• A propos
  • M'écrire
  • Facebook
  • Instagram
  • Lutte Nuptiale
  • Premières fois
  • Identités Singulières
  • Twitter
  • 15 décembre 2017

    La photo du mois : Péché mignon

    14 commentaires
    Bonjour à tous, nous somme le 15 Décembre, douzième et dernier rendez-vous mensuel avec la photo du mois  pour cette année 2017. Que le temps passe vite !

    Je vous rappelle le principe du jeu : chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Ce mois-ci Angélique nous propose le sujet Péché mignon et nous donne les indications suivantes :
    Je vous propose comme thème pour décembre péché mignon : un petit défaut auquel on ne peut résister. Une imperfection, un tic, une manie, un travers, une gourmandise ... qui peut avoir raison de nous. Mais que c'est bon l'imperfection !

    Péché mignon  vous avez dit ?

    A en croire ma consommation actuelle de rhum (une bouteille d'un litre en moins de quinze jours !), je dois être sur la pente d'une jolie cyrrhose. Ne vous y fiez pas.

    De la même manière, mon stock de vanille est en train de disparaître à la vitesse de la lumière. C'est que, voyez-vous, je me suis remis à faire des canelés bordelais.

    Ville portuaire impliquée dans le commerce triangulaire, Bordeaux voyait régulièrement débarquer tonnelets de rhum, caisses de vanille et du sucre, en provenance directe des îles d'où ces denrées sont endémiques. Car de la vanille et de la canne, en Gironde, il n'y en a jamais eu... De même qu'il n'y a jamais eu d'ananas à Nantes qui a pourtant mis ce fruit à l'honneur dans son Grand Dessert Nantais. L'histoire est parfois cocasse. Et d'ailleurs si tu n'es pas effrayé par les vortex wikipédiens, celle des canelés est à lire ici.

    Des canelés donc, voilà mon péché mignon du moment.

    Ca a l'air tout compliqué comme cela, vu de loin, un peu prétentieux et hautain comme le sont parfois les bordelais. Encore une fois il n'en est rien. Faire des canelés - et les réussir - est à la portée du premier venu. Mais comme toutes les bonnes choses, cela prend du temps. Plus qu'on ne le pense.

    Ma recette est celle que l'on trouve partout, sans aucune originalité. Enfin... presque. Allez, viens, je te montre.

    Pour environ 16 canelés :

    • 1/2 litre de lait (entier et frais, c'est mieux)
    • 50 g de beurre
    • 1 gousse de vanille 
    • 100 g de farine 
    • 250 g de sucre
    • 2 oeufs entiers et 2 jaunes
    • du rhum
    • du temps
    1/ Pour commencer, tu mets à bouillir 1/2 litre de lait avec 50g de beurre et 1 gousse de vanille fendue. Tiens, tant que tu y es, mets-en deux. Tu verras, c'est encore meilleur avec beaucoup de vanille.

    2/ Pendant ce temps, dans un saladier assez grand tu mélanges 100g de farine, 250g de sucre, 2 oeufs entiers et 2 jaunes, pour obtenir une sorte de pâte à gateau épaisse. Voilà, pas de panique, jusqu'ici tout va bien.

    3/ Lorsque le lait est fumant, et juste avant qu'il ne déborde de la casserole, tu le verses bouillant, en filet, sur ta pâte, avec les gousses de vanille (oui Monsieur : avec les gousse de vanille. D'ailleurs, tu en as bien mis deux ?) tout en mélangeant. 

    4/ Tu ajoutes ensuite un bon gros demi-verre de rhum - celui que tu aimes. Oui, moi je mets beaucoup - beaucoup - plus de rhum que la ridicule cuillerée à soupe généralement préconisée par la recette. Depuis que j'ai vu Raymond Olivier faire ses crêpes, je n'ai absolument aucun scrupule avec cela ! Alors vas-y, fais-toi plaisir et n'aie pas peur d'avoir la main lourde.

    5/ Un dernier petit coup de fouet, tu filmes puis hop, tu places le saladier au frigo pendant au minimum 24 heures. Si tu es patient - tu l'es non ? - 48 heures c'est encore mieux. Hé oui. C'est une astuce que m'avait donnée mon pâtissier : laisser reposer la pâte longtemps au frais, pour que la farine gonfle bien et que les arômes s'infusent. Comme dans un rhum arrangé en somme. Et je te garantis que ça fait une belle différence. Fais-moi confiance, tu ne les regretteras pas tes 48 heures d'attente... Enfin, 72 heures en réalité car je ne t'ai pas encore parlé des 24 heures d'attente après la cuisson. Mais non ne pars pas ! Reviens !

    6/ Donc... 48 heures plus tard (tu as bien attendu 48 heures ?) tu donnes un petit coup de fouet pour homogénéiser ta pâte qui aura un peu épaissi, puis tu beurres copieusement tes moules à canelés avec du beurre fondu après avoir mis ton four à chauffer à 250°C (oui oui tu as bien lu 250°C).

    Personnellement j'utilise des moules en silicone. Ne lésine pas sur la qualité lors de l'achat, ça vaut le coup car le canelé nécessite un début de cuisson à 240/250°C ! Or généralement les moules bas de gamme ne tolèrent pas ces températures. C'est pourtant indispensable puisque le but du jeu de cette température est d'obtenir une belle caramélisation sur les parois.

    Je n'ai pas encore investi dans des moules en fer ni en cuivre, vu le prix un peu rhédibitoire pour l'usage occasionnel que j'en fais. Toutefois, je suis preneur de vos retours d'expérience sur ce sujet si vous en avez, surtout si vous avez essayé le métal et le silicone.

    Pour en revenir à nos moutons, la cuisson commence donc à 250°C pendant 12 minutes puis il faut baisser à 180°C et prolonger la cuisson pendant 60 à 70 minutes. Attention, il faut démarrer à four chaud.

    Alors, oui, il y a deux températures de cuisson et je t'entends déjà pousser des cris d'orfraie du fin fond de ta cuisine en te frappant la tête avec une tôle à pâtisserie. Mais je dis : Stop ! Ne cède pas à la panique. Résiste prouve que tu existes. Tu vas voir, là encore c'est très facile : il suffit d'utiliser un objet magique aue l'on dénomme minuteur. Celui de ton four, de ta montre connectée ou même celui de ton téléphone. Tadaaaaaam c'est magique ! Impossible de se rater.

    Pour des mini canelés, si tu te lances dans cette aventure, tu fais tout pareil jusqu'à la cuisson dont le démarrage est presque le même : environ 8 à 10 minutes à 250°C, puis compter 45 à 50 minutes à 180°C.

    7/ Lorsque c'est cuit, il faut démouler tiède car si tu les démoules chaud ils vont se casser et surtout se ratatiner. Ce serait dommage. Puis savoure sans modération, même si, là encore, c'est meilleur avec 24 heures de repos au frigo, comme tous les flans d'ailleurs, dont le canelé est une sorte de variante... Allez, essaie. Au point où tu en es, 24 de plus, cela ne va pas changer grand chose pour toi. Par contre, tes canelés... Ou si tu ne peux vraiment pas attendre, mange-en la moitié et traite les survivants avec la décence qui leur sied.

    Tu vois, faire des canelés est très facile. C'est juste un poil long. Mais c'est bon. Et une fois qu'on a pigé le truc, on ne peut plus s'arrêter. Cet apès midi j'ai encore préparé 2 Kg de pâte à canelés qui attendent sagement son heure au frigo. Ma dernière lubie canelesque ? En faire des minis puis les mettre à macérer dans un rhum allégé avec un peu d'eau, histoire d'obtenir une solution à 25% d'alcool, un peu comme des mini-babas. Tu vois, pour picorer avec le café, en digestif.

    Je ne sais pas pourquoi mais pressent déjà que ça va être redoutable.

    Quel est le péché mignon des autres participants à La photo du mois ?

    13 décembre 2017

    Une grosse baffe dans la gueule

    15 commentaires
    Aujourd'hui j'ai pris une bonne baffe dans la gueule. Ca fait mal. Ca fait très mal. 

    Un gros coup de poing dans la gueule qui te fait retomber, là-bas, là-bas, làs-bas... tout en bas de la toute petite échelle de ton estime de soi. Paf !

    Un gros coup de poing dans la gueule... 

    Ca pique. Beaucoup. Même s'il n'y a rien de catastrophique. Mais il n'en demeure pas moins que ça n'est pas du tout agréable.

    Bon...

    On ramasse ses dents et on se remet en chemin. De toute manière c'est tout ce qu'il y a à faire pour le moment.

    Histoire de se redonner un semblant de confiance, un peu de méthode Coué :

    Il est dur d'échouer ;
    mais il est pire de n'avoir jamais tenté de réussir.

    Franklin Delano Roosevelt

    Il n'y a pas de réussite facile ni d'échecs définitifs.

    Marcel Proust

    La chute n’est pas un échec.
    L’échec c’est de rester là où on est tombé !

    Socrate

    Et du vin aussi.
    Un petit corbière bien charpenté et puissant en l'occurrence.
    Ca aide.

    6 décembre 2017

    L'idole des jeunes

    5 commentaires
    Je me surprends ce matin à être non pas ému mais touché par la mort de Johnny Hallyday. Oui, touché...

    Je n'aimais pas particulièrement ce qu'il faisait et à vrai dire je ne connais pas vraiment ses chansons. Je me moquais de bon coeur de ces fans qui, à travers son image, vivaient leur vie par procuration, de ses liftings plus ou moins réussis, de ses tics de langage... 

    Comme beaucoup je redoutais ce jour de par le déferlement médiatique qu'allait automatiquement engendrer le funeste événement. Et depuis que j'ai allumé ma radio, les prédictions sont exactes : Johnny est partout. Heureusement j'ai une playlist de noël à écouter pour me couper les oreilles.

    Touché néanmoins car je crois que, malgré moi, je respectais l'homme, sa pugnacité qui fit sa carrière. Celle qui fit de lui l'idole des jeunes, et bien plus encore.

    Ces jeunes, ce sont mes parents, les vôtres peut-être aussi qui, à peine moins âgés que lui, ont grandi avec ses chansons et celles de toute l'époque yé-yé, ses frasques, ses succès. L'idole des jeunes. Les jeunes d'antan.

    Ce matin j'ai l'impression qu'en s'éteignant aujourd'hui, c'est un fragment de cette génération qui s'en est allé avec lui.

    3 décembre 2017

    Une page de Victor Hugo : Les cloches

    0 commentaire
    Une page de Victor Hugo en hommage aux Nadalets (à prononcer en marquant le "t" final : nadalette) dont la saison commence ce premier weekend de l'Avent, et aux carillonneurs qui font vivre avec passion notre patrimoine campanaire. 

    Levez les yeux, tendez l'oreille, elles jouent pour vous. 

    "Et si vous voulez recevoir de la vieille ville une impression que la moderne ne saurait plus vous donner, montez, un matin de grande fête, au soleil levant de Pâques ou de la Pentecôte, montez sur quelque point élevé d'où vous dominiez la capitale entière, et assistez à l'éveil des carillons. Voyez à un signal parti du ciel, car c'est le soleil qui le donne, ces mille églises tressaillir à la fois. Ce sont d'abord des tintements épars, allant d'une église à l'autre, comme lorsque des musiciens s'avertissent qu'on va commencer ; puis tout à coup voyez, car il semble qu'en certains instants l'oreille aussi a sa vue, voyez s'élever au même moment de chaque clocher comme une colonne de bruit, comme une fumée d'harmonie. D'abord, la vibration de chaque cloche monte droite, pure et pour ainsi dire isolée des autres, dans le ciel splendide du matin. Puis, peu à peu, en grossissant elles se fondent, elles se mêlent, elles s'effacent l'une dans l'autre, elles s'amalgament dans un magnifique concert. Ce n'est plus qu'une masse de vibrations sonores qui se dégage sans cesse des innombrables clochers, qui flotte, ondule, bondit, tourbillonne sur la ville, et prolonge bien au delà de l'horizon le cercle assourdissant de ses oscillations. Cependant cette mer d'harmonie n'est point un chaos. Si grosse et si profonde qu'elle soit, elle n'a point perdu sa transparence. Vous y voyez serpenter à part chaque groupe de notes qui s'échappe des sonneries ; vous y pouvez suivre le dialogue, tour à tour grave et criard, de la crécelle et du bourdon ; vous y voyez sauter les octaves d'un clocher à l'autre ; vous les regardez s'élancer ailées, légères et sifflantes de la cloche d'argent, tomber cassées et boiteuses de la cloche de bois ; vous admirez au milieu d'elles la riche gamme qui descend et remonte sans cesse les sept cloches de Saint-Eustache ; vous voyez courir tout au travers des notes claires et rapides qui font trois ou quatre zigzags lumineux et s'évanouissent comme des éclairs. Là-bas, c'est l'abbaye Saint-Martin, chanteuse aigre et fêlée ; ici, la voix sinistre et bourrue de la Bastille ; à l'autre bout, la grosse Tour du Louvre, avec sa basse-taille. Le royal carillon du Palais jette sans relâche de tous côtés des trilles resplendissants sur lesquels tombent à temps égaux les lourdes couppetées du beffroi de Notre-Dame, qui les font étinceler comme l'enclume sous le marteau. Par intervalles vous voyez passer des sons de toute forme qui viennent de la triple volée de Saint-Germain-des-Prés. Puis encore de temps en temps cette masse de bruits sublimes s’entrouvre et donne passage à la strette de l'Ave Maria qui éclate et pétille comme une aigrette d'étoiles. Au-dessous, au plus profond du concert, vous distinguez confusément le chant intérieur des églises qui transpire à travers les pores vibrants de leurs voûtes. - Certes, c'est là un opéra qui vaut la peine d'être écouté. D'ordinaire, la rumeur qui s'échappe de Paris le jour, c'est la ville qui parle ; la nuit, c'est la ville qui respire : ici, c'est la ville qui chante. Prêtez donc l'oreille à ce tutti des clochers, répandez sur l'ensemble le murmure d'un demi-million d'hommes, la plainte éternelle du fleuve, les souffles infinis du vent, le quatuor grave et lointain des quatre forêts disposées sur les collines de l'horizon comme d'immenses buffets d'orgue, éteignez-y ainsi que dans une demi-teinte tout ce que le carillon central aurait de trop rauque et de trop aigu, et dites si vous connaissez au monde quelque chose de plus riche, de plus joyeux, de plus doré, de plus éblouissant que ce tumulte de cloches et de sonneries ; que cette fournaise de musique ; que ces dix mille voix d'airain chantant à la fois dans des flûtes de pierre hautes de trois cents pieds ; que cette cité qui n'est plus qu'un orchestre ; que cette symphonie qui fait le bruit d'une tempête."
    [Victor HUGO, Notre Dame de Paris 
    Livre Troisième, II-Paris à vol d'oiseau, pp.109-110]

    1 décembre 2017

    Aimez-vous, respectez-vous, protégez-vous

    1 commentaire
    On pense toujours que cela n'arrive qu'aux autres, que l'on est à l'abri.

    On a beau être prudent, ne pas faire n'importe quoi, on n'imagine jamais qu'un fou-furieux - une crevure - puisse venir balayer vos certitudes et vous précipiter dans cet univers parallèle dont vous faisiez tout pour vous tenir à l'abri.

    Face à l'urgence, il existe heureusement un traitement post exposition qui coûte horriblement cher et qui n'est pas dénués d'effets secondaires plus ou moins supportables.

    Parce que malheureusement et quel qu'en ait été le contexte, une fois le mal fait, il n'existe à ce jour aucun traitement curatif.

    Parce que la prévention demeure le seul moyen de se tenir à l'abri du VIH et de toutes les maladies sexuellement transmissibles.

    Se protéger, se faire dépister, c'est d'abord prendre soin de soi et se protéger soi-même.

    Mais c'est aussi protéger l'autre, le respecter, se respecter mutuellement et respecter la Vie. Tout simplement.

    Parce qu'une seule fois suffit.

                         Aimez-vous
    Respectez-vous
    Protégez-vous                

    25 novembre 2017

    Bonne dégustation, mon cul !

    15 commentaires
    Depuis que les émissions culinaires ont envahi nos soirées et que nos écrans se prennent pour les cuisines de la Tour d'Argent, l'expression "Bonne dégustation" a fait irruption dans le vocabulaire courant, supplantant le traditionnel et jovial "Bon appétit".

    Du petit restaurant de quartier au moindre bouiboui crasseux en passant par la pizzeria du coin, invariablement le serveur apportera votre assiette de pâtes carbo - probablement réchauffées sous vide de chez Metro, célèbre restaurateur italien - ou votre quatre saisons et vous décochera un fatal "Bonne dégustation !" avant de tourner les talons, comme si vous alliez vous attaquer à un chef-d'oeuvre de la plus fine gastronomie internationale ou comme si vous souhaiter une "Bonne dégustation" allait vous transporter, de par la seule force des mots, dans l'univers capiteux d'un restaurant étoilé où vous n'êtes pas.

    Encore hier, alors que je postais sur twitter une photo de ma sorbetière en train de malaxer avec vigueur ce qui était alors en train de se muer en un délicieux yaourt glacé à la violette, quelqu'un de très bien intentioné mais certainement contaminé par la bonnedégustationite, me demanda "Quand est-ce qu'on peut venir déguster ?".

    Bordel... Stop, je n'en peux plus. Arrêtez tout.

    Arrêtez d'employer déguster et dégustation à tort et à travers !

    Mais pourquoi n'entend-on plus le simple, jovial et terriblement convivial "Bon appétit" ? Pourquoi cette interjection séculaire disparait-elle progressivement de nos tablées au profit d'un ronflant, inutile, abscons et terriblement cul-pincé "Bonne dégustation" ? 

    Pourquoi le simple appétit se trouve-t-il banni de l'usage commun comme s'il s'agissait d'un mot soudainement honteux ? 

    Pourquoi ?

    Pire encore, souhaiter à table un "Bon appétit" à ses convives serait l'expression de la pire des goujateries, la manifestation honteuse d'un cruel manque de savoir vivre, une infâmie barbare qui vous placerait de facto au ban de l'Humanité.

    En cherchant un tout petit peu sur le net, on trouve en effet ce genre d'explication :

    À table, on ne souhaite pas « Bon Appétit ! ». Cela est en fait originaire du Moyen Age. Les Français, lors de Banquets en compagnie des Anglais, se sont aperçu que ces derniers ne disaient rien avant de débuter le repas. Par conséquent, depuis lors, il est tout à fait déplacé de faire tout commentaire à ce propos. De plus, certaines personnes ajoutent que dire "bon appétit" pourrait en fait signifier qu'il faudra du courage pour manger la nourriture qui se trouve devant soi et qui n'a pas l'air appétissante.

    On ne dit jamais "bon appétit". Si on vous le dit, ne répliquez pas "bon appétit", arrangez-vous d'un "vous aussi" tout au plus. Sachez que la formule, même si très répandue dans la plupart des milieux socioculturels, et même si prononcée spontanément et avec les meilleures intentions du monde, vous identifiera automatiquement comme un intrus. Historiquement : on n'accentue pas le côté animal de l'homme, un repas est avant tout un art de la table en bonne compagnie, et non pas un instinct primaire. Dire "Bon appétit" revient à dire "bon estomac", "bon transit intestinal".

    Par pure humanité, je ne donnerai pas les liens vers les sites qui relaient ce ramassis d'âneries, votre ami Google vous aidera à retrouver les coupables.

    On objectera, ad absurdum, qu'à ce tarif-là, il ne faudrait pas non plus dire "au revoir " à la fin d'une conversation téléphonique ou d'un courrier, faute d'avoir vu à ce moment précis la personne à laquelle on s'adresse. Hé oui...  

    Mais si l'on en croit les explications ci-dessus, dire "Bon appétit" renverrait aux heures sombres de notre histoire, à ces siècles lugubres où les empoisonneurs courraient les rues, où les paysans mangeaient leurs enfants et le clerger de robe brûlait les sorcières en place publique pour distraire la plèbe et lui inspirer la crainte divine. Tremblez braves gens voici le XIIIe commandement : "Bon appétit tu ne diras point".

    Je me gausse.

    Car avant d'affirmer que "on" (mais tout un chacun sait que on est un con...) ne dit jamais "Bon appétit", il convient préalablement de se renseigner un tout petit peu sur le sens des mots en se référant pour cette tâche ardue à un dictionnaire. Oui, je sais, c'est un effort insurmontable pour certains esprits simples. Mais je vous assure que c'est pourtant fort instructif.

    Commençons par le commencement : déguster, qu'est-ce que cela veut dire ?

    Hop, plongeons à corps perdu dans l'indispensable Trésor de la langue Française qui du mot Déguster nous donne la définition suivante :

    DÉGUSTER, verbe trans.
    Goûter attentivement et lentement une boisson ou un aliment pour en apprécier les qualités.

    On remarque d'emblée que déguster n'est pas synonyme de manger. L'action est de "goûter attentivement et lentement", ce qui nous place dans quelque chose de plus technique, d'analytique que le simple alimentaire et que le simple fait de goûter.

    Ceci est confirmé par la définition que donne de ce verbe la 9e édition (1992) du dictionnaire de l'Académie Française :

    DÉGUSTER, v. tr.
    XIXe siècle. Emprunté du latin degustare, « déguster ».
    1. Goûter en connaisseur une boisson, un aliment, pour en discerner les caractères et en apprécier la qualité. Le maître de chai déguste le vin de l'année.
    2. Savourer pleinement un aliment, une boisson. Déguster un vin vieux à petites gorgées. Déguster un excellent fromage. Elle dégustait lentement sa crème glacée.   

    Nous y voici : la dégustation consiste d'abord  à décortiquer - en connaisseur - les goûts, les saveurs, d'un plat, d'un mets, pour en apprécier les qualités.

    D'ailleurs quiconque a déjà dégusté du vin - ou regardé les émissions de cuisines susmentionnées - sait que la dégustation se fait à toute petites gorgées et bouchées, en petites quantités, et que, s'agissant du vin, on recrache après ! Imaginez donc la tête du serveur dans ces conditions, trouvant votre assiette encore pleine :
    - Vous n'avez pas aimé ?
    - Si si, au contraire, j'ai dégusté...
    On ne déguste donc pas n'importe quoi n'importe comment. Et certainement pas un hamburger mal cuit avec des frites molles qui sentent l'huile rance. Éventuellement le pot-au-feu légendaire ou la tarte aux quetsches de votre grand mère, si elle travaille au Crillon...

    Surtout, Déguster n'est pas exactement Savourer, dont il est pourtant synonyme :

    SAVOURER, verbe trans.
    A. − Manger, boire lentement et avec attention pour mieux apprécier le goût de quelque chose. Synon. déguster. Savourer un déjeuner, un dessert, un grand cru. Lorsqu'il eut largement bu, il fit claquer sa langue comme un gourmet qui vient de savourer un verre de ce fameux vin de Porto retrouvé sous les décombres du tremblement de terre de Lisbonne (Du Camp,Mém. suic., 1853, p. 4). Tout en buvant un des Yquems que recelaient les caves des Guermantes, je savourais des ortolans accommodés selon les différentes recettes que le duc élaborait et modifiait prudemment (Proust,Guermantes 2, 1921, p. 513).

    B. − Au fig.
    1. Jouir lentement de quelque chose, de manière à prolonger le plaisir, à le rendre plus intense; apprécier. Synon. se délecter à, de.

    A la différence de Déguster, qui relève d'une démarche technique, analytique (un peu comme si l'on passait un plat au scanner et au MEB), Savourer fait entrer en jeu la notion de plaisir, ce qui le place sur un tout autre terrain, l'un n'étant toutefois pas exclusif de l'autre.

    Certains objecteront que, contrairement à Déguster, Savourer n'as pas de substantif. Que nenni ! Il s'agit de l'inusité "Savouration"... Libre à vous par conséquent d'adopter le "Bonne savouration" si l'envie vous prend. Vous seriez à l'evidence irréprochables tant au niveau sémantique qu'au niveau lexicographique. Vous risquez seulement d'être regardés comme une bête curieuse. À vous de voir.

    Ceci étant dit, et pour en revenir à nos moutons, qu'en est-il de l'appétit ? Renvoie-t-il à de basses activités organiques digestives évoquant, par métonymie filée, la défécation et invitant les convives au courage ?

    En aucun cas :

    APPÉTIT, subst. masc.
    I.− Inclination liée à une fonction naturelle, ayant pour objet le bien-être de l'organisme :
    1. L'appétit se distingue particulièrement du désir en ce qu'il n'est pas constant, mais périodique, et qu'apaisé pour un temps il renaît après des intervalles déterminés. Cousin, Hist. de la philos. mod.,1847, p. 583.

    A.− Plus spéc.
    1. Désir sexuel. Appétit sensuel, sexuel :
    2. L'amour, pour le monde, n'est qu'un appétit charnel, ou un penchant vague que la jouissance éteint et que l'absence détruit. Voilà pourquoi tu as entendu dire, par un étrange abus de mots, que les passions ne duraient pas. Hugo, Lettres à la fiancée,1821, p. 54.

    2. Désir de manger. Grand appétit, perdre l'appétit, satisfaire l'appétit :
    3. ... le corps humain, cette machine si compliquée, serait bientôt hors de service, si la providence n'y avait placé un ressort qui l'avertit du moment où ses forces ne sont plus en équilibre avec ses besoins. Ce moniteur est l'appétit. On entend par ce mot la première impression du besoin de manger. Brillat-Savarin, Physiol. du goût,1825, p. 59.
    4. Capevirade avait faim mais pas d'appétit, pas d'amitié pour les aliments. A. Arnoux, Double chance,1958

    Nous y voilà. 

    L'appétit est donc un mot riche de sens qui recèle pourtant en lui cette chose unique qu'est le désir, ce que confirme l'étymologie du mot qui, depuis le XIIe siècle, signifie "vif désir de quelque chose".

    Point de poison, nulle invocation au courage, fi d'une invocation fantasmée à de quelconques instincs animaux...

    Souhaiter un bon appétit n'est donc certainement pas chose triviale et vulgaire stigmatisant une éducation à refaire. Elle est, bien au contraire, fidèle à l'esprit français et à nos arts de la table, qu'ils soient ceux bourgeois hérités du Grand Siècle, ou ceux plus rustiques et rabelaisiens qui mettent immédiatement tout le monde à l'aise. 

    Alors bannissons une bonne fois pour toutes le "Bonne dégustation" inapproprié dont on nous rebat injustement les oreilles et restaurons l'usage de notre simple et traditionnel "Bon Appétit !", invitation au désir, aux plaisirs de la table, à la sensualité excquise de savourer de bons plats dans la joie simple d'une convivialité chaleureuse.
    "Il y a trois sortes d'appétit : le premier, celui que l'on éprouve à jeun, sensation impérieuse qui ne chicane pas avec les mets et qui nous fait venir l'eau à la bouche à l'aspect d'un bon ragoût ; le second, celui que l'on ressent lorsque s'étant mis à table sans faim on a déjà goûté d'un plat succulent, et qui consacre le proverbe : "l'appétit vient en mangeant" ; le troisième appétit est celui qu'excite un mets délicieux qui paraît à la fin d'un repas, lorsque l'estomac satisfait, les convives sans regret allaient quitter la table."
    Alexandre Dumas, Grand Dicionnaire de cuisine
    (1825, Phébus 2000)
    V° "Appétit".

    Bon Appétit à tous !

    24 novembre 2017

    Jamiroquai au Zénith de Toulouse - 22 novembre 2017

    4 commentaires
    Vingt ans. Cela fait vingt ans que je suis véritablement devenu fan de la musique de Jamiroquai, de ses rythmes groovy, de ses lignes de basse superbement dessinées  et de ses orchestrations toujours très soignées. 

    Si Space cowboy m'avait séduit par le passé, le tourbillonnant Cosmic Girl fut mon véritable premier coup de coeur. C'est simple, je connais les paroles par coeur. Il y en aura bien d'autres par la suite. J'étais en première année de fac, temps de mes premières virées avec les copains, des soirées jusqu'au bout de la nuit et des premières cuites mémorables. Welcome back to 1997 !

    Je ne suis pas à proprement parler une groupie, en ce sens que si j'aime un groupe, un artiste, je vais bien évidemment écouter ce qu'il fait (c'est notamment le cas de Björk que j'avais vue en concert aux arènes de Nimes en 2007, un de mes très grands souvenirs de concert !) sans pour autant suivre ses moindres faits et gestes. Je n'avais donc aucune idée particulière de ce que pouvait donner un concert de Jamiroquai, si c'était à la hauteur, si cela en valait la peine.

    Pourtant lorsque en mars dernier, par je ne sais plus quel hasard, j'ai appris que Jamiroquai se produirait à Toulouse le 22 novembre, mon cerveau ne fit qu'un bond : il me fallait aller à ce concert. Et je me souviens très précisément du moment où j'ai acheté mon billet, six mois à l'avance et de cette pensée qu'il me serait probablement étrange, en novembre suivant, de me dire que cela faisait six mois que j'attendais cet instant. Et cela n'a pas loupé.

    Pour résumer le concert en un mot comme en cent : ça valait grave le coup car  j'ai vraiment passé une putain de super soirée !


    22 novembre 2017, il est dix-neuf heures lorsque j'arrive sur le parking du Zénith et que je parque mon vélo à deux pas de l'entrée et prends place dans les gradins, idéalement situé. La première partie est assurée par un DJ dont j'ignore le nom et qui occupe les oreilles à défaut de faire danser les spectateurs déjà massés dans la fosse. Il y a déjà pas mal de monde mais la salle est encore pas mal clairsemée. Sera-t-elle pleine ?

    Vingt-et-une heures : la salle est pleine à craquer. C'est chouette, le public a répondu présent et la ferveur sera bel et bien au rendez-vous de bout en bout de la soirée.

    Peu à peu la lumière se tamise avant que le noir ne s'installe. Ca siffle, ça crie, ça attend, ça s'impatiente. Puis soudain, une courte séquence vidéo s'anime sur toute la largeur du mur d'arrière scène, sur une thématique infailliblement écolo, chère à Jay Kay, pendant laquelle le groupe prend place. Et c'est parti pour deux heures de show sans relâche : Shake It On !


    Alors soyons clairs : Jay Kay a visiblement pris du poids et n'a plus la forme de ses débuts ! "That's much more easy when you're twenty three !" lance-t-il avant de prendre une rasade d'eau quelques minutes après être entré en scène. "Ben oui, t'as plus vingt ans !" lance ma voisine de droite.

    Pourtant, la voix est toujours là, l'énergie aussi et après un petit tour de chauffe, le voici qui donne le change sans féblir, jusqu'au bout avec une fougue et une envie communicative. Et ce n'est vraiment pas rien, vu le style Jamiroquai, mélange d'acid jazz et de funk sous influence disco, qui donne un résultat hyper-tonique ainsi qu'une envie irrépressible de dancer.

    ♪♫ You make me love you, love you baby, 
    with a little L ♪♫ 

    Niveau setlist, le concert se présente comme un retour sur les vingt-cinq ans de carrière du groupe et fait s'alterner chansons du dernier album, Automaton en tête ou encore Summer Girl dans une nouvelle orchestration inédite, et tubes incontournables ("from the past") tels que Cosmic GirlLittle LAlright ou Emergency on Planet Earth, le tout en version longue. Intros développées et bridges retravaillés donnent la part belle aux musiciens et aux trois magnifiques choristes. La scène brille de mille feux, avec un très joli travail de lumières, chaque moment du concert étant poncuté d'un habillage spécifique. Tout est cadencé, huilé, démonstration d'une connivence évidente entre tout ce petit monde. Cela se voit et s'entend. Le bonheur.


    Dans la salle comble, la fosse est une forêt de bras levés tandis que les travées se transforment en discothèque géante. Toute le monde danse, chante, s'éclate tout simplement en prenant un pied formidable au fur et à mesure que les tubes s'enchaînent. Moi je chante à tue tête, me trémousse sur mon siège, échange un regard complice avec ma voisine qui vient de hurler comme une fillette de huit ans et de me vriller durablement les tympans en reconnaissant les premières notes de Cosmic Girl...  Bon, j'avoue, j'ai aussi hurlé comme une gamine ^__^

    Après avoir égrené tube sur tube - mais en fait qu'est-ce qui ne l'est pas avec ce groupe ?- le concert s'achèvera par un incandescent Love Foolosophy suivi d'un unique rappel sur Virtual Insanity, là aussi en version extended pour l'occasion

    Les lumières se rallument. On a tous des étoiles plein les yeux et de la musique plein la tête, ivres de ce bonheur d'avoir vécu un grand moment avec un monstre sacré et pris un pied intégral. C'est simple, vingt quatre heures après, je flotte toujours un peu.

    "Thank you for the last twenty five years" avait lancé Jay Kay en début de concert. Vingt-cinq ans, c'est l'âge que nous avions-tous pendant ces deux-heures de voyage.

    ♪♫ Dance yeah, 
    Got canned heat in my heels tonight baby ♪♫

    21 novembre 2017

    Je te chie maman !

    5 commentaires
    (...) 
    Et comme Teresa souriait sans émotion ni surprise, Mauricette, folle de colère, fit alors une scène effroyable. Les paroles passent tous les actes. Je n'avais jamais imaginé qu'une fille, même dressée aux vices, pût dire de pareils mots à sa propre mère. Elle articulait au hasard, d'une voix sans suite, sans raison, pour la joie de lancer les injures dans le désordre et l'incohérence où elle les avait mâchées :
    "Ne me touche pas ! Je t'emmerde ! Je t'emmerde ! Et je foutrai le camp cette nuit. Je t'emmerde, sale vache ! Sale grue ! Sale gousse ! Sale enculée ! Sale maquerelle ! Sale putain ! Tu ne veux pas qu'on t'appelle comme ça ? Putain ! Putain ! Putain ! Putain ! Putain ! Putain ! Putain ! Putain ! Putain ! Putain ! Fille de putain ! Mère de putain, gousse de putains, branleuse de putains. Je ne suis pas une putain, moi, je suis une pucelle ! Tu as laissé vendre ton pucelage par ta putain de mère, mais moi, je ne suis pas une andouille comme toi ! Je ne laisse pas vendre mon pucelage, je le donne ! Tiens, regarde-le, sale-maquerelle ! Regarde-le ! ma garce ! ma garce ! Tu en voulais cent louis, tu n'en auras pas cent sous ! Tu n'en auras que du foutre et du sang dans la gueule !"
    Debout, les cuisses écartées, la tête en avant, elle ouvrait des deux mains les lèvres de son sexe. Puis elle les referma et parla plus vite de la même voix sourde et haineuse :
    "Oui, j'en ai assez de montrer mes nichons dans ton bordel d'enculées ! dans ton bordel de suceuses et de putains à tout faire ! J'en ai assez de te voir à table ramener un filet de foutre à la pointe de ton cure-dents et rire quand tu ne sais plus qui tu as pompé ! J'en ai assez de coucher dans les draps où il n'y a pas une place de sèche, par ce que tout le bordel y décharge, les michés, les maquereaux, les gousses et les putains ! J'en ai assez de trouver sur ma toilette une serviette où il y a de la merde, chaque fois qu'un de tes amoureux s'est essuyé la pine dedans. Vache ! Ordure ! Fumier ! Chameau ! Fille de garce ! Moule à bittes ! Gueule de chiottes ! Marchande de chaude-pisse ! Lécheuse de derrières ! Avaleuse d'étrons ! Bouffeuse de vérole ! Compte sur moi maintenant, ma salope ! Compte sur moi pour friser les poils de ta connasse ou pour te passer le bâton de rouge sur le trou du cul ! Je ne veux plus de ta langue ni de tes sales tétons pour me torcher ! Et je te chie ! Je te chie maman !."
    (...) 
    Pierre Louÿs
    Trois filles de leur Mère  - Chap. XII
    1910/1926

    15 novembre 2017

    La photo du mois : Ambiance automnale

    19 commentaires
    Bonjour à tous, nous voici déjà au 15 Novembre pour notre avant-dernier rendez-vous mensuel avec la photo du mois  pour cette année 2017.

    Je vous rappelle le principe du jeu : chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Ce mois-ci Josette nous a proposé un thème dans l'air du temps puisqu'il s'agissait de plancher sur Ambiance automnale.

    Elle nous donnait, pour ce faire, les indications suivantes :
    Elle est partout en ce moment ! Dans la couleur… Dans les balades… Dans les fruits et les légumes… Dans les fêtes, les fleurs et les commémorations… Et plus encore ! Je ne doute pas de votre imagination !
    Pour cette fois-ci, je vous propose de prendre l'air avec moi, En effet, ma photo a été prise au mois d'octobre dernier, dans le Gers, lors d'un vol en montgolfière au petit matin, alors que les nappes de brume se dissolvaient au fur et à mesure que le soleil se levait et inondait plaines et vallons de ses rayons caressants.


    La photo du mois continue chez les autres blogs participants : Akaieric, Alban, Alexinparis, Amartia, Angélique, Aude, Betty, BiGBuGS, Blogoth67, Brindille, Bubble gones, Cara, Carolyne, Chat bleu, Chiffons and Co, Christophe, Cricriyom from Paris, CécileP, Céline in Paris, Danièle.B, DelphineF, Dr. CaSo, El Padawan, Escribouillages, Eurydice, François le Niçois, Frédéric, Gilsoub, Gine, Giselle 43, J'habite à Waterford, Jakline, Josette, Josiane, Kellya, Krn, La Fille de l'Air, La Tribu de Chacha, Lau* des montagnes, Laurent Nicolas, Lavandine, Lavandine83, Lilousoleil, Lyonelk, magda627, Magouille, Mamysoren, Marie-Paule, Memories from anywhere, Mirovinben, Morgane Byloos Photography, Natpiment, Nicky, Pat, Philae, Philisine Cave, Pilisi, Renepaulhenry, Sandrin, Shandara, Sous mon arbre, Tataflo, Ventsetvoyages, Who cares?, Wolverine, Xoliv', écri'turbulente.

    Bloguerie du 15 novembre

    6 commentaires
    Nous voici déjà au 15 novembre. Quelques poignées de jours nous séparent de la fin de l'année et des suaves réjouissances qui l'accompagnent. Déjà les rues se sont parées de guirlandes qui bientôt seront lumineuses. Les vitrines lentement s'ornent d'ors, de rouge et d'argent, au fur et à mesure que les boîtes à lettres s'emplisssent des traditionnels catalogues de jouets, pour le cas où le père Noël serait en manque d'inspiration.

    Je viens de recevoir ma première sollicitation pour la Saint Sylvestre. Je ne dis pas "enfin" même si j'ai hésité à l'écrire car certaines années les propositions se faisaient jour dès le mois de septembre, ce qui a toujours eu le don de m'exaspérer au plus haut point. Le temps passant (qui a dit "avec le poids de l'âge" ? -__- ) je suis de moins en moins amateur de ces journées de réjouissances obligatoires. Trop manger. Trop boire. Trop tout... et trop rien. On me propose de réveillonner au coeur des Alpes. Pourquoi pas ?

    Cependant cette année j'avais envie de faire quelque chose d'un peu inhabituel, peut-être une belle randonnée à la journée, levé tôt et frais, pour profiter pleinement de ce premier jour de l'année. Ou bien me rendre en Bretagne, en prenant le temps de m'arrêter où bon me semble, et y passer quelques jours pour découvrir cette région dont j'ignore tout, et aller voir les fameux alignements mégalithiques de Carnac qui me font tant envie et dont j'ai eu le loisir de découvrir de lointains cousins lors de balades dans les Pyrénées.

    Nouvel An et, avant cela, Noël... tout cela est encore loin, j'ai le temps d'y songer. J'ai pour le moment d'autres préoccupations professionnelles qui m'envahissent et en particulier une échéance toute proche qui pourrait s'avérer déterminante. C'est tout autant terrifiant qu'exaltant. Cette fin d'année est décidemment remplie de suspens.

    J'aime assez ma nouvelle image qui sert d'arrière plan au blog. On reste dans le bleu, cette couleur que je porte bien et qui m'apaise. Elle confère à son tour un aspect plus tranquille à ce lieu, par contraste avec le design précédent que j'aimais bien malgré son aspect quelque peu torturé. Peut-être le reflet d'apaisements personnels.

    Voyager. J'ai envie de voyager. Ce sera pour 2018. Un beau voyage plein de couleurs de lumières et d'images. Je ne sais ni où ni quand ni comment. Mais cela fait longtemps que je n'ai pas fait un joli voyage, mème s'il m'en faut peu pour m'extraire de mon quotidien. Mes Pyrénées chéries me tendent toujours les bras et je sais que je puis trouver en leurs cimes et vallons, mille manières de m'échapper.

    L'année 2018 sera pleine de promesses...


    8 novembre 2017

    Sache que tu es une raclure

    8 commentaires

    "Et pour terminer, sache que tu es une raclure. Une belle raclure." C'est en ces termes plutôt musclés que s'est achevée ma conversation avec l'autre... Car depuis le 22 octobre je n'avais pas rompu le fil, pour diverses raisons, notamment essayer d'avoir le fin mot de l'histoire, mais surtout pour avoir les résultats de ses examens sérologiques et savoir s'il me fallait ou non poursuivre le traitement préventif prescrit par le médecin urgentiste.

    Fidèle à son insolente désinvolture face à la situation, il n'a pas spontanément fait de test sanguin, alors que c'était la seule chose raisonnable à faire sans qu'il soit besoin d'y réfléchir pluis d'une demi-seconde. Je l'ai donc harcelé pour qu'il en fasse un, pour qu'il sache et que je sache. Parce que c'est la logique du protocole médical que je subis depuis un peu plus de deux semaines, et qu'il est inutile de poursuivre un traitement qui te dézingue les intestins alors qu'aucune infection ne te menace.

    Dans un premier temps il m'a dit avoir un rendez-vous "la semaine prochaine", vraisemblablement dans une association, il ne m'a jamais dit où exactement ni dans quel cadre. Puis qu'il aurait les résultats "dans une semaine". Le jour supposé des dits résultats, il m'a adressé un texto me disant que c'était bon, qu'il était négatif. Étrangement lorsque je lui ai demandé à voir les fameux résultats, il a commencé à monter sur ses grands chevaux. 

    Dans un premier temps il m'a dit ne pas les avoir sur lui puis, face à mon insistance, il a commencé à se poser en victime, à dire qu'il n'appréciait pas que je mette sa parole en doute, qu'il ne montrait pas ses résultats médicaux à n'importe qui, que la paranoïa cela allait bien cinq minutes et que si j'étais inquiet je n'avais qu'à faire un test...

    J'ai explosé. 
    De rire. 
    De rage.

    Voici in extenso la réponse exacte que je lui ai faite :

    Hooo pardon de mettre ta parole d'évangile en doute. Je suis désolé de t'ennuyer avec tout cela. Je suis au moins autant ennuyé que tu ne l'est à mon  égard. Ha, non, pardon, je suis étourdi : tu n'as strictement rien à foutre de moi et de ma santé. Tu n'en as rien à foutre de savoir que depuis 15 jours je suis sous trithérapie préventive avec tous les effets secondaires indésirables que l'on connaît.

    Oui je suis inquiet parce qu'il s'agit de ma santé, il s'agit de ma vie. Et que non je n'ai pas confiance juste en des paroles et que lorsque l'on parle de choses un minimum graves comme elles le sont actuellement, avoir certains documents sous les yeux est le minimum que l'on puisse faire, le minimum de respect pour l'autre. Ce respect tu en fais défaut depuis le commencement, à savoir ne même pas m'avoir conseilllé d'aller aux urgences consulter, au cas où...

    Et je te rassurre, oui j'ai fait des tests, et non je n'ai pas attendu 10 jours pour faire une prise de sang et savoir ce qu'il en était de ma sérologie, contraitrement à toi. Et encore, le fait que tu ne veuilles pas me communiquer tes résultats signifie probablement une chose : que tu n'as même pas fait les tests.

    Pour finir sache que tu es une raclure. Une belle raclure.

    Je n'ai pas attendu de réponse de sa part. J'ai définitivement bloqué son numéro. Il est temps qu'il sorte définitivement de ma vie. Il me l'a assez pourrie comme cela ces derniers jours. Je ferme la porte aux potentielles explications mais je crois désormais qu'il était parfaitement illusoire d'espérer en avoir ne serait-ce que des bribes. Il me faudra faire avec.

    Cette réponse je la publie ici, parce que j'en ai besoin, comme j'avais besoin de parler de tout cela et de pouvoir y revenir plus tard. Parce qu'on ne se remet pas de ce genre de chose d'un coup de baguette magique et qu'il faudra du temps pour recoller certains morceaux, ainsi que j'ai pu en discuter avec certaines personnes venues me parler et qui se sont trouvées confrontées à la même situation. Parler avec elles m'a fait du bien. Nous a fait du bien.

    Et encore merci pour tous vos messages, textos, courriels et autres échanges en DM sur twitter : vous êtes vraiment formidables...

    1 novembre 2017

    25 questions culinaires

    3 commentaires
    1/ Sucré ou salé ?
    Réponse de normand : cela dépend. Par habitude, je suis devenu plus salé que sucré. Mais le reste de ce questionnaire va démontrer, s'il en était besoin, que je sais succomber honteusement à un bon dessert.  

    2/ Viande ou végétarien ?
    Viande ! Toutes, de toutes les façons, en toute saison.

    3/ Top 3 des plats préférés ?
    Je n'ai pas à proprement parler de plat préféré. Je mange de tout avec le même appétit et du moment que c'est bien préparé ou avec attention, j'aurai du plaisir à table. Mais pour jouer le jeu, si tu veux vraiment me faire plaisir je citerai l'agneau grillé, une bonne poêlée de cèpes, et les écrevisses à la nage.

    4/ Les épices ou les condiments dont tu ne peux pas te passer ?
    Le poivre noir et le sel. La base de la cuisine française.

    5/ Les épices ou les condiments que tu ne peux pas supporter ?
    Je déteste la moutarde de type Savora, ou moutarde sucrée au curry, telle au'on la trouve au Québec par exemple. Sinon j'ai du mal à comprendre l'intérêt des baies roses. De manière générale je ne supporte pas l'usage irréfléchi des épices, sans justification. Comme la réduction de vinaigre balsamique dans l'assiette juste pour le décor qui ne sert à rien.

    6/ Le plat que tu réussis le mieux ?
    Sans vouloir me lancer des fleurs, je cuisine plutôt bien. La question ne se pose pas en ces termes donc.

    7/ Ton epic fail en cuisine ?
    Ce n'est pas réellement de la cuisine mais lorsque j'étais gamin, je devais avoir une dizaine d'année maximum, mes parents avaient acheté un four microondes. C'était alors un gage de modernité absolue. On testait tout un tas de truc pour voir comment cela réagissait, jusqu'à essayer de faire cuire des oeufs que nous avons bien évidemment fini par ramasser avec une éponge sur les parois du four. Un jour, j'ai voulu faire y décongeler un croissant, sans trop savoir me servir de cet engin. J'ai donc programmé un temps de cuisson un peu au pif. Grand mal m'en a pris : ce qui est ressorti du microondes quelques minutes plus tard ne ressemblait plus à grand chose. Même le chien n'en a pas voulu...

    8/ Riz ou pâtes ?
    Pâtes. A toutes les sauces. Ou simplement avec des pleurotes et un peu de crème fraîche.

    9/ La pizza à l'ananas ou autre garniture ?
    C'est pas interdit par la Convention de Genève la pizza à l'ananas ?

    10/ Ton petit déj préféré ?
    Oeufs brouillés au piment d'espelette, un morceau de fromage un peu affiné, de l'avocat, pain complet grillé, café au lait. Simple, efficace, robuste.

    11/ Thé ou café ?
    Le café c'est la vie.

    12/ Ton restaurant / type de restaurant préféré ?
    J'aime beaucoup (sans les préférer) les restaurants "sans façon" avec de grands plats convivaux et un poil désuets, la marmite à même la table, sans protocole recherché, comme on le serait chez sa grand-mère. J'ai à cet égard un souvenir formidable de "Chez Titine" quelque part au fin fond de l'Ariège où, pour un prix dérisoire, nous avions mangé comme des rois.

    13/ Ton epic fail dans un resto ?
    Aucun... Je ne vois même pas ce que la question peut signifier.

    14/ La malbouffe / junk food préférée ?
    Attention, c'est très très sale : des nuggets McDo trempés dans du houmous de chez El Dayaa, le restaurant libannais de Toulouse qui sert probablement le meilleur houmous de la ville.

    15/ Le truc qu'on t'a forcé à manger gamin ?
    Du navet violet dans la soupe. Je déteste.

    16/ Le truc que tu n'as jamais pu manger et qui te fait furieusement envie ?
    La véritable pasta italienne faite intégralement à la main et le haggis.

    17/ Fromage ou dessert ?
    Si j'ai bien mangé le fromage est facultatif. Alors dessert.

    18/ Pain au chocolat ou chocolatine ?
    C'est quoi un pain au chocolat ?

    19/ Chocolat noir, blanc ou au lait ?
    Noir pour le plaisir, à condition qu'il ne soit pas trop sucré. Au lait pour la gourmandise, avec du bon pain ou un moceau de brioche et un grand verre de lait frais. Blanc, à l'occasion.

    20/ Top 3 fromages ?
    Tous, absolument tous. Et plus ça pue, mieux c'est.

    21/ Top 3 desserts ?
    J'ai un gros faible pour le Saint-Honoré, un dessert qui ne supporte pas la médiocrité. Le mélange de la pâte à chou croquante, de la crème patissière parfumée de vanillle et de rhum puis la chantilly ferme et légère à la fois, je succombe. Lorsqu'il est bien réalisé, c'est un vériable enchantement. 
    Et puisqu'il en faut encore deux, je dirai l'Opéra et la tarte aux pommes de ma maman, avec de l'oeuf battu et de la crème, comme en Alsace.

    22/ Gourmand ou gourmet ?
    Les deux Votre Honneur.

    23/ Vin ou non ?
    Un vrai bon repas sans vin(s) est rigoureusement inconcevable.

    24/ 3 turns off culinaires ?
    Je suis un peu un golgoth niveau bouffe, il n'y a pas grand chose qui me fasse peur sous nos latitudes. Même les abats, vu que j'adore ça. 
    Cependant je serais incapable de manger des insectes. Ah, puis les rognons blancs, je crois que j'aurais du mal... Et puisqu'il en faut un troisième je citerai les oeufs couvés.

    25/ Quand tu as trop mangé : raconte une anecdote ?
    Je n'ai absolument rien à raconter à ce sujet... Quand j'ai trop mangé, je dors et / ou je vais prendre l'air en marchant. Et si mon estomac hurle de douleur j'avale un comprimé de citrate de bétaïne ou un mélange de bicarbonate de soude dissous dans un verre d'eau, avec un comprimé d'aspirine effervescent. Passionnant non ?

    Et vous ?

    30 octobre 2017

    Relisons Nietzsche

    1 commentaire
    (...)

    Ô mes animaux, êtes-vous donc cruels, vous aussi ? Avez-vous voulu contempler ma grande douleur comme font les hommes ? Car l’homme est le plus cruel de tous les animaux.

    C’est en assistant à des tragédies, à des combats de taureaux et à des crucifixions que, jusqu’à présent, il s’est senti plus à l’aise sur la terre ; et lorsqu’il s’inventa l’enfer, ce fut, en vérité, son paradis sur la terre. 

    (...)

    F. Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra
    Troisième partie, Le convalescent, 2
    Trad. Henri Albert

    25 octobre 2017

    Formidables

    8 commentaires
    Au milieu de la nuit se dressent des sentinelles qui vous tendent la main, pour ne pas tomber plus bas. Pour vous aider à vous relever un peu. Pour avancer avec eux.

    Un sourire, un petit mot, une soirée pour se changer les idées, rire et regarder droit devant.

    Visages amis ou profils inconnus, merci à tous pour votre soutien, que ce soit par vos paroles, vos messages, ici ou ailleurs.

    Cela me touche énormément et me fait beaucoup de bien.

    Vous êtes formidables.

    24 octobre 2017

    Stealthing ?

    5 commentaires
    Je me sens horriblement mal depuis samedi soir. Malgré la prise en charge immédiate, le fil des événements se bouscule dans ma tête, au ralenti, me faisant revivre un vertige indicible, cette angoisse qui m'a submergé, et cette solitude immense face à quelqu'un qui essaye de dédramatiser ce qu'il vient de se produire.

    Je revois également en boucle cet instant où il découvre le préservatif le long de sa jambe. "Ho, il est là...". Le ton de sa voix, dénué de toute inquiétude, presque au bord d'un rire gêné, m'avait alors décontenancé. A présent il me dérange. De même que son attitude totalement détachée, ou encore le fait de ne pas même m'avoir conseillé de me rendre à l'hôpital. Lui même n'y est d'ailleurs pas allé, aux dernières nouvelles. Car je maintiens le contact. Pour savoir le fin mot de l'histoire.

    Mon expérience est à tout le moins la démonstration que ce genre de déconvenue, accidentelle ou pas, peut arriver à tout le monde. Absolument tout le monde...

    "Es-tu sûr que c'est un accident ?" m'a questionné un ami. Dimanche je lui répondais que oui. Aujourd'hui je ne le sais plus. Et à vrai dire j'en doute de plus en plus.

    J'ai en effet appris depuis lors l'existence d'une pratique totalement folle : le Stealthing, qui consiste pour l'un des deux partenaires à retirer son préservatif sans le dire à l'autre qui continue à se croire protégé... Je vous laisse imaginer le carnage que ce genre de chose peut faire, tant chez les hétéros que chez les gays. Ces gens sont des criminels en puissance.

    "Mais arrête, c'est un accident. Il t'a peut-être trompé sur la capote, mais tu es pris en charge, arrête de dramatiser" m'écrivait en substance une connaissance ce midi. Non, justement... et bien au contraire, ce n'est pas rien bordel de merde. Non, non, non et mille fois NON. Je n'ai jamais consenti à un rapport sans préservatif. Avec personne en général et lui en particulier. Si ce n'est pas un accident - ce qu'avec un peu de recul j'ai de plus en plus de mal à croire - alors ce type m'a utilisé pour son petit plaisir en bafouant les règles élémentaires en la matière : le respect de l'autre et la sécurité. La mienne comme la sienne.

    Si ce n'est pas un accident, alors, à cause de lui, je suis obligé de prendre un traitement assez lourd pendant un mois, de subir des contrôles médicaux réguliers, et de croiser les doigts en espérant qu'il n'en soit rien dans 30 jours. Non, ce n'est pas rien... Ce n'est pas bénin. Savoir ce qu'il s'est réellement passé est important pour moi. On ne parle pas d'une simple grippe.

    S'agissant des bilans, mes premiers résultats sanguins sont parfaits, ce qui ne me surprend guère. J'espère seulement qu'ils se maintiendront ainsi. 

    Pour autant, le moral fait le yo-yo, pris entre l'envie d'aller de l'avant et l'envie régulière de fondre en larmes, de me blottir dans des bras enveloppants qui me diront que tout va bien se passer, que ça va aller, que je ne suis ni sale ni spolié de rien. Car, comme je l'écrivais tantôt à un copain venu aux nouvelles, je me sens mal dans mon corps. Sale. Spolié de quelque chose. Comme si j'avais été violé. Et ce matin je me suis réveillé avec une migraine titanesque.

    Une question lancinante me hante : Stealthing...?

    22 octobre 2017

    30 jours

    22 commentaires
    Il y a tout d'abord ce garçon que tu n'as pas revu depuis un bout de temps et qui te propose de passer chez lui. Vous vous êtes vus quelques fois. Ce n'est pas vraiment un régulier mais disons que vous êtes restés plus ou moins en contact. Alors tu y vas. Une sieste crapuleuse, ma foi, cela ne fait de mal à personne.

    Il y a cet instant où tu sens que la situation dérape et que tu laisses déraper. Un tiroir qui s'ouvre, une boite de préservatifs, du lubrifiant... Tu laisses faire. A quoi bon résister à la tentation ?

    Plus tard, une fois la dernière salve passée, il y a cet instant où tu t'aperçois que le préservatif de ton partenaire n'est plus là... Alors qu'il y était quelques instants auparavant. Enfin si, il y est, déroulé et tout. Mais pas là où il devrait être. Pas là où il était il y a quelques minutes. Putain de bordel de merde : t'as baisé sans capote !

    Il y a ensuite cet instant où tout tourne autour de toi, comme dans un mauvais rêve. Tu ne sais plus vraiment si cela est réel. Non, c'est pas possible. Ca n'a pas pu arriver. Non... pas à toi. Putain... NON ! Et pourtant si. C'est bien à toi que cela arrive. Que tu le veuilles ou non, tu as baisé sans capote. Tu as pris un risque et ton partenaire aussi. Tu as - p.u.t.a.i.n - d.e - m.e.r.d.e - baisé sans capote.

    L'autre te dit qu'il est clean. Que son dernier test était négatif. De ne pas t'inquiéter. Putain... Non, tu vas la fermer ta gueule ! On n'est jamais sûr à 100%  d'être porteur sain. Et puis qu'est-ce que j'en sais moi de la vérité de ta sérologie ? Et d'ailleurs toi, qu'est-ce que tu en sais de la mienne ? On a pris un risque bordel.  

    Viennent ensuite ces minutes interminables où tu essayes coûte que coûte de te raccrocher à ta rationalité, à peser le pour et le contre, à reprendre le dessus. Tu te rhabilles sans prendre la peine de te doucher. Tu pues. Il te raccompagne, penaud. Puis la porte se referme derrière toi. Tu es seul...  

    Tu trembles comme une feuille, t'as envie de hurler et de chialer. Tu ne réalises pas ce qu'il t'arrive. C'est encore abstrait. Tu te sens sale et honteux, malgré le caractère accidentel des choses. Mais mille pensées t'envahissent. Cette situation tu la connais. On te l'a racontée. Tu l'as vue mille fois à la télévision. Tu l'as vue mille fois dans des films. Sauf que là ce n'est pas un film. C'est ta vie.

    En sortant tu appelles au secours auprès d'amis qui ne répondent pas. Un pote médecin finit par décrocher et te donner la marche à suivre. Direction les Urgences. Tu n'avais pas prévu d'y passer ton samedi soir. Maintenant tu n'as guère le choix. 

    Il y a cet autre ami qui, au hasard d'une conversation Whatsapp demande des nouvelles. Tu lui racontes. Il accourt. Vous vous retrouvez sur un parking au beau milieu de la nuit. Tu fonds en larmes dans ses bras... Tu ne le remercieras jamais assez d'avoir été là à ce moment précis.

    Arrivée aux Urgences. Après les formalités d'accueil, l'infirmière référente te bombarde de questions. Tu racontes tout par le détail. Tu t'en fous. T'es froid, carré, direct. La pudeur n'a pas sa place ici. On est dans l'efficacité technique. Environ une heure plus tard, le médecin te reçoit en consultation. Rebelote. Tu prends une masse d'informations dans la tronche. Les protocoles, les risques, les suites possibles... 

    Puis il y a cet instant où les mots sont lâchés: Trithérapie préventive.

    Pour un néophite chacun de ces mots pèse un milliard de tonnes. Chaque syllabe t'écrase sous le poids de leur résonnance médicale, culturelle et sociale. Des millions d'images te traversent l'esprit. Tu es peut-être au bord d'un basculement irrémédiable. Seules l'adrénaline et la bienveillance rassurante du médecin te permettent de ne pas t'effondrer. Tu encaisses. De toute manière tu n'as pas le choix. 

    Quelques minutes plus tard, il revient avec des ordonnances pour tes sérologies et des documents pour ton médecin traitant. Ca flotte encore un peu autour de toi.

    Il y a aussi de grosses pillules roses. Trois, pour commencer. Pour les trois premiers jours. Les vingt-sept autre seront à venir chercher plus tard, à la pharmacie de l'hôpital. Trente jours de traitement. Trente jours à attendre.

    Plus que vingt-neuf...

    15 octobre 2017

    La photo du mois : Innovation

    15 commentaires
    Bonjour à tous, nous sommes déjà le 15 Octobre et c'est l'heure de notre rendez-vous mensuel avec la photo du mois.

    Je vous rappelle le principe du jeu : chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Ce mois-ci Cricriyom from Paris a choisi le thème Innovation et nous donne, pour ce-faire, les indications suivantes :
    Comment pouvons-nous mettre en valeur l'innovation, la création collective, le eureka des temps modernes ?
    Ma photo a été prise il y a une quinzaine de jours lors d'une exposition de vieux tracteurs. Ceux présentés ici, soigneusement restaurés et entretenus par des passionnés, datent des années 1930, période où la technologie industrielle envahit peu à peu les campagnes, l'inépuisable moteur diesel supplantant progressivement la force animale.
    Ces deux modèles (un "Robuste" de l'entreprise hongroise HSCS - Hofherr Schrantz Clayton Shuttleworth - et un "Bulldog" de la firme allemande Lanz, qui sera rachetée après la 2nde Guerre Mondiale par John Deere) sont particulièrement en avance sur leur temps, notamment par un système d'allumage innovant : l'allumage était facilité grâce à une pièce disposée à l'avant du moteur et que l'on chauffait préalablement avec un chalumeau (la partie peinte en gris et à l'avant du tracteur que l'on voit très bien sur la photo).

    Le Bulldog était en outre doté d'un système de direction particulièrement ingénieux qui le rendait très maniable, contrairement à tous ses concurrents.

    Équipés des toutes dernières technologies de l'époque, ces engins ont participé de la grande révolution agricole des annés 40 et 50. Une broutille si l'on compare avec des modèles contemporains dotés de cabines climatisées et insonorisées, guidés en temps réel par GPS et pilotables à distance grâce à une application smartphone...

    La photo du mois continue sur les autres blogs participants :Akaieric, Alban, Alexinparis, Amartia, Aude, BiGBuGS, Blogoth67, Brindille, Cara, Chiffons and Co, Christophe, Cricriyom from Paris, CécileP, Céline in Paris, Danièle.B, DelphineF, Dr. CaSo, El Padawan, Eurydice, François le Niçois, Frédéric, Gilsoub, Gine, Giselle 43, J'habite à Waterford, Jakline, Josette, Kellya, Krn, La Fille de l'Air, La Tribu de Chacha, Lau* des montagnes, Laurent Nicolas, Lavandine, Lavandine83, Lilousoleil, Lyonelk, magda627, Magouille, Mamysoren, Memories from anywhere, Mirovinben, Morgane Byloos Photography, Nicky, Pat, Philae, Philisine Cave, Pilisi, Renepaulhenry, Sandrin, Shandara, Sous mon arbre, Ventsetvoyages, Who cares?, Xoliv'.