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  • 21 avril 2011

    C'était une belle journée

    FalconHill répond à une question posée par SarkoFrance :  

    Que faisiez vous le 21 Avril 2002 ?

    C'était donc il y a neuf ans. Que le temps passe vite ! Je m'en souviens comme si c'était hier de cette journée du 21 avril. Elle avait tout pour être belle. Un très joli dimanche, plein de soleil, de ciel bleu et de musique. Je n'ai que de vagues images de la matinée, outre la certitude d'avoir été voter dès l'ouverture des bureaux de vote et d'avoir déjeuné chez mes parents une fois mon devoir électoral accompli, ce qui me fera d'ailleurs pester contre les appels à manifester émanant des abstentionnistes du premier tour.

    C'était une belle journée donc. A l'époque je chantais dans un choeur Toulousain et cet après midi là nous donnions le Requiem de Maurice Duruflé dans sa version pour orgue seul. Le travail d'une année passée à surmonter les difficultés techniques et autres passages rythmiquement semés d'embûches qui parsèment ces pages magnifiques. J'ai vraiment aimé chanter cette oeuvre dont je connais encore intimement chaque note, chaque modulation, chaque inflexion. L'un de mes grands chocs esthétiques. L'une des quelques partitions à m'émouvoir aux larmes.

    Le concert eut un succès formidable et je crois que nous prîmes tous un pied monstrueux à prêter notre voix à si belles harmonies. Le public venu nombreux notamment au sortir des urnes toutes proches, en redemandait et je crois que nous donnâmes en bis l'Introït ainsi que le Kyrie. Pour clôturer la journée le chef de choeur avait convié quelques choristes amis dont j'étais à un apéro grillades chez lui. Une petite maison dans un joli quartier de Toulouse, un bout de jardin à l'ombre d'un bel arbre, un barbecue qui crépite, des odeurs alléchantes plein les narines, on se détend, des visages radieux ; on souffle enfin après la tempête. Oui, vraiment, c'était une belle journée de printemps.

    La soirée allait bon train. Il devait être dix neuf heures lorsque quelqu'un eut l'idée d'allumer la télévision, histoire de savoir quelle était la tendance des élections et de se reconnecter avec les réalités du monde. Inquiétude. Il y a un truc qui cloche. Les annonces font planer un ombre réfrigérante. Peu a peu nous nous sommes rassemblés devant l'écran, massés sur ce que la pièce comptait de fauteuils et de canapé. Les minutes parurent longues jusqu'à vingt heures ne sachant pas trop ce qu'il allait se passer. Un peu inquiets dans notre euphorie chancelante, les discussions continuèrent à demi-voix. On annonçait un coup de tonnerre.

    Lorsque vint l'annonce des résultats les rires se turent définitivement, les sourires s'estompèrent, les visages se firent graves et les mines dépitées. Abasourdis nous écoutions les premiers commentaires, osant à peine croire ce que nous voyions... l'impensable était arrivé.

    Je sais que je me moquais un peu de mes parents quand ils me disaient se souvenir très exactement de ce qu'ils faisaient au moment où ils ont appris la mort de De Gaulle ou de Claude François. La gravité ou le drame véhiculé par certains événements gravent en nos mémoire tout un cortège de souvenirs qui nous marquent certainement à vie. Le 21 avril 2002 est le premier de ma liste et le restera vraisemblablement longtemps.

    Et vous, vous faisiez quoi, le 21 avril 2002 ?

    21 commentaires:

    1. Coïncidence, juste avant de lire ton billet, j'étais en train de lire celui là !
      Je n'ai pas autant de souvenirs précis, mais bien celui d'une tension grandissante au fil de la soirée, ça oui.
      Aussi dans le registre "je me souviens des détails au moment où" : le 11 septembre, ainsi que le 21. Et c'est vrai que c'est assez incroyable cette précision dans les souvenirs, lors de la survenance de certains événements ...

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    2. Pas de souvenir particulier si ce n'est le même que le tien devant ma télé ! En revanche, je me rappelle très bien du 11 septembre (une autre catastrophe dans un autre style), j'étais dans un avion !

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    3. Mauvais souvenir que ce jour là! J'étais en voiture, rentrant de chez mes parents, persuadé d'avoir le temps d'aller voter... Et arrivé trop tard, juste à temps pour voir que vraiment chaque voix compte.. La première et la dernière fois (je me le suis juré ce jour là) que je faisais partie des abstentionnistes.

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    4. Ben, comme tout le monde, je glandais ce jour-là, en me disant qu'on aurait tout le temps d'aller voter au second tour pour notre candidat préféré...

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    5. Je me souviens plus du 11 septembre (faudra que je raconte ça, d'ailleurs) que du 21 avril. Tout ce qu'il m'en reste, c'est la soirée électorale et mon abattement et mon incompréhension à la lecture des résultats, tout seul devant ma télé. Un peu l'impression que le ciel m'était tombé sur la tête... Et tout ce que j'espère, c'est ne pas avoir à revivre ça l'année prochaine.

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    6. Aucun souvenir précis, je suis allé voter et je me suis installé devant la télé le soir pour attendre les résultats, c'est tout ce dont je me souviens ! En revanche, je me souviens très bien que les jours précédents, je bougonnais à chaque fois que j'entendais des imbéciles prôner le vote contestataire : j'imaginais très bien un duel Laguiller-LePen au second tour... Mon cauchemar n'a été qu'à moitié réalisé heureusement !

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    7. N'étant pas Français, le 21 avril 2002 je veut à priori rien dire pour moi. Toutefois, pris par la curiosité, je me suis plongé dans le journal que je tenais à l'époque. Il se trouve que ce dimanche-là, j'étais, en compagnie d'un groupe de novices d'autres communautés religieuses, en train d'organiser une grande célébration en la Basilique Notre-Dame de Montréal. La Croix des Journées Mondiales de la Jeunesse (qui aurait lieu l'été suivant à Toronto) y faisait son passage et nous étions en charge de la célébration qui marquait son passage (et qui clôturait, si mon souvenir est bon, un grand congrès vocationnel qui se tenait en même temps dans la ville). Maintenant que tu m'as fourni une madeleine, c'est tout un flot de souvenirs, de sons, d'images et de sensations qui remontent à ma mémoire!
      En 2004, j'ai quitté ma communauté religieuse, un an et demi après avoir prononcé mes voeux temporaires. Je ne regrette ni l'expérience, ni mon départ.

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    8. Soit dit en passant, c'est à notre tour d'être en élections. Tout ce que j'espère, c'est que nous allons bouter Harper (notre Sarkozy à nous) hors d'Ottawa... Mais j'en doute fort, malheureusement.

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    9. Le 21 avril 2002, j'habitais alors Bordeaux, après avoir été voter bien tranquillement, j'ai préparé mes bagages pour partir le lendemain à Lisbonne où je suis resté une semaine, forte agréable au demeurant.
      Je me souviens mieux du dimanche 5 mai où pour la première fois de la vie j'ai voté au second tour RPR et ce, sans l'ombre d'une hésitation.
      Ce qui m'attriste c'est d'avoir dû recommencer l'exercice pour le second tour des cantonales à Nice cette année.

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    10. Méchant Chimiste22 avril 2011 à 11:32

      Eh bien, la même chose que toi, ce qui m'économise bien des peines à raconter ce que tu as déjà narré avec brio.
      Tu oublies juste le solo des ténors complètement à côté dans le "Hostias et preces..." et les trois chansons de Bilitis chantées par Nadia accompagnée par le chef de chœur sur son grand piano qui occupait les trois quarts de sa chambre.
      Une soirée mémorable à plus d'un titre...

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    11. Moi je me souviens très bien! Devant la télé pantelant! Je me suis accablé de mille reproches que c'était de ma faute à moi! C'était la première fois que je votais "non utile".
      Et le pire c'est qu'au second tour j'ai voté par procuration, l'une de mes meilleures amies m'en veut encore de l'avoir fait voter deux fois Chirac!

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    12. Ce jour là ?
      J'ai eu peur !!!
      ...

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    13. Ce jour là était une belle journée, c'est vrai. Après avoir voté et déjeuné chez mes parents, je me suis envolé pour Malte avec mon frère et deux amies. J'ai appelé mes parents pour leur dire que nous étions bien arrivés. La première phrase de ma mère a été : "Le Pen est au deuxième tour!".

      @ Doreus : si Harper est mis dehors, je fête ça! Il est toujours aussi populaire en Alberta ?

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    14. (ma phrase pour dire que la journée avait mal finie a disparu, mais elle est sous-entendue bien évidemment)

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    15. J'avais voté, et comme souvent j'étais retourné à la fermeture de mon bureau de vote d'issy-les moulineaux pour participer au dépouillement. J'avais appris la nouvelle après le dépouillement en allumant la radio (j'étais déjà hostile à la télé!), je me souviens d'une soirée passée au téléphone avec mes amis à se demander comment c'était possible et si je devrais penser à m'exiler...

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    16. Olivier, oui. Malheureusement. Je sais que je vais perdre mes élections au niveau de la circonscription (ici, on dit non sans raison que l'on pourrait peindre un caillou en bleu et qu'il gagnerait les élections). Cependant, j'ai espoir que le portrait soit différent au niveau national. La montée du Nouveau Parti Démocratique au Québec me donne un peu d'espoir.

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    17. @ Doreus : oui, mais Jack Layton est peu présent en dehors de la Colombie britannique. Dommage, il pourrait renouveler un peu la scène politique.
      Si je pouvais voter, je crois que je voterais Libéral, un vote utile pour faire tomber Harper. Mais je ne remplis pas les conditions pour voter, puisque je vis hors du Canada et que je ne compte pas rentrer tout de suite.

      [ désolé pour l’aparté canado-canadiens aux amis français ]

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    18. Ce soir-là, besoin de m'évader,direction mon ciéma d'art et d'essai le plus proche pour profiter du dernier film de Pedro Almodovar : "habla con ella" ( parle avec elle). Il était presque 20h, peu de monde dans la salle, les lumières allaient s'éteindre quand la vendeuse de ticket vient nous annoncer avec un trémolos dans la voix les résultats.
      Malaise : c'est bête mais une image va agresser ma rétine. Je me voyais déjà embarqué dans les trains pour je ne sais ou, deuxième sur la liste après les étrangers à épurer.

      Le film commença, un merveilleux film qui agît sur moi comme un contre poison à cette vague brume.Un de mes films préféré de Pédro.

      Les temps changent, aujourd'hui le FN fait moins peur , deviendrait presque glamour , tendance.
      Dans ce monde qui accélère sans distance et sans passé,nous ferions bien de relire les manuels d'histoire qui racontent les années trente. Dans l'art du copié-collé nous serions fort étonné.
      (...)

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    19. Ce jour-là c'était déjà pas la joie : je marinais dans une tendinite et dans une déprime due au fait que mes collègues arrivaient à s'enquiller 6h de Wagner et pas moi. J'avais juste mis le nez dehors pour bien voter, je maintenais mon niveau moral tant bien que mal.
      A 20h01, j'ai subitement eu envie de vomir. J'ai été m'allonger, je crois même que je pleurais. Jour de merde que ce jour-là.

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    20. Il devait être 19h52, et déjà on sentait de l'effervescence sur les plateaux télé: PPDA annonçant même (avant 20h donc) qu'il y aurait une "très grosse surprise", et la surprise fut en effet très grosse à 20h... Passé ce premier résultat télé chez mes parents chez qui je vivais encore, je rejoignais mon premier mec sérieux (il était beau...) chez lui et il me dit "faudra faire les valises, faudra changer de pays..." prêtant à ce parti un caractère homophobe. Un des jours suivant ce fut la vision de la fenêtre de sa chambre au matin de pleins de gens qui manifestaient contre la présence de ce parti au second tour. Putain ça nous rajeuni pas tout ça! :)

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    21. @ Tous : Merci d'avoir partagé vos souvenirs et vos impressions. Il est bon de ne pas oublier...

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