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  • 19 janvier 2018

    Noël est bien fini

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    Noël et son cortège de réjouissances sont désormais derrière nous. J'ai donc défait mon sapin et rangé les décorations dans un carton qui attendra onze mois pour ressortir du cellier où il attend sagement. Je n'aime pas défaire le sapin. Cela véhicule à chaque fois un flot de nostalgie, comme si, avec lui, c'était une part d'enfance et d'insouciance qui était remisée. Défaire le sapin et revenir aux réalités des grandes personnes, aux soucis qui émaillent notre quotidien, au jeu social dans lequel chacun tient son rôle.

    J'en ai déjà parlé par le passé mais j'aime vraiment mon appartement. J'ai enfin trouvé comment dégager toute une partie du salon d'une ombre coriace. Désormais la lumière y est belle de jour, le soir et de nuit. Surtout depuis que depuis cette semaine un petit citronnier orne le salon, tenant compagnie aux autres plantes vertes. Ses petites fleurs parfument délicatement un petit périmètre autour de lui, c'est exquisément agréable.

    Parfois j'aurais envie d'en changer, de déménager, pour renouveler mon environnement, pour changer de quartier, pour avoir un balcon plus grand... Cela fait mine de rien près de dix ans que j'y habite. Et pourtant malgré toutes ses petites imperfection, je l'aime beaucoup. Il me ressemble. J'en ai fait, au fil des années, mon chez-moi où je me sens terriblement bien.

    Noël est bel et bien fini. Les semaines passent et ne se ressemblent pas. Peu à peu je renoue avec un certain plaisir de travailler que j'avais totalement perdu. Ces jours-ci encore, alors que je me rendais au bureau, je repensais à cette angoisse vissée au ventre qui me nouait les tripes lorsque je cheminais en direction des locaux de ma connasse de boss. Une boule qui vous envahit, vous noue la gorge, s'immisce dans vos membres et vous épuise mentalement sans que vous n'ayez rien pu faire. Une armure trop lourde à porter pour parer les coups faciles et immérités que je recevais à longueur de temps.

    Aujourd'hui, quoique les raisons ont complètement disparu, il est encore des relents qui me tenaillent de temps à autre. Cela ne dure jamais très longtemps, mais le seul fait que ces réminiscences existent me montre à quel point j'étais mal et combien certaines blessures ne sont pas encore guéries presque six mois après.

    Professionnellement les choses se mettent en place progressivement. Je suis assez content. J'aime mon nouveau lieu de travail et apprécie les gens que j'y côtoie qui me traitent en égal. Cela aussi c'est un net progrès. Preuve que cela va plutôt bien, je me suis acheté ce matin un petit bouquet de tulipes rouges pour mettre sur mon bureau. Une petite coquetterie qui fait du bien. C'est toujours ça de pris.

    Demain je dois me rendre dans un gros magasin de bricolage acheter de nouveaux radiateurs électriques pour mon appartement et changer mes vieux grille-pain complètement obsolètes. Cela représente beaucoup d'argent mais je traîne depuis plusieurs années. Il est temps de passer à l'action et de changer tout cela, pour me sentir bien chez moi. J'irai avec un copain que j'apprécie beaucoup, un peu trop peut-être même si je sais que je n'en dois rien attendre. C'est lui qui s'est spontanément proposé de m'accompagner. Et comme il est plutôt bricoleur avisé, ses conseils seront les bienvenus.

    Être bien dans son travail, être bien chez soi... c'est déjà pas mal.
    Noël est fini, mais la vie continue. Et c'est très bien ainsi. 

    15 janvier 2018

    La photo du mois : Festivités

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    Bonjour à tous, nous somme le 15 janvier, et c'est notre premier rendez-vous mensuel avec la photo du mois  pour cette année 2018. 

    Chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Ce mois-ci  nous propose le thème Festivités et nous donne les indications suivantes :
    J'ai été désignée pour le thème de Janvier 2018 ce sera : "festivités" dans la joie et l'allégresse, événements publics, ou familial, les réjouissances en tout genre ne manquent pas dans une année.  Allez hop : soyons fou bonne année 2018.

    Le sujet ayant été donné juste avant les fêtes de fin d'année, il a été relativement facile de faire la photo que voici, prise lors de quelques jours passés au creux des Alpes, au pied des montagnes.


    Les festivités continuent sur les autres blogs participants à la photo du mois : Akaieric, Alexinparis, Amartia, Angélique, Aude, Betty, BiGBuGS, Blogoth67, Bubble gones, Cara, Carolyne, Chat bleu, Chiffons and Co, Christophe, Cricriyom from Paris, Céline in Paris, Danièle.B, DelphineF, El Padawan, Escribouillages, Eurydice, François le Niçois, Frédéric, Gilsoub, Gine, Giselle 43, J'habite à Waterford, Jakline, Josette, Josiane, Julia, Kellya, Krn, La Fille de l'Air, La Tribu de Chacha, Lau* des montagnes, Laurent Nicolas, Lavandine, Lavandine83, Lilousoleil, Lyonelk, magda627, Magouille, Mamysoren, Marie-Paule, Memories from anywhere, Mirovinben, Morgane Byloos Photography, Nicky, Pat, Philae, Philisine Cave, Pilisi, Renepaulhenry, Sandrin, Sous mon arbre, Ventsetvoyages, Who cares?, Wolverine, Xoliv', écri'turbulente.

    11 janvier 2018

    L'attente du point final

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    Je crois que, sans le vouloir, j'ai écrit l'amorce d'une nouvelle. Cela fait longtemps que j'ai envie d'en écrire une qui est déjà toute composée dans ma tête mais ce n'est pas par celle-là que j'ai commencé.

    Il devait s'agir au départ de raconter quelque chose qui m'est arrivé l'autre soir en rentrant de vacances alors que je conduisais sous la pluie battante. Quelque chose a titillé mon imagination. J'ai eu envie de le raconter en transformant un peu les choses, en leur donnant une ampleur au-delà de la réalité triviale des choses. Comme un ballon de baudruche que l'on gonfle, qui se dilate et que l'on ferait se déformer en appuyant ici où là.

    J'ai donc couché sur mon écran ce petit récit que je croyait pouvoir faire tenir en quelques lignes. En faire une sorte d'introduction à un écrit plus vaste dont j'aurais laissé chacun libre d'imaginer la suite. Un récit libre comme j'en ai déjà publié quelques uns (comme celui-ci ou dans un autre genre celui-là), juste pour le plaisir de planter un décors et de me retirer à pas feutrés pour le laisser s'épanouir au gré de l'imagination de chacun. 

    Sauf qu'une fois écrit, j'ai eu envie de le laisser reposer un peu et de ne pas le publier tout de suite pour le laisser mûrir et grandir. Je l'ai fait relire. Je l'ai corrigé et en ai réécrit certains passages plusieurs fois. Il y en a seulement trois pages. C'est peu. J'hésite à le publier tout de suite. 

    Ma première idée était de ne lui donner aucune suite. Et puis... je me rends compte que je me laisse prendre au jeu. J'aime bien mon personnage. J'aime bien l'ambiance que j'ai créée. J'aime certaines ambigüités textuelles involontaires qui permettent parfois plusieurs niveaux de lecture. Elles m'ont même donné des idées pour la suite. 

    La suite... que je devrais probablement écrire car je me rends compte que j'ai moi aussi envie de savoir comment tout cela va finir. C'est peut-être l'occasion rêvée de me prêter à cet exercice devant lequel je me dérobe depuis tant  de temps.

    Alors, malgré l'envie de publier qui me brûle, j'attendrai, encore un peu.
    D'avoir écrit le point final.

    1 janvier 2018

    Bonne Année 2018 !

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    Au revoir année 2017, au revoir... Je t'espérais prospère et moëlleuse. Tu auras été traitresse, épourvante, émaillée d'embûches et de renoncements amers. 

    Non, tu n'auras pas été tout à fait telle que j'attendais.

    Oui, maintes fois tu m'auras asséné un croche-patte fourbe. Tu n'as reculé devant aucun stratagème insidieux ni coup bas pour tenter de me faire courber l'échine et me forcer à mettre genou à terre. Mais à chaque fois je me suis relevé et remis en chemin.

    Pourtant, je ne peux pas dire que je ne te regretterai pas car, en dépit des aspérités aigües qui t'ont émaillées et des chausses-trappes que tu as sû disposer sur mon chemin, tu as été l'instrument de certaines décisions qui, bien que contraintes, pourront porter du fruit, pour peu que je les investisse pleinement et les fasse désormais miennes.

    Car certains renoncement portent en délié la promesse d'une stabilité renouvelée dont j'ai fortement besoin. Il est temps de me construire, de me poser et de me réaliser, fort de tout ce que je porte en germe.

    En effet, tu m'as également apporté de très belles rencontres, de nouvelles amitiés que j'observe se consolider chaque jour, et mis sur les rails de projets notamment sportifs que je n'attendais pas et dans lesquels je sais pouvoir trouver une forme d'épanouissement.

    À bien y regarder, et pour peu que je fasse l'effort d'oublier la grisaille du passé, de très belles choses sont désormais devant moi. L'année 2017 ainsi révolue me renvoie à cette question qui me poursuit depuis cinq ans : Et toi, que feras-tu pour que cela arrive ?

    Après l'arridité des labours et la froidure de l'hiver, puisse 2018 être l'année du printemps, des moissons et d'une voloptueuse abondance.

    C'est également ce que je vous souhaite.

    Bonne Année 2018 à tous et à chacun !

    18 décembre 2017

    Abécédaire amoureux de Toulouse

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    A comme Abattoirs. Lieu de mort devenu lieu de vie depuis sa réhabilitation très réussie en musée d'art contemporain. Il y fait bon flâner le dimanche avant d'aller danser le tango sur les toutes proches berges de la Garonne.

    B comme Brique, matériau dont sont faites les demeures d'ici et qui donne à la ville sa couleur si caractéristique de bonbonnière.

    C comme Canal. Ou plus exactement comme Canaux car Toulouse en compte trois : celui du Midi qui rejoint Sète. Celui latéral à la Garonne qui serpente vers Bordeaux. De leur union nait le Canal des Deux Mers... Enfin le Canal de Brienne par lequel les bateaux contournent l'effondrement du lit de la Garonne au Basacle.

    D comme Daurade. Nulle référence au poisson, il s'agit d'une église bâtie sur un ancien temple romain dédié à Minerve. Faisant face â la Garonne, elle abrite, avec Notre Dame du Taur, l'une des vierges noires de la ville.

    E comme Exupère, saint local né à Arreau, dans les pyrénées et qui vécut entre le IVe et le Ve siècle. Troisième évèque de Toulouse, on lui doit l'achèvement de la première basilique Saint Sernin. Une belle église sise aux portes du faubourg Saint Michel, à deux pas du très beau Jardin Royal où flânaient encore naguère demoiselles à marier et galants de bonne famille, lui est dédiée.

    F comme Foie gras. L'un des mets emblématiques du Sud Ouest. Foin de pain brioché, ici on le savoure sur du bon pain au levain à la mie ferme, accompagné d'un vin de Sauternes ou d'un liquoreux dont Gaillac, toute proche, produit des merveilles. Et même si les terres de Bayonne se font lointaines, le piment d'Espelette lui est un fier compagnon.

    G comme Garonne, le fleuve tumultueux qui traverse la ville dont cette dernière eut, jadis, à subir la fureur de ses inondations. Dame discrète et élégante, elle est une figure imposée sans laquelle Toulouse se serait plus Toulouse.

    H comme Hôpitaux. Celui de la Grave, dont le célèbre dôme de cuivre qui se reflète si bien sur l'onde calme de la Garonne, m'a vu naître lorsqu'il était encore une maternité. Celui de l'Hôtel Saint Jacques, lui aussi situé rive gauche et qui abrite notamment un musée de la médecine. Purpan et ses urgences funestement connues. Rangueil, perché sur les côteaux. Marchand, enfin, qui aurait certainement plu à Montesquieu.

    I comme Isaure. Clémence Isaure, figure semi-légendaire de Toulouse, fondatrice des Jeux Floreaux. qui inspira et inspire encore l'âme des artistes  :
    « Toulouse ! ville antique où fleurissent encore
    Pour les poètes, vos fleurs d’or, Clémence Isaure » 

    [Charles Cros - Vision du grand canal des deux mers, 1888]
    J comme Jacobins, la splendide église gothique au fameux palmier sous la ramure duquel repose la chasse de Saint Thomas d'Aquin. Son cloître, qui invite au farniente lascif, voit chaque automne courir les doigts des plus grands pianistes du monde.

    K comme Kunc, famille de musiciens injustement tombée dans l'oubli. Aymé, fils de Aloÿs, fut prix de Rome en 1902 devant Maurice Ravel et créera en 1927 à l'orchestre la Tétralogie et Parsifal de Wagner. Il fut trente années durant le directeur redouté du Conservatoire de Toulouse.

    L comme Lumière. Ville basse et toute bariolée de briques roses, Toulouse possède cette caractéristique luminosité joyeuse qui la rend si agréable à vivre. Les couchers de soleil y sont, en toute saison, absolument spectaculaires.

    M comme Montagnes. Les Pyrénées en l'ocurrence, splendide chaîne de montagne, horizon naturel des Toulousains, qui se dessine comme une muraille par temps clair. Terrain d'élection de mes randonnées estivales, elles abritent mille joyaux de la nature. Ville fleuron de l'aéronautique, c'est à de toutes autres montagnes que Mermoz et Guillaumet, héros de l'aéropostale, se sont heurtés.

    N comme Nougaro, qui du quartier des Minimes aux rues de New York, a semé ses mots au rythme de gants de boxe.

    O comme  Orgues, dont Toulouse, de par la richesse exceptionnelle de son patrimoine, est l'une des capitales. Le rugissement des tuyaux se mêle parfois à celui de l'Orchestre National du Capitole qui, sous la baguette de son sémillant chef, essaime la culture sur tous les continents.

    P comme Places. Celle du Capitole la plus célèbre de la ville, son opéra, ses cafés, ses badauds. La place Saint Georges, celle du pilori, qui vit jadis agoniser Jean Calas et tant d'autres. La place Wilson dont la rotondité s'élance vers la gare Matabiau et le canal du Midi. La place Saint Pierre, haut lieu des soirées étudiantes...

    Q comme Quais, ceux de la Garonne bien entendu. Les blanchisseuses et pêcheurs de sable d'antan ont cédé la place aux promeneurs qui ont bien raison de profiter de ces ramblas à fleur d'eau et le long desquelles il est si agréable de venir prendre le soleil tout en admirant un riche patrimoine dont Toulouse peut s'ennorgueillir.

    R comme Rues, celles étroites et sinueuses qu'il faut avoir arpenté pour s’imprégner de l'ambiance de la ville. Dédale hors du temps, elle plongent le promeneur dans de lointains souvenirs du XIVe siècle, offrant au regard ici une fenêtre à meneau renaissance donnant vue sur un plafond à caissons, là une porte cochère entrebâillée dissimulant incognito l'entrée d'un bel hôtel particulier, là encore un chat moqueur faisant sa toilette du haut de son deuxième étage tandis que tintinnabule la cloche d'un salon de thé feutré où il fait bon prendre son temps à l'occasion d'un brunch dominical...

    S comme Saint Sernin, somptueuse basilique du XIème siècle, joyau de l'art roman, cette fleur de corail que le soleil arrose. Ô Toulouse !

    T comme Tou'Win, une chouette équipe avec laquelle j'ai appris bien plus qu'à jouer au rugby.

    U comme Universités, trois au total, qui attirent des étudiants du monde entier, érigeant Toulouse au deuxième rang des villes universitaires de France.

    V comme Violette, fleur emblème. Discrète, au parfum d'antan, elle s'exportait jadis aux quatre coins du monde. Je t'aime, mais c'est un secret, nous glisse-t-elle au creux de l'oreille...

    W comme Wallon, Ernest de son prénom. Professeur de droit mais surtout premier président du Stade toulousain, club de rugby à XV fondé en 1907. Le stade fief des Rouge et Noir - dix neuf fois champions de France et quadruple champion d'Europe - porte son nom depuis 1921.

    X comme Xavier, l'un des fromagers de la place Victor Hugo, ce ventre de Toulouse où il fait bon aller faire son marché et croquer sur le coin d'un zinc accueillant, quelques huîtres arrosées d'un petit vin blanc.

    Y comme Yeux, qu'il faut avoir à l'affût pour découvrir les mille richesses architecturales et ornementales dont la ville est constellée, entre cariatides cachées, cours secrètes et points de vue surprenants.

    Z comme Zénith, la plus grande salle de spectacles de la ville où se pressent fans et idoles. Toulouse est une fête !

    15 décembre 2017

    La photo du mois : Péché mignon

    15 commentaires
    Bonjour à tous, nous somme le 15 Décembre, douzième et dernier rendez-vous mensuel avec la photo du mois  pour cette année 2017. Que le temps passe vite !

    Je vous rappelle le principe du jeu : chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Ce mois-ci Angélique nous propose le sujet Péché mignon et nous donne les indications suivantes :
    Je vous propose comme thème pour décembre péché mignon : un petit défaut auquel on ne peut résister. Une imperfection, un tic, une manie, un travers, une gourmandise ... qui peut avoir raison de nous. Mais que c'est bon l'imperfection !

    Péché mignon  vous avez dit ?

    A en croire ma consommation actuelle de rhum (une bouteille d'un litre en moins de quinze jours !), je dois être sur la pente d'une jolie cyrrhose. Ne vous y fiez pas.

    De la même manière, mon stock de vanille est en train de disparaître à la vitesse de la lumière. C'est que, voyez-vous, je me suis remis à faire des canelés bordelais.

    Ville portuaire impliquée dans le commerce triangulaire, Bordeaux voyait régulièrement débarquer tonnelets de rhum, caisses de vanille et du sucre, en provenance directe des îles d'où ces denrées sont endémiques. Car de la vanille et de la canne, en Gironde, il n'y en a jamais eu... De même qu'il n'y a jamais eu d'ananas à Nantes qui a pourtant mis ce fruit à l'honneur dans son Grand Dessert Nantais. L'histoire est parfois cocasse. Et d'ailleurs si tu n'es pas effrayé par les vortex wikipédiens, celle des canelés est à lire ici.

    Des canelés donc, voilà mon péché mignon du moment.

    Ca a l'air tout compliqué comme cela, vu de loin, un peu prétentieux et hautain comme le sont parfois les bordelais. Encore une fois il n'en est rien. Faire des canelés - et les réussir - est à la portée du premier venu. Mais comme toutes les bonnes choses, cela prend du temps. Plus qu'on ne le pense.

    Ma recette est celle que l'on trouve partout, sans aucune originalité. Enfin... presque. Allez, viens, je te montre.

    Pour environ 16 canelés :

    • 1/2 litre de lait (entier et frais, c'est mieux)
    • 50 g de beurre
    • 1 gousse de vanille 
    • 100 g de farine 
    • 250 g de sucre
    • 2 oeufs entiers et 2 jaunes
    • du rhum
    • du temps
    1/ Pour commencer, tu mets à bouillir 1/2 litre de lait avec 50g de beurre et 1 gousse de vanille fendue. Tiens, tant que tu y es, mets-en deux. Tu verras, c'est encore meilleur avec beaucoup de vanille.

    2/ Pendant ce temps, dans un saladier assez grand tu mélanges 100g de farine, 250g de sucre, 2 oeufs entiers et 2 jaunes, pour obtenir une sorte de pâte à gateau épaisse. Voilà, pas de panique, jusqu'ici tout va bien.

    3/ Lorsque le lait est fumant, et juste avant qu'il ne déborde de la casserole, tu le verses bouillant, en filet, sur ta pâte, avec les gousses de vanille (oui Monsieur : avec les gousse de vanille. D'ailleurs, tu en as bien mis deux ?) tout en mélangeant. 

    4/ Tu ajoutes ensuite un bon gros demi-verre de rhum - celui que tu aimes. Oui, moi je mets beaucoup - beaucoup - plus de rhum que la ridicule cuillerée à soupe généralement préconisée par la recette. Depuis que j'ai vu Raymond Olivier faire ses crêpes, je n'ai absolument aucun scrupule avec cela ! Alors vas-y, fais-toi plaisir et n'aie pas peur d'avoir la main lourde.

    5/ Un dernier petit coup de fouet, tu filmes puis hop, tu places le saladier au frigo pendant au minimum 24 heures. Si tu es patient - tu l'es non ? - 48 heures c'est encore mieux. Hé oui. C'est une astuce que m'avait donnée mon pâtissier : laisser reposer la pâte longtemps au frais, pour que la farine gonfle bien et que les arômes s'infusent. Comme dans un rhum arrangé en somme. Et je te garantis que ça fait une belle différence. Fais-moi confiance, tu ne les regretteras pas tes 48 heures d'attente... Enfin, 72 heures en réalité car je ne t'ai pas encore parlé des 24 heures d'attente après la cuisson. Mais non ne pars pas ! Reviens !

    6/ Donc... 48 heures plus tard (tu as bien attendu 48 heures ?) tu donnes un petit coup de fouet pour homogénéiser ta pâte qui aura un peu épaissi, puis tu beurres copieusement tes moules à canelés avec du beurre fondu après avoir mis ton four à chauffer à 250°C (oui oui tu as bien lu 250°C).

    Personnellement j'utilise des moules en silicone. Ne lésine pas sur la qualité lors de l'achat, ça vaut le coup car le canelé nécessite un début de cuisson à 240/250°C ! Or généralement les moules bas de gamme ne tolèrent pas ces températures. C'est pourtant indispensable puisque le but du jeu de cette température est d'obtenir une belle caramélisation sur les parois.

    Je n'ai pas encore investi dans des moules en fer ni en cuivre, vu le prix un peu rhédibitoire pour l'usage occasionnel que j'en fais. Toutefois, je suis preneur de vos retours d'expérience sur ce sujet si vous en avez, surtout si vous avez essayé le métal et le silicone.

    Pour en revenir à nos moutons, la cuisson commence donc à 250°C pendant 12 minutes puis il faut baisser à 180°C et prolonger la cuisson pendant 60 à 70 minutes. Attention, il faut démarrer à four chaud.

    Alors, oui, il y a deux températures de cuisson et je t'entends déjà pousser des cris d'orfraie du fin fond de ta cuisine en te frappant la tête avec une tôle à pâtisserie. Mais je dis : Stop ! Ne cède pas à la panique. Résiste prouve que tu existes. Tu vas voir, là encore c'est très facile : il suffit d'utiliser un objet magique que l'on dénomme minuteur. Celui de ton four, de ta montre connectée ou même celui de ton téléphone. Tadaaaaaam c'est magique ! Impossible de se rater.

    Pour des mini canelés, si tu te lances dans cette aventure, tu fais tout pareil jusqu'à la cuisson dont le démarrage est presque le même : environ 8 à 10 minutes à 250°C, puis compter 45 à 50 minutes à 180°C.

    7/ Lorsque c'est cuit, il faut démouler tiède car si tu les démoules chaud ils vont se casser et surtout se ratatiner. Ce serait dommage. Puis savoure sans modération, même si, là encore, c'est meilleur avec 24 heures de repos au frigo, comme tous les flans d'ailleurs, dont le canelé est une sorte de variante... Allez, essaie. Au point où tu en es, 24 de plus, cela ne va pas changer grand chose pour toi. Par contre, tes canelés... Ou si tu ne peux vraiment pas attendre, mange-en la moitié et traite les survivants avec la décence qui leur sied.

    Tu vois, faire des canelés est très facile. C'est juste un poil long. Mais c'est bon. Et une fois qu'on a pigé le truc, on ne peut plus s'arrêter. Cet apès midi j'ai encore préparé 2 Kg de pâte à canelés qui attendent sagement son heure au frigo. Ma dernière lubie canelesque ? En faire des minis puis les mettre à macérer dans un rhum allégé avec un peu d'eau, histoire d'obtenir une solution à 25% d'alcool, un peu comme des mini-babas. Tu vois, pour picorer avec le café, en digestif.

    Je ne sais pas pourquoi mais pressent déjà que ça va être redoutable.

    Quel est le péché mignon des autres participants à La photo du mois ?

    13 décembre 2017

    Une grosse baffe dans la gueule

    15 commentaires
    Aujourd'hui j'ai pris une bonne baffe dans la gueule. Ca fait mal. Ca fait très mal. 

    Un gros coup de poing dans la gueule qui te fait retomber, là-bas, là-bas, làs-bas... tout en bas de la toute petite échelle de ton estime de soi. Paf !

    Un gros coup de poing dans la gueule... 

    Ca pique. Beaucoup. Même s'il n'y a rien de catastrophique. Mais il n'en demeure pas moins que ça n'est pas du tout agréable.

    Bon...

    On ramasse ses dents et on se remet en chemin. De toute manière c'est tout ce qu'il y a à faire pour le moment.

    Histoire de se redonner un semblant de confiance, un peu de méthode Coué :

    Il est dur d'échouer ;
    mais il est pire de n'avoir jamais tenté de réussir.

    Franklin Delano Roosevelt

    Il n'y a pas de réussite facile ni d'échecs définitifs.

    Marcel Proust

    La chute n’est pas un échec.
    L’échec c’est de rester là où on est tombé !

    Socrate

    Et du vin aussi.
    Un petit corbière bien charpenté et puissant en l'occurrence.
    Ca aide.

    6 décembre 2017

    L'idole des jeunes

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    Je me surprends ce matin à être non pas ému mais touché par la mort de Johnny Hallyday. Oui, touché...

    Je n'aimais pas particulièrement ce qu'il faisait et à vrai dire je ne connais pas vraiment ses chansons. Je me moquais de bon coeur de ces fans qui, à travers son image, vivaient leur vie par procuration, de ses liftings plus ou moins réussis, de ses tics de langage... 

    Comme beaucoup je redoutais ce jour de par le déferlement médiatique qu'allait automatiquement engendrer le funeste événement. Et depuis que j'ai allumé ma radio, les prédictions sont exactes : Johnny est partout. Heureusement j'ai une playlist de noël à écouter pour me couper les oreilles.

    Touché néanmoins car je crois que, malgré moi, je respectais l'homme, sa pugnacité qui fit sa carrière. Celle qui fit de lui l'idole des jeunes, et bien plus encore.

    Ces jeunes, ce sont mes parents, les vôtres peut-être aussi qui, à peine moins âgés que lui, ont grandi avec ses chansons et celles de toute l'époque yé-yé, ses frasques, ses succès. L'idole des jeunes. Les jeunes d'antan.

    Ce matin j'ai l'impression qu'en s'éteignant aujourd'hui, c'est un fragment de cette génération qui s'en est allé avec lui.

    3 décembre 2017

    Une page de Victor Hugo : Les cloches

    0 commentaire
    Une page de Victor Hugo en hommage aux Nadalets (à prononcer en marquant le "t" final : nadalette) dont la saison commence ce premier weekend de l'Avent, et aux carillonneurs qui font vivre avec passion notre patrimoine campanaire. 

    Levez les yeux, tendez l'oreille, elles jouent pour vous. 

    "Et si vous voulez recevoir de la vieille ville une impression que la moderne ne saurait plus vous donner, montez, un matin de grande fête, au soleil levant de Pâques ou de la Pentecôte, montez sur quelque point élevé d'où vous dominiez la capitale entière, et assistez à l'éveil des carillons. Voyez à un signal parti du ciel, car c'est le soleil qui le donne, ces mille églises tressaillir à la fois. Ce sont d'abord des tintements épars, allant d'une église à l'autre, comme lorsque des musiciens s'avertissent qu'on va commencer ; puis tout à coup voyez, car il semble qu'en certains instants l'oreille aussi a sa vue, voyez s'élever au même moment de chaque clocher comme une colonne de bruit, comme une fumée d'harmonie. D'abord, la vibration de chaque cloche monte droite, pure et pour ainsi dire isolée des autres, dans le ciel splendide du matin. Puis, peu à peu, en grossissant elles se fondent, elles se mêlent, elles s'effacent l'une dans l'autre, elles s'amalgament dans un magnifique concert. Ce n'est plus qu'une masse de vibrations sonores qui se dégage sans cesse des innombrables clochers, qui flotte, ondule, bondit, tourbillonne sur la ville, et prolonge bien au delà de l'horizon le cercle assourdissant de ses oscillations. Cependant cette mer d'harmonie n'est point un chaos. Si grosse et si profonde qu'elle soit, elle n'a point perdu sa transparence. Vous y voyez serpenter à part chaque groupe de notes qui s'échappe des sonneries ; vous y pouvez suivre le dialogue, tour à tour grave et criard, de la crécelle et du bourdon ; vous y voyez sauter les octaves d'un clocher à l'autre ; vous les regardez s'élancer ailées, légères et sifflantes de la cloche d'argent, tomber cassées et boiteuses de la cloche de bois ; vous admirez au milieu d'elles la riche gamme qui descend et remonte sans cesse les sept cloches de Saint-Eustache ; vous voyez courir tout au travers des notes claires et rapides qui font trois ou quatre zigzags lumineux et s'évanouissent comme des éclairs. Là-bas, c'est l'abbaye Saint-Martin, chanteuse aigre et fêlée ; ici, la voix sinistre et bourrue de la Bastille ; à l'autre bout, la grosse Tour du Louvre, avec sa basse-taille. Le royal carillon du Palais jette sans relâche de tous côtés des trilles resplendissants sur lesquels tombent à temps égaux les lourdes couppetées du beffroi de Notre-Dame, qui les font étinceler comme l'enclume sous le marteau. Par intervalles vous voyez passer des sons de toute forme qui viennent de la triple volée de Saint-Germain-des-Prés. Puis encore de temps en temps cette masse de bruits sublimes s’entrouvre et donne passage à la strette de l'Ave Maria qui éclate et pétille comme une aigrette d'étoiles. Au-dessous, au plus profond du concert, vous distinguez confusément le chant intérieur des églises qui transpire à travers les pores vibrants de leurs voûtes. - Certes, c'est là un opéra qui vaut la peine d'être écouté. D'ordinaire, la rumeur qui s'échappe de Paris le jour, c'est la ville qui parle ; la nuit, c'est la ville qui respire : ici, c'est la ville qui chante. Prêtez donc l'oreille à ce tutti des clochers, répandez sur l'ensemble le murmure d'un demi-million d'hommes, la plainte éternelle du fleuve, les souffles infinis du vent, le quatuor grave et lointain des quatre forêts disposées sur les collines de l'horizon comme d'immenses buffets d'orgue, éteignez-y ainsi que dans une demi-teinte tout ce que le carillon central aurait de trop rauque et de trop aigu, et dites si vous connaissez au monde quelque chose de plus riche, de plus joyeux, de plus doré, de plus éblouissant que ce tumulte de cloches et de sonneries ; que cette fournaise de musique ; que ces dix mille voix d'airain chantant à la fois dans des flûtes de pierre hautes de trois cents pieds ; que cette cité qui n'est plus qu'un orchestre ; que cette symphonie qui fait le bruit d'une tempête."
    [Victor HUGO, Notre Dame de Paris 
    Livre Troisième, II-Paris à vol d'oiseau, pp.109-110]

    1 décembre 2017

    Aimez-vous, respectez-vous, protégez-vous

    1 commentaire
    On pense toujours que cela n'arrive qu'aux autres, que l'on est à l'abri.

    On a beau être prudent, ne pas faire n'importe quoi, on n'imagine jamais qu'un fou-furieux - une crevure - puisse venir balayer vos certitudes et vous précipiter dans cet univers parallèle dont vous faisiez tout pour vous tenir à l'abri.

    Face à l'urgence, il existe heureusement un traitement post exposition qui coûte horriblement cher et qui n'est pas dénués d'effets secondaires plus ou moins supportables.

    Parce que malheureusement et quel qu'en ait été le contexte, une fois le mal fait, il n'existe à ce jour aucun traitement curatif.

    Parce que la prévention demeure le seul moyen de se tenir à l'abri du VIH et de toutes les maladies sexuellement transmissibles.

    Se protéger, se faire dépister, c'est d'abord prendre soin de soi et se protéger soi-même.

    Mais c'est aussi protéger l'autre, le respecter, se respecter mutuellement et respecter la Vie. Tout simplement.

    Parce qu'une seule fois suffit.

                         Aimez-vous
    Respectez-vous
    Protégez-vous