'est la terre nourricière à un arbre. 

Encore une fois, avant même que le cérémonial ne commence, c'est une sorte de sensation d'oppression qui devait me gagner, comme si la contrainte de cette liesse obligatoire me poussait à fuir malgré moi. Car la conversation que j'avais eue la veille n'avait rien pour me pousser aux plus fastueuses réjouissances, sauf peut-être à apaiser certaines angoisses qui trouvaient désormais leur fondement et leur légitime explication. Au fond, se poser la question, c'est déjà avoir la réponse...

Et puis, en quelques instants, irradié par une aura communicative, tout est retombé, oublié, volatilisé. Oui, je me suis senti remarquablement bien, en paix avec moi-même, en totale harmonie avec les autres. La fête fut belle, le repas délicieux, les sourires nombreux. Inévitablement ma mère a versé quelques larmes à la lecture d'un poème qu'un de leurs amis avait spécialement composé pour l'occasion, et j'ai vu mon père vraiment heureux. Que je les aime, ces instants qui font du bien !

La journée s'est ainsi déroulée avec une infinie douceur, entre volupté et ivresse, sous un ciel parfait mêlé d'azur et de blanc que venaient entrecouper de radieuses mèches de lumière d'un Floréal finissant. Et c'est sous les lueurs soyeuses du crépuscule rougeoyant que s'achevait ce très beau week-end en famille sous un joli soleil de mai, parmi les enfants qui couraient dans l'herbe, les rires sous les mûriers, le tintement des verres et le parfum des roses...

15 mai 2015

La photo du mois : Le Flou et la Vie

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Bonjour tout le monde, nous sommes le 15 Mai, il est midi, c'est donc le jour et l'heure de notre rendez-vous mensuel avec La photo du mois !

Chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

Le thème de ce mois nous a été donné par Lyonelk et il s'agit de : Le Flou et la Vie.

Petite explication de l'auteur :
"Dès son invention, la photographie est associée à la netteté absolue qui devient sa caractéristique fondamentale. Elle s’oppose en cela à la toile picturale qui, par son contact direct avec la main et le pinceau de l’artiste, ne peut aspirer à une précision aussi franche.
À l’inverse, la définition de la photographie se fonde sur un présupposé de netteté parfaite. Son importance est telle que de nombreux critiques d’Art estiment que la photographie change radicalement les normes de la représentation du réel, instaurant comme principe de base une exactitude irréprochable, à laquelle les œuvres seront comparées. Il s’agissait donc, dès les débuts de la photographie, de définir la technique photographique comme un nouveau standard de la “véritable” exactitude».
Mais « Il y a cependant une sorte de philosophie derrière cette “tendance”. Derrière le “flou”, il y a l’intuition d’une mise au point impossible sur le réel, l’impossibilité de rendre compte du monde dans sa fluidité, son éphémérité, son inexactitude et donc d’en être témoin et d’en porter témoignage. C’est le parti pris d’en saisir le mouvement, le mode d’apparition, dans une sorte d’anamorphose et d’improvisation. » De Jean Baudrillard (Sociologue et philosophe français, 1929-2007)"

Jamais je n'aurais crû que ce thème puisse aussi bien coller à mon actualité immédiate, tellement ce sujet se place dans la continuité de mon billet précédent.

Ma photo, faite ce matin même, est donc éminemment allégorique, en plus de se placer dans le thème proposé.


Une discussion toute fraîche, une petite mise au point, avec ce garçon qui me plait tant m'a montré combien les choses n'étaient pas si claires qu'elles le paraissent et que la vie, comme la route de cette photo, est empreinte de flou. 

Le flou du présent, le flou du futur, le floue de la vie... Comme le flou de cette photo, le flou de notre situation résulte d'une divergence de points de vue car il semble que nous ne regardions pas exactement dans la même direction, ce qui ne veut pas dire que nous cessions de nous voir pour autant. Laissons le temps travailler pour nous, et tirer les choses aux clairs, désormais sans faux semblants. 

Et la vie continue ailleurs :  A'icha, Agathe, Akaieric, Alban, Alexinparis, Amy, Arwen, Aude, Autour de Cia, Ava, BiGBuGS, Blogoth67, Blue Edel, Brindille, Calamonique, Canaghanette, Cara, Champagne, Chat bleu, Christophe, Claire's Blog, CécileP, Céline in Paris, Dame Skarlette, DelphineF, Dom-Aufildesvues, Dr. CaSo, El Padawan, Estelle, Eva INside-EXpat, Fanfan Raccoon, François le Niçois, Frédéric, Galéa, Gilsoub, Giselle 43, Guillaume, Homeos-tasie, Iris, Isaquarel, J'habite à Waterford, Josette, Josiane, Journal d'une Niçoise, Julia, KK-huète En Bretannie, Koalisa, Krn, La Fille de l'Air, Lau* des montagnes, Laulinea, Laurent Nicolas, Lavandine, Lavandine83, Lecturissime, Les bonheurs d'Anne & Alex, Les Filles du Web, Loulou, Luckasetmoi, Lyonelk, magda627, Mamysoren, Milla la galerie, Mimireliton, MissCarole, Morgane Byloos Photography, My Little Reflex, MyLittleRoad, Nanouk, Nicky, Noz & 'Lo, Philisine Cave, Pilisi, Pixeline, princesse Emalia, Renepaulhenry, Rosa, Rythme Indigo, Salon de Thé, Sandrine, SinuaisonsTestinaute, Thalie, Tuxana, Utopique-Lily, Voyager en photo, Xoliv', Yvette la Chouette.

10 mai 2015

In the air

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Cela fait un peu plus de deux mois que je vois ce garçon, que nous nous sommes revus, et que nous nous revoyons chaque semaine. Nous nous connaissons en réalité depuis plusieurs années, parce que nous nous étions vus une fois, un soir... que nous nous étions plus. Beaucoup en ce qui me concerne.

Par la suite nous nous étions recroisés, à de nombreuses reprises, dans la rue, et nous avions discuté, un peu, sans qu'il ne se passe rien, sinon cet émois si particulier, ce courrant électrique mêlé de ce léger vague à l'âme qui te traverse le corps quand tu te trouves face à une personne dont le charme te transporte et que tu crois lire dans ses yeux qu'il se passe peu ou prou la même chose.

Et puis il y a quelques semaines nous nous sommes à nouveau croisés. Il s'est arrêté, alors que je croyais simplement qu'il m'adresserait un geste amical doublé d'un "Bonjour" poli. Mais non, il s'est arrêté, a enlevé ses écouteurs puis nous avons entamé la conversation. Tout simplement. On s'est un peu raconté nos vies. Il m'a dit être célibataire et avoir supprimé tous ses profils sur les sites de rencontres, sur l'un desquels il m'avait furtivement adressé un coucou quelques semaines auparavant, parceque ça le soulait. Je lui parlais brièvement de mon expérience malheureuse au Québec et de mon retour...  À cette occasion, nous avons échangé nos numéros de téléphone, invitation non dissimulée à nous revoir, ce que nous devions faire peu de temps après.

Voici donc un peu plus de deux mois, peut-être trois, que nous discutons toute la semaine par texto, que nous nous racontons nos journées, que nous nous souhaitons bonne nuit, que  nous nous voyons chaque week-end le temps d'une soirée. 

Je ne peux pas vous décrire l'état de béatitude dans lequel je me trouve lorsque nous nous séparons après une dernière étreinte, ni le déluge de bonheur de produit la sensation de sa tête qui vient s'appuyer sur mon épaule et que sa main se replie sur la mienne pendant que, blottis dans le canapé, nous regardons un film simple prétexte à être ensemble, ou qu'il s'endort épuisé dans mes bras... En totale midinette que je suis, ces instants confinent pour moi au magique. Et j'aimerais qu'ils soient plus nombreux. Tellement plus nombreux... 

Lui est un peu chat sauvage. Il a sa vie, ses amis, ses habitudes. Je ne le ressens pas en demande même si son comportement tant en semaine que lorsque nous sommes ensemble ne laisse, à mon sens, que peu de place à l'équivoque. Comme je l'écrivais dans un précédent billet, de son côté sa modération doit être simplement le signe d'une absolue normalité. Aussi je ne m'inquiète pas outre mesure, même si j'espère plus, peu à peu...

Même s'il n'a pas de compte à me rendre, je le crois sérieux et je le suis tout autant. Et cela me ferait bien chier d'apprendre qu'il continue d'aller voir ailleurs... À cet égard, j'ai moi aussi supprimé mes profils des sites dédiés aux garçons qui préfêrent les garçons. Après deux mois sans m'être connecté, j'en avais pratiquement oublié mon mot de passe ! Et je ne sais d'ailleurs pas si je dois le lui dire, comme lui me l'avait dit ce matin de mars entre deux rayons de soleil. Le dire comme gage affiché de sa confiance ? Ne pas le dire, mais le tenir pour un acquis tacite ? Nous ne nous sommes rien promis ouvertement mais si les choses ont un sens et si les comportements humains devaient être un minimum cohérents, je crois pouvoir dire que la locomitive est sur des rails assez droits. Encore une fois, je l'espère.

Ce que je vais écrire méritera probablement la palme de la phrase la plus cucul la praline jamais publiée sur ce blog mais j'ai tellement d'amour à revendre, ce garçon me plait tellement, et je me sens tellement bien avec lui, que je me freine pour ne pas aller trop vite, erreur que j'ai trop commise par le passé. Aller trop vite, me ronger inutilement les sangs, et me brûler les ailes en lui faisant peur...  

Ce billet un peu décousu est probablement très gnian-gnian, mais j'avais besoin de poser les choses, de les écrire, pour m'en délester un peu et pour pouvoir le relire dans quelques temps, afin de voir où j'en suis.

8 mai 2015

Avengers : l'Ère d'Ultron

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Avengers : l'Ère d'Ultron

Réalisé par : Joss Whedon

Avec : Robert Downey Jr., Chris Evans, Mark Ruffalo, Samuel L. Jackson...

Genre : Pamphlet philosophique deleuzien

Durée : Ultron long...

Synopsys : Après avoir brillamment aidé l'équipe des Castors Juniors à récupérer le Sceptre d'Ottokar et les bijoux de la Castafiore, Tony Stark s'ennuie ferme dans son labo. Il fait beau sur Terre et depuis qu'il a réussi à démontrer les conjectures homologiques en algèbre commutative et révolutionné du même coup la table périodique des élements, lui et le Dr Banner n'ont rien de bien croustillant à se mettre sous la synapse.

Farfouillant dans un tiroir poussiéreux, ils trouvent une vieille clé USB contenant l'esquisse d'un programme informatique destiné à assurer paix joie et amour dans la galaxie toute entière. Aussi, après avoir mis la base de données virale Avast à jour, hop, les deux compères se lancent à corps perdu dans cette nouvelle aventure.

Mais soudain Windows98 plante, Ultron s'éveille et la France a peur...

Extraits :
(Pif paf pif paf pif paf ...!)
"La base virale VPS a été mise à jour"
- Alors les tapettes, c'est qui qu'a la plus grosse ?
- Et alors le mec il dit à Thor : "Hey mec, t'es complètement marteau !" (rires gras)
- Qui suis-je ? Où cours-je ? Dans quel état j'erre ?
"La base virale VPS a été krrrrrrrzzzzzzzzz klong"
- Hooooo un méchant !
(Pif paf poum !)
- Gniark gniak gniark, je suis le méchant...
(Brom brom brom badaboum crash...!)
- Je suis le méchant et je vais tuer les gentils !
- On est les gentils et on va tuer le méchant !
(Pif paf pif paf pif paf pif paf pif paf pif paf pif paf...!)
- Gniark gniak gniark, je suis le méchant...
- Un pour tous et tous pour un !

L'avis de la rédaction : Dernier volet de la passionnante saga Avengers, Avenger, l'Ère d'Ultron est, a n'en pas douter, le plus abouti, tant du point de vue de la réalisation que du point de vue scénaristique, confinant ici au virtuose.

Mais bien fade serait ce nouvel opus sans une respectable et salutaire dialectique deleuzienne instillée avec une justesse rare tout au long de ces deux heures trente de débauche d'effets spéciaux, lui procurant une profondeur politique fort bien venue qui, malgré quelques invraisemblances tout à fait excusables, érige Avenger, l'Ère d'Ultron au rang d'incontestable chef-d'oeuvre. 

À voir sans restriction aucune pour tous les passionnés de philosophie déterministe.  

En conclusion : 
" La raison, la force ou la liberté ne sont pas séparables d'un devenir, d'une formation, d'une culture. Personne ne naît libre, personne ne naît raisonnable. Et personne ne peut faire pour nous la lente expérience de ce qui convient avec notre nature, l'effort lent pour découvrir nos joies." 
écrivait Gilles Deleuze dans "Spinoza et le problème de l'expression". Avenger, l'Ère d'Ultron en est la très, très, brillante illustration.

Note de la rédaction : Aspribrosse de cuivre.



Gilles Deleuze "Spinoza et le problème de l'expression" - 1969
Les Éditions de Minuit, Coll. « Arguments », 336 pages
ISBN : 2707300071

19 avril 2015

Totoro, friends and sun

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Un beau début d'après midi d'avril, resplendissant comme ils le sont souvent à Toulouse.

Une terrasse de restaurant, l'ombre nonchalante d'un grand arbre, les oreilles encores emplies de musiques superbes, deux verres emplis de bulles dorées, le sourire malicieux d'une amie que je n'avais pas eu le plaisir de voir depuis longtemps.

Un paquet cadeau du Japon, un Totoro tout neuf à accrocher à mon frigo, sourires complices.

Elle me raconte, je l'interroge, nous partageons. Ses angoisses, mes angoisses, ses doutes, mes doutes, nos expériences, qui se répondent. 

Trop de questions qui viennent parasiter mon quotidien de mille tourments inutiles. 

Comme bien souvent, face à une difficulté, il n'est meilleur point de vue que celui d'une personne extérieure.

Et puis survint cette petite phrase, venue à point nommé apaiser mes peurs d'abandon, redoutables : alors que je me sens obligé de justifier de mes faits et gestes pour envoyer de signes rassurants à ce garcon, et si, de son côté sa modération était simplement le signe d'une absolue normalité ?

Et tout d'un coup, tout s'est éclairé...
C'est aussi pour cela que j'aime mes amis.

15 avril 2015

La Photo du Mois : "Signe du déclin industriel"

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Bonjour tout le monde, nous sommes le 15 Avril, il est midi, c'est donc le jour et l'heure de notre rendez-vous mensuel avec La photo du mois !

Chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

Ce mois-ci, Alban nous propose de plancher sur : Signe du déclin industriel.

Une fois n'est pas coutume, j'ai pioché ma photo dans mes archives et je vous invite à replonger dans l'histroire du Canal de Lachine, à Montréal, qui fut, en son temps, un très haut lieu de l'activité économique du Québec.

Totalement reconverti, certains artefacts du passé témoignent encore de ce lent déclin, jusqu'à son renouveau contemporain. Telle cette cheminée du XIXe siècle, qui trône parmi des condos flambants neufs et qui s'arrachent à prix d'or...


La photo du mois continue chez les autres participants : A'icha, Akaieric, Alban, Alexinparis, Alice Wonderland, Amy, Arwen, Aude, Autour de Cia, Ava, Bestofava, BiGBuGS, Blogoth67, Brindille, Calamonique, Cara, CetO, Champagne, Chat bleu, Chloé, Christophe, Claire's Blog, CécileP, Céline, Céline in Paris, Dame Skarlette, DelphineF, Dom-Aufildesvues, El Padawan, Estelle, Eurydice, Eva INside-EXpat, Fanfan Raccoon, François le Niçois, Frédéric, Galéa, Gilsoub, Giselle 43, Guillaume, Homeos-tasie, Iris, Isaquarel, J'habite à Waterford, Josette, Josiane, Journal d'une Niçoise, Julia, Kenza, KK-huète En Bretannie, Koalisa, Krn, La Fille de l'Air, Lau* des montagnes, Laulinea, Laurent Nicolas, Lavandine, Lavandine83, Les bonheurs d'Anne & Alex, Les Filles du Web, Loulou, Luckasetmoi, Lyonelk, magda627, Mamysoren, MauriceMonAmour, Memories from anywhere, Milla la galerie, MissCarole, Morgane Byloos Photography, My Little Reflex, MyLittleRoad, Nanouk, Nicky, Noz & 'Lo, Philae, Philisine Cave, Pilisi, Pixeline, princesse Emalia, Renepaulhenry, Rosa, Rythme Indigo, Salon de Thé, Sandrine, Sinuaisons, Suki, Tambour Major, Testinaute, Thalie, Tuxana, Utopique-Lily, Woocares, Xoliv', Yvette la Chouette.

4 avril 2015

Crème au chocolat

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Le temps de Pâques va de pair avec le chocolat. Et Pâques ou pas Pâques, le chocolat c'est bon, en toute saison.

Voici une petite recette de crème au chocolat dont la simplicité n'a d'égal que la puissance truithonnesque, au-delà de l'imaginable.

Sortez votre fouet de cuisine favori, éloignez les enfants, et sombrez avec délices dans cette tuerie labellisée pornfood apte à faire exploser tous les tours de taille ! 

Une recette facile, bonne et terriblement cochonne...


Crème au Chocolat 

Edition spéciale truithonnage


***
Prix : Pas cher       Difficulté : Enfantine       Truithonnage : Maximal

***

Ingrédients :
  • 200g de chocolat noir
  • 100g de sucre semoule
  • 150g de beurre
  • 5 oeufs entiers
  • 3 cuillerées à soupe de rhum (ou de tout autre alcool de votre choix)
  • 1 pincée de sel


Préparation :
1/ Faites fondre le chocolat avec le beurre au micro-ondes ou au bain-marie.
2/ Mélangez grossièrement les oeufs entiers avec le sucre, l'alcool et la pincée de sel.
3/ Ajoutez ensuite les deux préparations puis mélangez jusqu'à obtenir une pâte lisse.
4/ Réfrigérez pendant 24 heures minimum.
5/ Servir bien froid ou dévorez directement  à la petite cuillère dans le saladier...

La consistance finale de cette crème est vraiment très épaisse... Normalement, au bout de 24 heures de frigo, le contenu ne se renverse pas lorsque l'on retourne le saladier. Une cuillère plantée reste figée.

29 mars 2015

Doña Matilda

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Personne à Cadaquez n'ignorait le nom de Doña Matilda. Vieille femme aride toujours vêtue de cette même noire robe longue de toile épaisse que portent les paysannes, la tête couronnée d'une gigantesque mantille impeccable, finement brodée, rehaussée de perles fines, les gens du pueblo viejo ne parlaient d'elle qu'avec cet infini respect que l'on accorde aux personnes de haut rang. Mati, comme on aimait à l'appeler entre nous, était une figure locale plus importante encore que le Curé dont les sermons ouvertement franquistes malgré la fin de la dictature, attiraient pourtant une foule considérable chaque dimanche.

On ne lui connaissait aucune famille, ni frère, ni sœur, ni père ou mère. Dotée d'une fortune dont on ignore encore aujourd'hui l'origine, elle avait grandi dans un couvent de Mataró avant de venir s'installer ici, à Cadaquez.  Certains en effet, et selon la légende locale, voyaient en elle la fille adultérine d'un haut dignitaire de Segovia. D'autres la disaient fille de roi, descendante directe d'Isabelle la Catholique. Probablement rien de tout cela n'était vrai et, au fond, qu'importe. 

Elle ne sortait que rarement de chez elle, toujours accompagnée de son âne, une méchante bête grise aux oreilles démesurées qui prenait un malin plaisir sadique à mordre les mollets des passants qu'elle croisait en chemin. Il n'y avait bien que Doña Matilda pour l'approcher... les autres enfants du village, que je cotoyais chaque été et pour les fêtes de Pâques, le craignaient comme le diable.

D'ailleurs, à l'instar de Doña Matilda, tout un tas d'histoires plus folles les unes que les autres courraient entre les enfants du pueblo viejo à propos de cet âne. Selon la version qui recueillait l'assentiment des plus anciens, l'animal serait le fruit d'une malédiction jetée jadis par Doña Matilda à l'ancien archevêque de Zaragoza. L'homme d'église, dont la famille était originaire de Figueras, aurait en effet courtisé d'un peu trop près la jeune fille à la chevelure d'ébène tout juste sortie de l'enceinte aux murs de chaux où les religieuses l'avaient éduquée avec toute la rigueur de leur règle. Mati, que l'on prétendait un peu sorcière, lui aurait jeté un sors pour se venger et transformé l'émissaire épiscopal en bête de somme. Selon une autre version, tout aussi improbable, c'est de cet âne que Mati tenait sa fortune, la bête recelant en ses entrailles un trésor fabuleux...

Toujours est-il que ces légendes concourraient à faire de Doña Matilda un personnage mystérieux tout aussi respecté que craint et à qui l'on n'adressait la parole qu'avec une profonde révérence.

La vieille femme habitait une immense demeure juchée sur les contreforts maritimes, un peu en dehors de la ville, en bord de falaise, au bout d'un chemin de pierres calcaires aiguës bordé d'ifs centenaires. La Tienda Mati comme on l'appelait ici. On ne s'y rendait que sur son invitation : "Hé ! tu viendras boire un jus d'orange dimanche !" m'avait-elle lancé un jour que, reconnaissant au loin la mantille perlée, je l'avais croisée à califourchon sur son âne.

"Il te faut y aller !" m'avait sermonné mon père. Une invitation de Mati ne se refusait pas. Et rares étaient ceux qui bénéficiaient d'un tel privilège...

C'est ainsi que le dimanche suivant je me rendis à pied chez Doña Matilda, accoutré pour cette occasion spéciale de mes plus beaux vêtements, hélas bien trop chauds pour la torpeur déjà estivale de ce mois de juin, annonciatrice d'un été caniculaire.

Longeant la falaise à travers la garrigue j'apercevais au loin la silhouette noire des ifs dessinant le sinueux chemin menant à la Tienda Mati vers lequel je m'avançais le cœur battant, les pierres brunes s'entrechoquant sous mes pas. De part et d'autre du sentier s'étendaient des orangers parsemés de petites fleurs odorantes à la fragrance divine qu'un petit vent marin fort agréable portait à mes narines.

Les volets mi-clos, la porte entrouverte, un bougainvillée empourprant la façade de pierres grises, l'on entrait dans la maison assommée de soleil par une vaste cour carrée bercée par le susurrement cristallin d'une petite fontaine parée d'azulejos bleus et blancs. Je sonnai la cloche d'un petit coup sec. "Entre entre !" m'invita de l'intérieur une voix rêche et chevrotante. 

Aussitôt franchi le seuil de la porte, régnait une fraîcheur apaisante baignée d'une semi-obscurité qui contrastaient fortement avec la chaleur extérieure, à tel point qu'il fallut à mes yeux quelques instant pour s'adapter.

Assise dans un haut fauteuil finement sculpté, dans l'embrasure d'une petite fenêtre à travers laquelle perçait un rai de lumière vive, Doña Matilda m'attendait dans la vaste pièce unique. Je ne sais comment décrire l'impression grandiose que j'eus en la voyant. Majestueuse dans sa simplicité, les yeux fermés, comme de coutume toute de noir vêtue, la tête appuyée sur sa main gauche, perdue dans ses pensées, sa main droite tremblotante égrenait un chapelet en bois clair. On eut dit une reine...

Sur la table, une corbeille d'osier emplie d'oranges, et un verre de nectar frais qui venait d'être pressé. Sans déplisser les yeux elle redressa un peu la tête parée de blanc et, de sa main droite, me désigna le verre. 

"Bois donc ! Tu dois avoir soif..."

Sans me faire prier je m'approchai de la haute table et saisis le récipient que, des deux mains je portai à mes lèvres. D'une traite, je bus à grandes gorgées bruyantes ce jus savoureux que je sentis ressourcer chacune des parties de mon corps. Reposant le verre à présent vide, je poussai un grand "Haaaaa !" de contentement. 

C'est alors qu'ouvrant les yeux, elle se mit à rire d'un rire de petite fille. Puis, son visage sévère plissé par le temps s'illuminant soudain comme je ne l'avais jamais vu auparavant, son rire se fit torrent. Oui, elle riait à gorge déployée, comme probablement elle n'avait pas ri depuis longtemps...

Et porté par la joie soudaine et insolite de l'instant, je me mis à rire avec elle.