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  • 22 juin 2017

    Pour l'amour des roses trémières

    2 commentaires
    J'ai mis longtemps à associer le nom de rose trémière à la plante éponyme. D'ailleurs quel nom étrange que celui de rose trémière. Je n'ai jamais su ce qu'il voulait réellement dire et je n'ai d'ailleurs pas eu la curiosité, en écrivant ce billet, d'aller en vérifier l'étymologie dans un dictionnaire. Comme si accéder à cette connaissance devait en briser la mystérieuse beauté.

    Rose trémière. Et dire que ce n'est même pas une rose... 

    Une plante dont on ne sait pas trop ce qu'elle est. Ses feuilles vert tendre ressemblent à celles de la mauve, sans être de la mauve. Sa tige haute s'étire vers le ciel comme le fait le tournesol, sans être tournesol. Ses boutons semblables à de petites pommes vertes mais qui ne deviennent jamais pommes. Ses énormes fleurs nervurées, si belles et pourtant si peu odorantes, qui font si bien ressortir les rayures des abeilles.

    Elle est exubérante et modeste, charmante et indifférente, farouche mais docile. C'est la rose trémière.

    Des roses trémières, il y en a toujours eu chez ma grand-mère. Elles poussaient et poussent encore un peu sauvagement au milieu du buis, entre la boîte aux lettres et les lilas dont le parfum succulent annonce les beaux jours. Après que les lilas ont acclamé le printemps, les roses trémières s’érigent en sentinelles de l'été. C'est aussi une plante que j'aime à croiser lors de mes balades en montagne, à la faveur rassurante d'une source qui murmure entre deux pierres ou d'un abreuvoir au milieu des estives. 

    La semaine dernière j'en ai vu toute une ribambelle qui poussaient sur le terre-plein central de l'autoroute qui sépare Toulouse de Montauban. Que ces belles plantes fragiles puissent pousser au milieu du goudron, parmi la fureur frénétique du va-et-vient des automobiles et des poids lourds roulant à toute allure, indifférents à cette gracile présence végétale, a quelque chose d'éperdument poétique lorsque l'on y pense. La poésie se niche décidément partout.

    Aussi c'est avec une petite pointe au cœur que, depuis quelques jours, j'assiste impuissant au fauchage de l'autoroute et au broyage systématique des roses trémières qui s'apprêtaient à fleurir enfin...

    Pendant quelques minutes d'égarement je me suis pris à penser que, peut-être les agents de la DDE allaient eux-aussi se souvenir des roses trémières qui poussaient entre le lilas et la boîte à lettres de leur grand-mère et, dans un sursaut de mélancolie, les contourneraient méticuleusement avec leur débroussailleuse pour les laisser fleurir et s'émerveiller les automobilistes, à l'instar de Gaston Lagaffe et son invention géniale de micro-tondeuse à gazon qui lui permet de tondre la pelouse de sa chère tante Hortense en épargnant les marguerites qui poussent dans le jardin.

    De grâce, de grâce, monsieur le promoteur, 
    De grâce, de grâce, préservez cette grâce 
    De grâce, de grâce, monsieur le promoteur 
    Ne coupez pas mes fleurs.

    Il n'en fut évidemment rien...
    Les conducteurs de faucheuses ne doivent pas lire Gaston Lagaffe.

    15 juin 2017

    La photo du mois : Instant T

    25 commentaires
    Bonjour à tous, nous sommes le 15 Juin et c'est l'heure de notre rendez-vous mensuel avec la photo du mois.

    Je vous rappelle le principe du jeu : chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Le thème de ce mois-ci a été choisi par Aude qui nous a proposé de plancher sur : "Instant T ou l'art de la photo prise pile poil au bon moment !"

    Justement, quelques jours après l'annonce du thème de ce moi-ci, le hasard et la chance ont mis sur mon chemin ce superbe double arc en ciel alors qu'il venait de pleuvoir quelques minutes plus tôt.


    Aussitôt après l'avoir photographié, il s'évanouissait alors que le soleil se ragaillardissait... L'art de la photo prise pile poil au bon moment et - surtout - de toujours avoir un appareil photo à portée de main !

    La photo du mois continue sur les autres blogs participants : Akaieric, Alban, Alexinparis, Amartia, Angélique, Aude, Autour de Cia, BiGBuGS, Blogoth67, Brindille, Bubble gones, Calamonique, Chat bleu, Chiffons and Co, Christophe, Cricriyom from Paris, CécileP, Céline in Paris, Danièle.B, DelphineF, E, El Padawan, Escribouillages, Eurydice, Evasion Conseil, François le Niçois, Frédéric, Gilsoub, Gine, Giselle 43, J'habite à Waterford, Jess_TravelPicsAndTips, Josette, Josiane, Julie, Kellya, KK-huète En Bretannie, Krn, La Fille de l'Air, La Suryquoise, La Tribu de Chacha, Laulinea, Laurent Nicolas, Lavandine, Lavandine83, Lilousoleil, Lyonelk, magda627, Magouille, Mirovinben, Morgane Byloos Photography, Natpiment, Nicky, Pat, Philae, Philisine Cave, Pilisi, Renepaulhenry, Sous mon arbre, The Beauty is in the Walking, Ventsetvoyages, Who cares?, Xoliv', écri'turbulente.

    12 juin 2017

    Lui et moi

    2 commentaires
    Lui et moi, moi et lui... C'est une histoire qui a commencé il y a bientôt dix ans. L'histoire d'un amour impossible et d'une séparation qui sera pour moi la source de mille tourments...

    L'histoire de deux garçons qui, depuis, vivent leur vie chacun de leur côté, tout en gardant entre eux ce lien étrange et probablement indéfectible qui unit deux personnes qui se sont aimées de manière très sincère et se sont quittées tout aussi sincèrement, avec ce goût amer de l'inachevé. Une histoire qui porte en elle la sève vive de ces grands arbres qui n'ont pas fini de grandir et dont on sait que l'on verra, un jour, s'étendre au loin l'imposante ramure.

    Dix ans bientôt que tout a fini et que, pourtant, rien n'a véritablement cessé entre nous. 

    Oui, il est étrange ce lien invisible qui perdure à travers l'espace et le temps. Ce lien qui raconte le souvenir d'un baiser volé sous un porche, d'une course sous la pluie battante en quête d'un abri, d'un appel à l'aide un samedi dans le train qui me menait à Lyon, et celle d'un short orange restitué à son propriétaire un soir de juin sur les quais de la Seine, tandis que nous mangions des pistaches...

    Aussi, ce soir, passant devant la place du Capitole particulièrement belle, toute habillée des lumières du couchant sous un ciel d'azur impeccable en cette magnifique journée de juin, je lui envoyai une photo, pour lui faire un coucou, comme ça, histoire de faire fonctionner le fil d'Ariane qui nous relie.

    Hey : tu es là ?

    Comme à chaque fois, il m'a répondu et m'a donné de ses nouvelles, me demandant des miennes. Puis il s'enquit de savoir, si bientôt je montais à Paris, m'enjoignant de le prévenir dans ce cas. Je lui indiquai que je comptais le faire au plus tard en novembre et peut-être même avant la fin cet été, si mon emploi du temps me le permettait.

    "C'est cool alors. On se revoit cette année :-)" a-t-il conclu.

    Sa réponse, empreinte de cette spontanéité innocente et naïve que je lui connais depuis toujours, débordant de la candeur désarmante qui le caractérise, m'a fait intérieurement sourire, avec une infinie tendresse.

    Oui, c'est cool. C'est même très cool qu'il ait toujours envie que l'on puisse se voir. Et oui, on va se revoir cette année. La dernière fois c'était il y a déjà cinq ans, quelques semaines avant que je ne parte pour six mois en Argentine. Que le temps passe vite...

    Ces petits échanges, aussi rares et brefs soient-ils, sont comme des coups sur une cordée, histoire de s'assurer que tout le monde va bien, au cas où. Le fil d'Ariane. Et parce qu'il n'est pas quelqu'un de tout à fait ordinaire, ils témoignent aussi d'une mémoire commune du temps passé, de très jolis souvenirs communs - même si certains m'ont longtemps été douloureux, et de ce que, au fond, dans son regard et dans l'affection qu'il me porte, je ne suis pas un si mauvais type...

    9 juin 2017

    Du temps pour soi

    2 commentaires
    Ce n'est pas la super grande forme en ce moment.

    Mon boulot m'angoisse et ne me procure aucune satisfaction. Ma boss est une connasse et se comporte comme telle. Je pars travailler le matin à reculons et rentre le soir complètement à plat, sans envie de faire quoi que ce soit d'autre que de manger et dormir... 

    Je suis envahi d'émotions négatives, d'angoisses, de non-désirs, de vide. Envahi, c'est le mot exact, au sens psychiatrique du terme.

    Malgré tout, je dois faire face à mille obligations professionnelles et personnelles, dont des projets qui nécessitent impérativement que je leur consacre un minimum de temps si je veux espérer les voir aboutir ou du moins leur donner chance de se concrétiser. Des projets en lesquels je crois, des opportunités de changement.

    Du temps que je n'arrive pas à prendre. 

    Pourtant je ressens le besoin impérieux de prendre du temps pour moi, d'appuyer sur "pause" et de réinvestir mon quotidien ou mon peu de temps libre pour faire des choses que j'aime et qui me font plaisir. De remettre un peu de lumière dans ce brouillard qui, si je n'y prends pas garde, n'ira qu'en s'épaississant au risque de m'y perdre voire de m'y noyer, comme j'ai déjà pu le faire par le passé.

    Cela veut dire, et je le sais, ne pas traiter toutes ces choses urgentes dont je parlais plus haut. Ces chose auxquelles je pense tous les matins en me levant et qui me réveillent parfois la nuit, entre deux rêves étranges. Ces choses qui sont si importantes...

    Mais je crois que prendre soin de soi et savoir prendre du temps pour soi est la première des priorités. Surtout en ce moment.

    C'est en ce sens que j'ai planifié mon weekend. Refaire - chose que je n'ai pas faite depuis des mois voire des années - de la (très belle) musique avec des amis que je n'ai pas revus depuis longtemps. Dîner avec une copine samedi et avec un ami dimanche soir. Faire un peu de sport au milieu de tout cela, aussi, histoire de tirer la chasse sur une quantité astronomique de stress inutilement accumulé. Aller au cinéma, tiens, pourquoi pas... Et tant pis pour les priorités.

    J'essaie de me projeter vers des choses positives, qui me plaisent et qui me feront du bien. Pour mon bien.

    Prendre du temps pour soi.
    Du temps pour moi.

    6 juin 2017

    J'ai 10 ans !

    12 commentaires
    Il y a dix ans de cela, jour pour jour, j’ouvrais un petit bout de pas grand chose sur la toile. Un premier billet comme une petite graine de laquelle allait germer ce qui est devenu ce blog.

    Nous sommes en 2007. Je fais mes premiers pas dans un univers nouveau pour moi. Celui d'une différence que je comprends enfin mais que je n'accepte pas tout à fait. J'ai besoin d'écrire, pour tout, pour rien, sans ligne directrice.

    Alors j'écris et cela me fait du bien. Rapidement arrivent les premiers commentaires réguliers de ceux qui deviendront au fil tu temps les premiers habitués. Et cela fait dix ans que ça dure.

    Mes premiers mots ont été écrits sur un blog SpaceLive - plateforme développée par Microsoft, définitivement fermée en 2011. Il était davantage destiné à donner des nouvelles aux amis, tout en semant ici et là des petits cailloux blancs qui donnent régulièrement à mes billets plusieurs degrés de lecture, à qui sait débusquer les indices. Si ma mémoire est bonne, SpaceLive - la protohistoire des réseaux sociaux ! - permettait de chatter avec ses amis et de créer un blog. C'était en fait un genre de sous-Facebook en moins bien ou en tout cas en très différent, très verrouillé et peu ergonomique.

    Mon premier billet publié le 06 juin 2007 à 09:36.

    Avec le temps, la fonction du blog a évolué et la manière d'écrire avec elle. M'assumant progressivement de plus en plus, en étant de mieux en mieux dans mes baskets, j'osais et abordais des sujets un peu plus intimes. Le premier véritable changement fut imputable au changement de plateforme. Space annonçant sa fermeture prochaine, et le bidule manquant cruellement de possibilités de personnalisation, je migrai vers l'actuelle plateforme Blogger à laquelle je suis resté fidèle depuis lors. Là je devins totalement anonyme, ayant connu une déconvenue qui m'a fait devenir un peu parano avec la divulgation de mon identité sur internet. Anonyme et libre...

    Ce changement de plateforme s'est accompagné d'un élargissement du public. Les commentaires sont enfin totalement ouverts, sans qu'il soit besoin d'avoir un compte. C'est l'époque de la pleine effervescence des blogs. Les blogueurs que je lis avec fidélité (Matoo, Tto, Joss, PascalR, Fred, Virgile, Tarval, Boucledor, Orphéus, Cédric Darval de Bayen, Chris, Ditom, Fabisounours, Loup, Olivier d'Evian, Gildan, Maxivirus, Poussin, Des Fraises et de la tendresse, Sailortoshyo, Glimpse et tant d'autres ! Beaucoup ont - hélas - cessé d'écrire...) publient avec régularité. Chaque billet s'accompagne alors d'une pluie de commentaires dans une ambiance bon enfant car tout le monde se commente mutuellement, se renvoie la balle au bond et on se fend régulièrement la poire.

    A cet égard le blog est aussi un instrument de socialisation merveilleux : je ferai, grâce au blog et à mes lectures, de nombreuses connaissances, beaucoup de rencontres, certaines très belles qui ont donné naissance à de très belles amitiés qui, pour certaines, perdurent encore à ce jour. La magie des blogs que l'instantanéité d'un twitter ne supplantera pas...

    L'autre changement résultera par la suite d'un changement de statut : d'éternel étudiant à mi-chemin entre une vie professionnelle envahissante et un orteil à l'université dont je tardais à me délivrer, j'entrais de plein pied dans les tourments de la vie active, ne me laissant que peu de temps pour les loisirs en général et le blog en particulier. Fini la glandouille et l'écriture comme échappatoire... C'est bien simple, le nombre de billets publiés fut quasiment divisé par deux ! Certains problèmes, et le besoin corrélatif d'en parler, disparurent. De nouveaux ne manquèrent évidemment pas de jaillir, tandis que d'autres demeurent intacts.

    Il y eut aussi des moments d'hésitations, des moments de doutes où la question de maintenir ce blog s'est posée... Mais l'envie et le besoin d'écrire ont toujours été les plus forts, même si écrire un blog personnel est souvent un exercice à sens unique : c'est avant tout écrire sur soi, pour soi, un peu pour les autres et leur partager des joies et des peines, mais avant tout pour extérioriser certaines choses dont on ne sais pas trop quoi faire et qui ont besoin de sortir.

    Une fois couché sur l'écran, les mots ne nous appartiennent plus totalement. Ils sont certes ce que nous y voyons, mais il deviennent surtout ce que les autres y mettent de signification. Ce qui veut dire que parfois des billets passent à côté, sont mal ou pas compris du tout. Cela fait partie du jeu. Alors, que des lecteurs se retrouvent dans mes écrits est toujours un bonheur. Et je suis toujours très (très !) heureux de lire des messages en ce sens de ceux et celles qui me lisent, comme cela arrive de temps en temps. 

    Bon, c'est très compliqué en fait à écrire un billet d'anniversaire. J'avais prévu d'écrire un long billet sous forme d'une rétrospective de ces dix années, année par année. Mais à bien y réfléchir je trouve cela fastidieux et terriblement chiant à rédiger. Et puis surtout je suis une grosse feignasse hu hu hu ^^ ! 

    En tout cas une chose est sûre : chaque billet publié, qu'il soit léger, grave ou totalement futile comme ce billet en est la démonstration, est le reflet d'un moment, d'un instant de ma vie. Des instantanés de ma petite vie presque ordinaire et que j'aime à relire de temps en temps, juste pour le plaisir de retrouver certains billets que j'aime bien, ou pour me souvenir de l'état dans lequel je me trouvais à telle époque et regarder le chemin parcouru.

    Dix ans de blog, dix années de ma vie en un peu moins de mille billets, comme autant de clichés photographiques rangés dans une belle boiboite virtuelle : une véritable clavardographie tambourmajoresque (et oui, aujourd'hui je m'autorise toutes les licences lexicales, y compris celle du néologisme).

    Bref nous y voilà : le champagne est prêt, la lumière est baissée et le gâteau arrive. Il ne me reste plus qu'à souffler mes dix bougies.

    Vous soufflez avec moi ?

    1...
    2...
    3 !


    Youpi : J'ai dix ans !