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  • 15 septembre 2017

    La photo du mois : Palette de couleurs

    10 commentaires
    Bonjour à tous, nous sommes déjà le 15 Septembre et c'est l'heure de notre rendez-vous mensuel avec la photo du mois.

    Je vous rappelle le principe du jeu : chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Ce mois-ci Philae a choisi le thème Palette de couleurs

    Ma photo du mois illustrera non pas la couleur que l'on perçoit avec les yeux, mais celle que l'on perçoit par les sons.

    L'orgue est en effet un instrument qui offre à l'interprète toute une panoplie de couleurs sonores qu'il pourra marier entre elles ou, au contraire, comme à l'orchestre, jouer par opposition : flûte aérienne, trompette claironnante, octavin scintillant...
    Chaque bouton de porcelaine est un tube de couleur dont les claviers sont les pinceaux...

    La photo du mois continue chez les autres participants : Akaieric, Alban, Alexinparis, Amartia, Angélique, Aude, BiGBuGS, Blogoth67, Brindille, Bubble gones, Cara, Chat bleu, Chiffons and Co, Christophe, Cricriyom from Paris, CécileP, Céline in Paris, Danièle.B, El Padawan, Escribouillages, Eurydice, François le Niçois, Frédéric, Gilsoub, Gine, Giselle 43, J'habite à Waterford, Josette, Josiane, Julie, Kellya, Krn, La Fille de l'Air, La Suryquoise, La Tribu de Chacha, Lau* des montagnes, Laurent Nicolas, Lavandine, Lavandine83, Lilousoleil, Lyonelk, magda627, Magouille, Mamysoren, Mirovinben, Morgane Byloos Photography, Natpiment, Nicky, Pat, Philae, Philisine Cave, Pilisi, Renepaulhenry, Sandrin, Shandara, Sous mon arbre, Ventsetvoyages, Who cares?, Wolverine, Xoliv', écri'turbulente.

    14 septembre 2017

    Mother ! de Darren Aronofsky

    3 commentaires
    Mother !
    Réalisé par Darren Aronofsky.

    Avec : Jennifer Lawrence, Javier Bardem, Ed Harris...

    Genre : Film qui fait mal à la tête.

    Durée : Trop. Beaucoup, beaucoup trop.

    Synopsis : Un écrivain en mal d'inspiration et sa compagne habitent une belle grande maison située au milieu de nulle part.

    Pendant que lui n'écrit rien, elle redécore leur nid douillet en s'inspirant du dernier catalogue Maison du Monde.

    Un soir, ou peut-être une nuit, un mystérieux inconnu qui se présente comme étant médecin, frappe à la porte et se fait inviter à rester dormir.

    Le spectateur l'ignore encore mais à cet instant précis il est largement temps pour lui de rapidement changer de salle pour aller voir un autre film.

    Extraits (attention, divulgâchage...) :
    - Toc toc toc ?
    - Mais qui êtes vous ?
    - C'est qui ?
    - Je ne sais pas.
    - Toc toc toc ?
    - Il est mooooOooooort !
    - Toc toc toc ?
    - Mais qui êtes vous ?
    - Nous allons avoir... un n'infint !
    ♪♫ Where's the party, I want to free my soul
    Where's the party, I want to lose control ♪♫
    - C'est qui ?
    - Je ne sais pas.
    - Il faut sauver le soldat Ryan !
    [BROM BROM BROM BOUM CRASH]
    L'avis de la rédaction : De mémoire de Tambour Major, jamais il ne nous avait été donné d'assister à un tel naufrage cinématographique.

    Présenté fallacieusement comme un thriller dont il effleure à peine les codes du genre, la seule angoisse du spectateur sera celle de faire un AVC en pleine séance tant ce Mother ! est mauvais.

    Éprouvant à tous points de vue, Mother ! déroule un sénario labyrinthique où les situations les plus grotesques se disputent la palme du ridicule le plus total. Embourbés dans l'invraisemblance magmatique de cette mélasse indigeste, les personnages nagent au milieu d'un bouffonnerie navrante dont le spectateur, en apnée, s'évertue à distinguer le lard du cochon.

    C'est donc en vain que l'on attendra la faille d'une intrigue qui cherche laborieusement son chemin sans jamais le trouver, au fur et à mesure que les spectateurs, bien en peine de tirer de quelconques conclusions des pseudo-indices disséminés tout au long du film, trouveront, eux, celui de la sortie de secours.

    Très éventuellement, et si vous êtes joueurs, une consommation massive de substances psychotropes permettra aux esprits les plus imaginatifs d'entrapercevoir dans Mother ! une ébauche de critique sociale de l'individualisme au sein du couple ou encore une satire laborieuse de la notoriété médiatique.

    Prenez garde, en arriver à ce point de masturbation intellectuelle signifie une seule chose : vous êtes au bord de la rupture d'anévrisme. 

    En conclusion : Si vous êtes un aventurier des salles obscures, Mother ! vous fera vivre un malaise de deux heures, une expérience SM aux confins de la mort cérébrale.

    Pour les autres, fuyez. Vraiment...

    12 septembre 2017

    T'es toujours aussi beau gosse

    15 commentaires
    Il est des personnes que le destin s'acharne à remettre sur notre route alors que l'on s'évertue à les en écarter. C. en fait partie. 

    Je n'avais en effet pas revu C. depuis un temps suffisamment long pour que je n'arrive pas à le situer chronologiquement. Était-ce il y a trois ans au retour du Québec lorsque nous partageâmes un verre dans ce bistro de la place Wilson ? Y avait-il eu une autre fois où nous nous étions vus quelque part à Toulouse ? Peut-être. Je ne le saurais dire.

    C. et moi-même nous connaissons depuis notre première année de fac. Nous appartenions au même groupe de TD et au même petit groupe de potes qui bossait souvent ensemble à la BU, qui allait parfois manger des crêpes au Sherpa et qui faisait parfois la fête quoique C. fît en réalité partie des très sages, retournant dans son Gers natal dès la fin des cours du vendredi soir. 

    Pour une raison que j'ignore, C. m'a toujours accordé un intérêt tout particulier qui ne connut jamais la moindre réciprocité. Suiveur plus que décideur, souvent dans la lune, pas vraiment beau et affublé d'une perpétuelle mauvaise haleine, C., fasciné par le gotha des têtes corronnées, se rêvait un illusoire destin à la Stéphane Bern. En somme il n'est pas vraiment le genre de personne qui me stimule intellectuellement et avec qui j'ai particulièrement envie d'échanger. 

    Le cordon qu'il avait noué entre nous a commencé à de distordre en quatrième année, à la faveur d'orientations différentes, pour se dissoudre progressivement sans pour autant totalement disparaître. Je ne sais en effet pas pourquoi je n'ai jamais vraiment réussi à couper totalement les ponts avec lui, alors que nous ne partageons strictement rien hormis un penchant commun pour les garçons.

    Je me rappellerai à cet égard longtemps de cet instant de stupeur ce fameux soir où, errant sur les réseaux sociaux de l'amour, je découvrais que C. venait tout juste de visiter mon profil, découvrant ainsi, de manière fort malhabile que nous avions ce point en commun... Lui qui, aussi loin que je m'en souvienne, avait toujours montré une certaine forme d'hostilité envers les gays. Puis, dans la foulée, entendre mon téléphone sonner, voir s'afficher son nom et son numéro de téléphone sur l'écran et sentir monter un soudain sentiment de dégoût à l'idée qu'il vienne me parler de sujets intimes à propos desquels je préférais - et préfère encore le concernant - demeurer dans la plus profonde ignorance. Je n'ai donc pas répondu.  

    Je me rappellerai également longtemps de cette sensation de dégoût visqueux m'envahissant alors que, passant devant une boutique de vêtements anglais, bien connue dans la Ville Rose, nous arrêtant quelques instants et regardant un kilt exposé en vitrine, il me mit la main sur l'épaule et me dit, les yeux pétillants d'un regard qui m'apparut alors patriculièrement lubrique : "Je suis sûr que ça t'irait super bien". N'y pense même pas mon p'tit bonhomme...

    Une distance très importante et que je croyais rhédibitoire, s'est instaurée entre lui et moi le jour où il s'est encarté politiquement. Jour à partir duquel son discours à été celui du militant de base, à ânnoner servilement la bonne parole venue d'en haut, à transformer sa page facebook en relais à la divine parole du parti, discours à l'égard duquel le peu de sens critique dont il pouvait faire preuve fut irrémédiablement aboli, malgré quelques tentatives de provoquer un soubresaut de lucidité élémentaire. En vain. 

    C'est donc à partir de ce moment que je l'ai supprimé de mes contacts, actant que, non, nous n'avions vraiment rien à nous dire et qu'il n'était pas nécessaire de prolonger davantage l'illusion d'une amitié chimérique, artificiellement maintenue en vie alors que la mort cérébrale en était actée depuis fort longtemps. Je croyais  donc C. sorti définitivement de ma vie et je m'en portais très bien. Jusqu'à jeudi dernier. C'était en effet sans compter que Toulouse est un grand village où il est facile de croiser des personnes que l'on connaît, plusieurs fois par jour. 

    Jeudi dernier je remontais donc la rue de la Pomme pour me rendre à la Halle aux Grains. Pour ceux qui ne connaissent pas la rue de la Pomme, elle est plutôt étroite et il est difficile de passer à côté de quelqu'un sans le voir. Or, allant de bon chemin vers un concert qui m'attendait, voilà que je croise au loin le regard de C. qui m'avait vu et s'approche de moi en arborant un immense sourire, tel un gamin devant une pochette surprise. Hé merde.

    Je ne peux pas dire que cela m'a déplu de le recroiser. Je n'ai rien contre lui. Le fait est seulement que nous n'avons rien à nous dire, ce que notre brève conversation de l'instant allait à nouveau démontrer, comme par un puissant effet boomerang. 

    Tout en discutant distraitement, il me dévisageait, me scrutait un peu lourdement, de ce même regard dont je le savais capable depuis l'épisode du kilt. Il a cru m'apprendre qu'il avait acheté un appartement, ce dont j'étais déjà au courant depuis 2 ans - et comment ne pas l'être alors qu'entre deux communiqués de presse du parti, sa page facebook était inondée de photos des travaux ? - qu'il était suppléant syndical dans sa boîte et élu au conseil syndical de son immeuble. G.É.N.I.AL. Il crut également de bon ton d'ajouter qu'il était de nouveau célibataire et que, de ce fait, il faisait des plans. Qu'il est doux de parfois demeurer ignorant.

    Ivre de ce surcroît d'informations dont je ne sais toujours pas que faire, C. a vérifié qu'il avait toujours mon numéro de téléphone - oui, il l'avait -  et m'envoya sur le champ un sms avec ses nouvelles coordonnées pour qu'on aille prendre un verre un jour prochain, quand j'aurai un peu plus de temps. Il m'a fait promettre de l'appeler. Je m'en réjouis d'avance. Ceci dit, je lui avais également promis de me rendre à sa soirée de crémaillère en novembre ou mars dernier, et à laquelle je ne me suis jamais rendu...

    Avant de nous séparer, il m'asséna un ultime "Tu es toujours aussi beau gosse" qui, de sa part, eut le même effet que de recevoir une batterie de voiture sur le gros orteil. Je n'ose imaginer qu'il pourrait s'agir d'un appel du pied.

    On ne devrait jamais emprunter les ruelles étroites.

    3 septembre 2017

    Max Frisch, l'espoir et moi

    0 commentaire
    Max Frisch, Quatrième questionnaire, 1968.

    1. Savez-vous en règle générale ce que vous espérez ?
    La question est vraiment trop générale pour appeler une réponse précise. Et comme elle ne l'est pas, je répondrait hors de tout contexte spécifique, c'est à dire "savez-vous ce que vous espérez en général lorsque vous faites ceci ou lorsque vous faites cela". 

    Alors, de manière générale, non, je ne sais jamais précisément ce que j'espère et, à vrai dire, je ne m'étais jamais posé cette question auparavant. J'avance, un peu au jour le jour en me fixant de petits objectifs réguliers, des points de mire tels qu'un rendez-vous, un concert, une sortie, des vacances. Je ne crois pas espérer continuellement quoi que ce soit. Sauf à dire que ces petits objectifs constituent des espoirs. Je n'ai en revanche pas de grands espoirs qui engageraient l'avenir de l'humanité ou une destinée particulière. Ma foi en l'humanité est relativement ténue en ce sens que je fais assez peu confiance à l'Homme pour se sauver lui-même. Nous allons droit vers le désastre et rien ne nous permettra de l'éviter.

    La question est d'ailleurs quelque peu étrange : la posture qui consisterait à se demander constamment ce que l'on espère serait particulièrement étouffante car elle sous-entendrait que l'on serait en permanence en train de s'interroger sur le bienfondé de nos actes et leurs répercussions, que l'on s'interrogerait à longueur de temps sans laisser les choses se dérouler par elles-mêmes selon la fluidité insouciante et l'imprévisibilité inhérentes à la vie, comme s'il était absolument nécessaire que notre existence ait une direction que l'on connaisse et dont on aspire à la réalisation. Or je n'y crois pas.

    Je crois davantage en une pluralité de possibles dont la réalisation passe à portée de notre main et dont il nous appartient de saisir les opportunités lorsqu'elles se présentent, faisant de notre destin non pas une ligne droite mais un réseau, un buisson aux ramifications multiples et aux terminaisons indénombrables. 

    Cette question me fait penser à celle que j'ai entendue poser voici deux ou trois semaines par un cartomancien à une jeune femme : "Quel est le secret intime de votre avenir ?". Cette dernière  m'a réellement interpelé. Je ne suis pas sûr d'en avoir d'avantage la réponse...

    2. Combien de fois faut-il qu'un espoir déterminé (par ex en politique) ne se réalise pas pour que vous abandonniez l'espoir en question, et y parvenez-vous sans concevoir immédiatement un autre espoir ?
    Ce n'est pas tant une question de nombre de fois qu'une question de prise de conscience. Je suis quelqu'un de plutôt tenace et lorsque je désire quelque chose, je suis du genre à pouvoir m'y casser les dents à de multiples reprises jusqu'à y parvenir.

    Par conséquent la seule chose qui me fasse renoncer est de comprendre que cet objectif est irréalisable, pour diverses raisons : soit que je n'en aie pas les capacités physiques, techniques, financières ou intellectuelles, soit que je ne puisse réellement avoir aucune emprise sur quoi que ce soit qui puisse me permettre de réussir. Parfois, dans mon aveuglement, les voix amicales de la sagesse me sont salutaires...

    Y parviens-je sans concevoir immédiatement un autre espoir ? Oui, je le crois. Enfin, je triche : je regarde souvent dans plusieurs directions à la fois de sorte que lorsqu'une branche se rompt, je m'étais préalablement agrippé à une ou plusieurs autres au préalable.

    3. La haine peut-elle engendrer un espoir?
    La haine est hélàs le fondement de beaucoup d'espoirs. Certains en font même une raison de vivre.

    4. Pouvez-vous penser sans espoir ?
    Absolument et heureusement, pour la simple et bonne raison que j'ai peine à croire que l'espoir puisse ne plus exister, à l'image de la liberté. Espérer est un choix, une attitude, non pas un état objectif des choses. 

    On peut toujours espérer quelque chose, même l'impossible. C'est le fondement même de la foi.

    En outre et surtout, à mon sens penser, réfléchir, ne suppose nullement l'existence d'un espoir quelconque. Élaborer un raisonnement repose d'abord sur de la logique, une structuration de la pensée, quitte à soutenir l'insoutenable s'il n'existe aucun autre moyen de s'en sortir. C'est la base même de certaines professions.

    5. Qu'est-ce qui vous remplit d'espoir : la nature ? l'art ? la science ? l'histoire de l'humanité ?
    Ayant assez peu de foi en l'homme, la science et l'histoire de l'humanité sont peu enclines à me faire trouver de l'espoir. L'histoire démontre en effet que nous ne tirons que peu d'enseignements des erreurs du passé, de nature à éviter de les commettre à nouveau. L'humanité contemporaine est trop tirailllée par des intérêts égoïstes immédiats qui lui permettraient de se projeter réellement dans un avenir proche et à faire le nécessaire. L'histoire nous alarme mais ce n'est pas l'histoire qui décidera pour nous.

    De même, la science m'émerveille et me terrifie à la fois. Les progrès fulgurants réalisés depuis les cinquante dernières années, dans tous les domaines de la science, ont de quoi donner le vertige. Que l'on songe à l'évolution de la médecine et au traitement de certaines maladies, naguère mortelles, aujourd'hui devenues quasiment bénignes ; à la révolution qu'a permis l'informatique et le traitement de l'information, le stockage infini des connaissances et leur partage instantané à travers la planète entière en une fraction de seconde. Ou tout simplement au réfrigérateur qui permet de s'abstraire de la question vitale de la conservation de la nourriture et qui contraignait nos arrières grands-parents à une gymnastique toute singulière qui nous est aujourd'hui parfaitement inconnue. Oui, cela est réellement fabuleux, prodigieux. 

    Pour autant, la science m'effraie car, l'histoire nous l'a montré, il suffit de peu de choses pour que le plus beau des projets soit détourné de son innocence apparente au profit de noirs dessins. Ainsi il y a quelques semaines, un twittos interpellait Google et son dernier produit domotique "Google Home" en lui demandant si, en apprenant à sa machine à mieux lui obéir en reconnaissant sa voix et ses ordres, il n'était pas en réalité en train d'éduquer une intelligence artificielle à vocation militaire... Pour paranoïaque qu'elle soit, la question mérite d'être posée du véritable usage des données fournies, comme elle demeure pleine et entière s'agissant de l'ensemble des données personnelles éparpillées sur la toile.

    Je passe un peu du coq à l'âne mais cela me fait penser à une réflexion de Hubert Reeves à la radio et qui disait en substance que la technologie nucléaire est trop grande pour l'humanité qui ne sait pas la maîtriser.

    Alors pour résumer, non la science ne me remplit pas d'espoir. Elle m'émerveille et c'est déjà beaucoup.

    L'art me réconcilie parfois avec l'Homme. Le beau, l'expression de l'inexprimable, que ce soit par un texte aux mots choisis, une sculpture, un dessin ou un morceau de musique, relève à mes sens d'une forme de transcendance. Dire que l'art me procure de l'espoir serait quelque peu excessif. Et pourtant, de par la joie intense qu'il est capable de me donner, je dois me résigner à dire qu'il me donne une certaine forme d'espoir. Les artistes sont des utopistes, des faiseurs d'impossible. Les utopies font avancer le monde. Pour son bien ?

    S'il est en revanche une chose qui me donne de l'espoir, c'est bien la nature. Je crois que l'humanité gagnerait énormément à comprendre qu'elle n'est une partie - parfaitement accessoire - d'un tout. qui la dépasse. L'Homme se comporte tel un moucheron prétentieux. C'est une pensée qui me traverse souvent lorsque je me promène en montagne : que sommes-nous au regard de ces sommets éternels ? Cet arbre sera encore là après ma mort, ce rocher aussi... Ces prairies voyaient courrir des isards et des marmottes il y a plusieurs milliers d'années. Qu'en sera-t-il dans cent ans ? dans mille ans ? dans dix mille ans ? La nature qui nous entoure était là avant nous et, même si notre espèce venait à disparaître, maltraitée ou non, tant bien que mal, elle nous survivra. La vie trouve toujours son chemin.

    6. Les espoirs personnels vous suffisent-ils ?
    Mes espoirs personnels ne sont pas bien originaux. Sans entrer dans les détails, ils consistent en des choses simples qui permettent de garder le cap, de ne pas perdre pied : espérer continuer à être en bonne santé demain, gagner assez d'argent pour ne pas tomber dans la précarité, espérer en la fidélité de mes amis et en une certaine forme d'insouciance qui fait que la vie est belle.

    Poser la question des espoirs personnels, c'est aussi poser la question des espoirs collectifs, des espoirs que fondent les autres ou de ceux auxquels nous nous associons. Je parlerai alors non pas d'espoirs mais d'idéaux. Or je ne crois pas être un grand défenseur d'idéaux en ce sens que je n'ai pas l'âme d'un militant

    Oui, évidemment je souterais la paix dans le monde. Oui, bien sûr je souhaiterais que l'Humanité cesse de détruire la planète. Encore une fois, oui je souhaiterais que tout le monde puisse manger à sa faim. Sauf qu'il m'est impossible à moi seul de changer la face du monde. Je ne suis doté d'aucun super-pouvoir. Je crois d'avantage en des effets à petite échelle, chacun agissant en conscience selon sa mesure et ses capacités. C'est de la multiplicité des actions concrètes que viendra un changement des choses.  

    7. Espérez-vous qu'il y ait un au-delà ?
    Vaste question. Après l'avoir tordue dans tous les sens et malmené toutes les réponses que j'ai pu lui apporter, je dirais oui. Parce que je suis convaincu que l'univers ne se limite pas à ce que nos sens permettent d'appréhender. Parce que je crois en une transcendance. Parce que l'idée d'un au-delà est vertigineusement étourdissante.

    Pour être précis, je ne sais pas si un au-delà existe. Est-ce que j'espère qu'un au-delà existe, vraisemblablement, sans pour autant que j'y croie avec une détermination farouche. Cela dit, cette posibilité serait excitante.

    8. En fonction de quoi réglez-vous vos actions, décisions, prévisions, réflexions quotidiennes si ce n'est en fonction d'un espoir vague ou précis ?
    Mes actions quotidiennes sont d'abord réglées sur les règles du jeu social, selon un certain conformisme inculqué par la bonne éducation de mes parents, et corroborées par des valeurs morales reçues en héritage familial.

    Au-delà de ce premier aspect des choses, effectivement mes actions quotidiennes sont réglées, guidées par les nombreux petits objectifs dont je parlais plus haut en question n°6. 

    Des petits espoirs qui, mis bout à bout, forment peut-être le chemin d'un vie.

    9. Avez-vous déjà été une journée ou une heure effectivement sans le moindre espoir, y compris sans l'espoir que tout finisse un jour, du moins pour vous ?
    Jamais. En éternel optimiste, l'absence d'espoir en quoi que ce soit m'est inaccessible.


    Et vous, que répondriez-vous ?

    25 août 2017

    Tambour Major et le cromlech du col de Pierrefite

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    Décidément l'année 2017 sera placée sous le signe des cromlechs, ces alignements mégalithiques protohistoriques, généralement disposés en cercle, datés d'entre 2000 et 3000 avant notre ère, et dont ignore encore aujourd'hui la fonction exacte. Après avoir découvert en avril dernier ceux de la montagne d'Espiau, voici que mes pas m'ont tout récemment conduit au cromlech du col de Pierrefite, aux confins de la Haute Garonne et des Hautes-Pyrénnées.

    Situé à 1855 mètres d'altitude, l'accès à ce cromlech se fait de diverses manières. Soit en montant au Mont Né en arrivant du Bourg-d'Oueil (compter une bonne heure et demi de grimpette), soit en suivant sur 2 Km la piste qui part depuis le col de Balès - que les plus courageux grimpent à vélo.

    Pour par part, j'y suis parvenu au terme d'une très jolie randonnée sous forme de boucle partant du Bourg-d'Oueil, évoluant peu à peu dans les estives rythmées par le joyeux tintinabulement des vaches en villégiature en cette saison. Au fur et à mesure que l'on s'élève au milieu des odorantes prairies de bruyère, le paysage se dévoile et avec lui une vue incroyable sur une vaste portion des Pyrénnées.

    Au bout de quelques trois heures et demi de marche, la stature du cromlech apparaît au loin. Celui-ci est très beau, doté d'un mégalithe central d'environ un mètre quatrevingt. Là encore, c'est assez intrigant de se dire qu'il y a plusieurs millénaires des hommes se réunissaient ici, au milieu de pas grand chose...


    Vaguement anthropomorphique, l'allure de la pierre centrale évoquerait, selon les croyances locales, une bergère pétrifiée avec son chien et ses moutons. Les fées (les hadas, en patois) et leurs enfants (les hadeths) y viendraient la nuit, dit-on, danser autour...

    Ce cromlech est, en effet, au coeur de croyances locales encore vivaces. Il paraît que jusque dans les années 1950, les filles en quête d'un amoureux ou les femmes en mal d'enfant, allaient l'embrasser en chantant une chanson que rapporte Isaure Gratacos, fine connaisseuse des contes et légendes populaires des Pyrénnées : 
    "Peira Hita, bailha me 'ra pica hita"
    Pierre dressée, donne-moi une pine dressée.
    ou cette variante plus policée : 
    "Peira hita, peira bendita, balha me un peiro aireter"
    Pierre dressée, pierre bénie, donne-moi un bel héritier.
    Cela devait avoir quelque chose d'assez folklorique - et de transgressif au regard de la religion dominante - que de venir ici faire une ronde magique autour de ces pierres muettes pour leur demander un coup de bite fécond. Était-ce déjà ce que leur demandaient nos ancêtres il y a 2000 ans ? Peut-être faut-il le demander aux fées. 

    23 août 2017

    L'illusion de l'ombre

    7 commentaires
    Encore une fois tu t'es laissé bercer par des illusions. Tu es si naïf... Pourtant tu avais vu le vent tourner, les choses se dessiner progressivement autrement que de la manière dont tu les avais envisagées au premier abord. Comme des aspérités sur une feuille de papier glacé, tu as senti le discours de l'autre progressivement s'étioler, la trame de départ se défaire, le dessin se transfigurer. Changer.

    Tu n'as cependant pas voulu rebrousser chemin, ce qui t'a valu encore une fois - putain que tu es con - mille et une questions inutiles car tout était devant toi que tu n'as pas voulu voir. 

    Les faits étaient pourtant sous tes yeux, hurlant leur vérité de toute la force dont ils étaient capables. Encore une fois tu t'es laissé bercer par l'illusion de l'ombre. Et elle t'a mordu. Fort. 

    Maintenant tu as mal, blessé dans ton orgueil, ton aveuglement, ta folie, ta détresse. Tu te sens terriblement seul. Tes bras étouffent de cet océan de tendresse tendu vers le vide et auquel rien ni personne ne répond. Le néant crépusculaire que tu laisses autour de toi.

    A t'être trop caché dans l'ombre par peur d'avoir mal, tu as oublié qui elle était vraiment. Il est peut-être temps de te montrer et de sortir de certains méandres dans lesquels tu aimes à te volatiliser pour y devenir impalpable.

    Réveille-toi...

    15 août 2017

    La photo du mois : Effet gyroscopique

    17 commentaires
    Bonjour à tous, nous sommes déjà le 15 Août et c'est l'heure de notre rendez-vous mensuel avec la photo du mois.

    Je vous rappelle le principe du jeu : chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Ce mois-ci CécileP a choisi un thème particulièrement difficile qui en a découragé plus d'un, puisqu'il s'agit de"Effet Gyroscopique"... rien que cela !

    Les indications pour bosser sur ce thème étaient les suivantes :
    C'est un effet qui apparaît à partir de 30 km/h et qui permet de tenir en équilibre. Il est rencontré dans différentes situations, à vous de trouver votre effet gyroscopique. 
    Voilà voilà voilà... Bon, j'aurais préféré un thème un peu plus simple et évident (c'était l'idée de départ de Olivier lorsqu'il a crée ce groupe, je vous renvoie à mes premières contributions sur ce point) comme Bleu, Rouge, Eau, Ca tourne... Mais non, pour cette fois-ci ce sera Effet gyroscopique. Qui sait, peut-être le mois prochain aurons-nous à traiter de la constante d'Avogadro ou des ensembles booléens... Mais en attendant, ce sera de l'effet gyroscopique dont il s'agit.

    Longtemps - jusqu'au 14 en fin de journée - je suis demeuré dans une abyssale perplexitude face à ce sujet dont je ne savais que faire et encore moins comment le prendre en photo. À moins de botter en touche...

    J'en étais à un point de désespoir proche de l'anéantissement le plus total lorsque soudain, pris d'un fulgurant éclair de génie, je me suis livré à cette petite expérience inédite que vous pouvez reproduire chez vous.

    1. Protocole expérimental :

    Soit un chat C, de corpulence moyenne, tendance princesse, option angora.
    Soit une banquette B de couleur bordeaux, d'un moelleux stardard.

    Disposons tout d'abord le chat C sur la banquette B.

    Appliquons maintenant une rotation R au chat C posé sur la banquette B de sorte à lui imprimer une force gyroscopique Fg qui devrait le maintenir en position statique Ps selon l'équation suivante :

    ∑[CB)]^ Fg  => Ps

    Que constate-t-on ?

    2. Constatations

    Malgré tous nos efforts, nous observons que le chat C n'est absolument pas réceptif à la force gyroscopique Fg qui devrait le maintenir en position statique Ps.

    Pire, le chat C entre dans un état de flasquitude Ef qui frise l'insolence...

    La preuve en image :
    Fig 1 : Le chat C dans un état de flasquitude insolente (Ef),
    n'est pas DU TOUT réceptif à l'effet giroscopique (Eg).
    3. Conclusion : Le chat C n'est pas du tout réceptif à l'effet gyroscopique Eg. Il semble que la force d'inertie Fi de le chat C absorbe toute veilléité rotationnelle et, de fait, toute propention à gyroscoper...

    Étonnant non ?

    Voilà, j'espère que cette petite expérience vous a plu et que vous en savez désormais d'avantage sur l'effet gyroscopique, très brillament illustré ce mois-ci (mais si, mais si).

    Le mois prochain, grâce à le chat, nous démontrerons la constante de Planck.

    Et ceux qui pourraient penser que le chat - que l'on voit beaucoup ces derniers temps dans la photo du mois - n'est qu'un prétexte à raconter n'importe quoi, sont des affreux jojos qui sentent mauvais des pieds. Na !

    La photo du mois continue chez les téméraires participants de ce mois-ci : Akaieric, Alban, Alexinparis, Amartia, Aude, BiGBuGS, Blogoth67, Brindille, Cara, Chiffons and Co, Christophe, Cricriyom from Paris, CécileP, Céline in Paris, Danièle.B, DelphineF, El Padawan, Escribouillages, François le Niçois, Frédéric, Gilsoub, Gine, Giselle 43, J'habite à Waterford, Josiane, Kellya, Krn, La Fille de l'Air, La Tribu de Chacha, Lau* des montagnes, Laurent Nicolas, Lavandine, Lavandine83, Lilousoleil, Lyonelk, magda627, Magouille, Mamysoren, Mirovinben, Morgane Byloos Photography, Nicky, Pat, Philae, Philisine Cave, Pilisi, Renepaulhenry, Shandara, Sous mon arbre, Xoliv', écri'turbulente.

    NB : Aucun chat C n'a été blessé lors des expérimentations relatées dans ce billet.

    11 août 2017

    Tom Of Finland - Le biopic

    6 commentaires
    Tom Of Finland
    Réalisé par Dome Karukoski.

    Avec : Pekka Strang, Lauri Tilkanen, Jessica Grabowsky...

    Genre : Biopic avec des dessins de gros zizis dedans.

    Durée : On ne t'a jamais dit que ce n'est pas la taille qui compte ?

    Synopsis : Dans la Finlande des années 1940, alors que RuPaul et Priscilla n'avaient pas encore été inventés, l'homophilie est encore plus répréhensible qu'être hipster ou que de porter des chaussettes avec des claquettes. Alors Touko se cache, comme tous ses semblables.

    En effet, Touko Laaksonen a deux passions dans la vie : sucer des bites et dessiner. Sur le front de guerre où il est mobilisé, il enfile l'uniforme d'officier, à défaut de pouvoir enfiler autre chose... même si le soir venu les buissons bruissent de murmures familiers.

    De retour au bercail la guerre finie, Touko est un simple dessinateur pour une agence publicitaire, propre sur lui et bien sous tous rapports. En apparence seulement car entre deux promenades nocturnes dans les parcs à observer les beautés de la faune locale, tout en évitant les policiers qui ont la matraque passablement facile, Touko danse la carioca dans des salons privés et dessine en secret des grosses brutes aux gourdins turgéscents. Mordu tout petit par un crayon radioactif, Touko est en effet doté d'un super pouvoir : celui de faire instantannément gonfler l'entrejambe de ses correligionnaires grâce à ses dessins de messieurs puissamment membrus.

    Touko Laaksonen ne le sait pas encore mais il sera... Illustrator Tom Of Finland ! 

    Extraits [attention, divulgâchages] :
    - Garde à vous !
    - Ho le gros canon que voilà...
    - Bonsoir, vous aimez les films de gladiateurs ?
    - Non, je chasse le faisan.
    - Was is das ?
    - Das ist eine grosse bite...
    ♪♫ Young man, there's no need to feel down
    I said young man, pick yourself off the ground
     ♪♫
    - Toc toc toc ?
    - Cours Forest, cours !
    - Vous aimez la chasse au faisan ?
    ♪♫ BoooOooorn in the U.S.A.♪♫ 

    L'avis de la rédaction : Avant de voir ce film je ne connaissais rien de la vie de Touko Laaksonen, alias Tom Of Finland, hormis les dessins très ronds de ses grosses brutes abondamment membrées à la sexualité décomplexée. Et je dois dire que, grâce à ce film, j'ai beaucoup  appris, tant sur la vie de Touko que sur ce que pouvait signifier être gay dans un pays où l'homosexualité était une grave infraction pénale.

    Plutôt contemplatif, servi par une photographie absolument magnifique, parfois cru sans jamais être gratuitement vulgaire, Tom Of Finland nous plonge dans la génèse du personnage de Tom et nous dévoile comment Touko, dessinateur publicitaire, deviendra le célebrissime Tom Of Finland au gré de ses déboires, de la découverte fortuite de sa notoriété hors de son pays, en même temps qu'il offre une formidable plongée dans l'histoire de la culture Gay, de ses codes et de ses angoisses des années sida. 

    Le biopic nous renvoie en effet à cette époque pas si lointainte où être gay pouvait signifier courir le risque de se faire casser la gueule à tout moment, où la seule manière de vivre sa sexualité était de se cacher de tout le monde, de vivre dans la peur quotidienne des arrestations musclées et des déscentes de police. Une époque où, loin des applications téléphoniques modernes, recontrer d'autres garçons était toute une aventure. Le film a au moins cette vertu pédagogique de montrer dans toute sa violence le quotidien des homosexuels d'alors. Un passé qui n'est qu'à un jet de pierre de notre présent. Ne l'oublions pas, à défaut de l'avoir vécu.

    Corrolairement, j'ai également beaucoup appris sur le sens de l'oeuvre de Tom, sur le pourquoi de ses personnages de bûcherons, de policiers à moto, de marins et motards habillés de cuir, et du mythique Kake dont on saluera les apparitions ponctuelles. 

    En effet, au-delà de l'obsénité apparente des dessins pornographiques à vocation notamment masturbatoire de Tom, se cache la souffrance et la frustration d'un homme et, avec lui, de milliers d'autres à qui la loi interdisait de vivre librement leur sexualité. Dessiner ses fantasmes les plus fous, à défaut de pouvoir seulement les effleurer du bout des mains, pour ne pas devenir complètement fou tant l'oppression sociale est pesante. Situation effroyable lorsque l'on y pense. Le film est à cet égard indispensable.

    Tom Of Finland pêche toutefois à de multiples égards. Ainsi l'on regrettera que la relation ambiguë de Touko avec sa soeur ne bénéficie pas de plus amples développements. C'était pourtant un axe très interessant et probablement fort instructif sur l'arrière plan socio-culturel de la Finlande de l'époque et, par extrapolation, de certainement beaucoup d'autres pays dont le nôtre. De même, la mort de son compagnon est étrangement expédiée en quelques secondes seulement. La question du dénouement de ses déboires financiers et de la gestion de sa notoriété aurait également pu recevoir quelques éléments explicatifs complémentaires... 

    Surtout, loin de retracer toute la vie de Touko, Tom Of Finland  s'arrête en 1978, limitant son propos à la seule génèse de celui qui sera, par la suite, mondialement connu sous le pseudonyme de Tom Of Finland. Soit... Nous ne saurons donc rien de ce qu'il est advenu ensuite tant de la communauté homosexuelle en Finlande dont les dessins de Tom ont chamboulé partout ailleurs les codes, ni de la réception mitigée de son oeuvre par ses pairs. Malgré les deux heures que dure le film, il y aurait pourtant eu encore beaucoup à dire. 

    En conclusion : Sans être un grand film et à défaut d'ètre complet, Tom Of Finland ouvre une fenêtre bienvenue sur un dessinateur complètement culte et incontournable de la culture Gay, et nous replonge avec effroi dans une période charnière qui - même si ce n'en est pas le sujet - a vu naître la Gay-Pride, manifestation dont on comprend toute l'importance qu'elle pouvait revêtir alors et dont on mesure d'autant mieux le sens à lui donner aujourd'hui. Et rien que pour cela, ce film mérite d'être vu par tous.

    Note de la rédaction : Jockstrap en zèbre mention bottes de cuir.

    1 août 2017

    #Radioblogueurs2017 : Respirez !

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    Fichtre diantre ! Nous somme déjà le 1er août (déjà ? Oui, déjà !) la Radio de l'été des Blogueurs (les règles du jeu sont ici) a ouvert ses ondes depuis plus d'un mois et demi et je n'ai toujours pas remis ma contribution...

    Taggué par Nekkonezumi qui me refile la gamelle croquettes chaudes (non je ne proposerai pas le Duo des chats de Rossini, même dans cette version drôlissime) et sommé par le taulier de me tenir à carreau sous peine de représailles (ben quoi, elle était bien ma contribution de l'an dernier, non ?) ma participation de l'été 2017 sera donc un peu plus sage.

    Elle sera à l'image de mon weekeend en famille : plein de douceur,  d'enfants qui sautent dans la piscine, de soirées dans le jardin, de grillades au feu de bois, de nuits étoilées, de soleils couchants et de discussions jusqu'à pas d'heure à parler de tout, de rien, du sens de la vie, du temps qui passe, des souvenirs d'enfance, et de mille autres choses sans importances et donc parfaitement fondamentales...

    Une bouffée de sérénitude dans un océan de stress quotidien. Just breathe... Ca fait un bien fou.

    Télépopmusik : Breathe



    25 juillet 2017

    Je reviendrai à Montréal...

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    Nous ne nous étions pas revus depuis mon départ de Montréal en novembre 2014. Le temps passant, nous avons repris contact, à son initiative. Et quoique nous discutions de temps à autre soit par textos soit via Facebook, le voir à nouveau, lui parler pour de vrai, avait quelque chose d'effrayant. 

    La peur de l'affronter ? La crainte de voir remonter le goût amer de l'inachèvement ? Raviver des souvenirs auxquels j'ignorais si j'étais prêt à faire face ? Peut-être un peu de tout cela à la fois. 

    Toujours est-il que cela fait onze jours que nous nous sommes revus et que je me dis que je dois écrire ces retrouvailles. Pourtant j'ai bien du mal à les raconter et c'est à reculons que je ne suis mis au clavier, écrivant tout dabord aux forceps.

    Probablement parce qu'au-delà des apparences, elles n'étaient pas parfaitement anodines, ces retrouvailles. 

    Pourtant tout s'est très bien passé, malgré mon appréhension initiale et des contre-temps - actes manqués ! - qui en ont retardé l'heure. Je l'ai retrouvé, lui et son mari (ils se sont mariés en avril dernier) devant le Musée des Augustins, par une belle journée ensoleillée. Le premier contact fut excellent, franc, direct, même si peut-être un tout petit peu forcé, probablement pour ne laisser aucune chance à une éventuelle distance de s'installer, ou pour mieux volatiliser immédiatement la glace. Ensuite tout s'est fait spontannément.

    Marchant dans la ville en ce jour de fête nationale, nous avons je crois retrouvé cette belle complicité mutuelle jusque dans nos conneries respectives. Cela m'a fait du bien, et à lui aussi. La soirée devait se passer autour d'un bon repas sur la terrasse d'un ami commun dominant la ville, à évoquer les souvenirs du Québec, prenant des nouvelles des uns et des autres, riant... Une belle soirée.

    "Ca ferait plaisir à beaucoup de monde que tu reviennes au Québec" m'a lancé son mari avant que je ne les dépose plus tard devant leur hôtel. Cela m'a fait plaisir. Vraiment. Encore une fois, comme je l'écrivais il n'y a pas longtemps à propos de quelqu'un d'autre, il y a quelque chose de rassurant de savoir que dans leur regard et dans l'affection qu'ils me portent, je ne suis pas un si mauvais type.

    Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement - Et les mots pour le dire arrivent aisément écrivait Boileau. Force est donc d'admettre que je ne parviens pas à mettre en perspective ni à donner une signification exacte à cette journée. Même s'il ne raconte rien de bien palpitant, il me fallait écrire ce billet, au moins pour moi. Pour laisser une trace. Comme un marche-pied dont j'avais besoin pour avancer.

    À bien y réfléchir, au-delà de lui et moi, ces retrouvailles sont probablement une clé, l'amorce d'une réconciliation de moi-même avec un passé sur lequel j'avais plus ou moins inconsciemment mis une chappe de  granit, pour mieux avancer en ne regardant pas trop derrière moi. Je garde en effet des souvenir fabuleux de Montréal et du Québec : le parc Maisonneuve, les rues de Little Italie, les répétitions de chant le jeudi soir avec le Choeur d'Été de Montréal, les randonnées à vélo le long du Canal de Lachine, la pout(z)ine, le Lac Bouchette et les moines Capucins, le langage fleuri de la Belle Province, les soirées entre amis avec lesquels j'ai gardé contact... 

    Laissant le temps faire son oeuvre et polir les pierres encore anguleuses il est temps de raviver tout cela, d'intégrer ce passé vivant dans mon présent et non plus de le reléguer dans une petite boîte dont je ne m'autorisais pas à soulever le couvercle. La boîte de Pandore n'est pas celle-ci qui est, au contraire, vertueuse. Je suis ce que j'ai vécu, aussi.

    On récolte ce que l'on sème, commentait un jour un courageux anonyme sous l'un de mes billets. Je dois admettre que jusqu'à présent la moisson est loin d'être mauvaise.

    Une chose est désormais sûre : je reviendrai à Montréal..
    Sur un Boing bleu de mer...

    15 juillet 2017

    La photo du mois : Provocation

    14 commentaires
    Bonjour à tous, nous sommes déjà le 15 Juillet et c'est l'heure de notre rendez-vous mensuel avec la photo du mois.

    Je vous rappelle le principe du jeu : chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Ce mois-ci Morgane nous propose le thème "Provocation", dans tous les sens du terme.

    Ce thème un peu ardu a causé pas mal de défections dans les rangs de la photo du mois et je reconnais avoir séché un bon moment. C'est finalement ma mère qui, sans le vouloir, m'a fourni la photo de ce mois-ci.

    Remettons-nous dans le contexte : par une dure journée de labeur avec ma conn mon hystérique de patronne, mon téléphone vibre au beau milieu de l'après-midi : ma mère vient de m'envoyer un message. Oué, elle est super moderne ma maman.

    Je l'ouvre (le message, pas ma maman ! suivez un peu...) et découvre une photo de le chat en train de n'en foutre pas une, assortie de cette légende :

    "la vie est dure..."

    Décryptons ensemble cette photo anodine :


    Voilà... elle est vachement dure la vie ! Pendant que certains s'escriment au boulot pour payer les croquettes, d'autres se la coulent douce en faisant bronzette sur le balcon.

    Si ça c'est pas de la provocation ...!?

    Vous constaterez au passage que Gaudi, alias Miss Fluffy qui règne en despote éclairé sur une maisonnée composée de deux humains corvéables à merci et d'un labrador un peu idiot martyrisable à la demande, se porte à merveille...

    La photo du mois continue sur les autres blogs participants : Akaieric, Alban, Alexinparis, Amartia, Aude, Autour de Cia, BiGBuGS, Blogoth67, Brindille, Cara, Carole en Australie, Chat bleu, Chiffons and Co, Christophe, CécileP, Céline in Paris, Danièle.B, DelphineF, El Padawan, Escribouillages, Eurydice, Evasion Conseil, François le Niçois, Frédéric, Gilsoub, Gine, Giselle 43, J'habite à Waterford, Jess_TravelPicsAndTips, Josiane, Kellya, Krn, La Fille de l'Air, La Tribu de Chacha, Laurent Nicolas, Lavandine, Lavandine83, Lilousoleil, Lyonelk, magda627, Magouille, Mamysoren, Mirovinben, Morgane Byloos Photography, Natpiment, Nicky, Philae, Philisine Cave, Renepaulhenry, Shandara, Sous mon arbre, Ventsetvoyages, Xoliv', écri'turbulente.

    10 juillet 2017

    Visages Villages

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    L'idée de départ était bonne : partir à la rencontre des gens et leur proposer de participer à une œuvre collective, de créer du beau ensemble, d'être partie prenante d'une œuvre dont ils seraient tout autant l'objet que les acteurs, mettre tout cela en images et en effectuer des collages géants offerts au regard de tous. 

    Oui, faire s'entrechoquer la vision du petit rat des villes (JR) avec celle la petite souris des champs (Agnes Varda) partait d'une très bonne idée qui aurait pu donner un résultat réjouissant et vivifiant, tonique et coloré. 

    Mais comme souvent, une bonne idée ne suffit pas pour faire un bon film, ce que Visages Villages démontre, hélas, à ses dépens. Malgré sa durée très raisonnable, je me suis vite ennuyé, par manque de rythme et par manque d'intérêt.

    La toute première chose qui dérange fortement provient de la diction  très scolaire des deux protagonistes. Ainsi JR qui donne l'impression de lire son prompteur avec application, sans comprendre le sens des phrases prononcées, selon une intonation complètement hors cadre et particulièrement dérangeante pour un film plutôt descriptif. Ce n'est qu'un détail mais il est suffisamment important pour m'avoir un peu bloqué et fait régulièrement décrocher : on n'y croit pas. Et cela commence mal.

    Hormis ce défaut de forme, Visages Villages pèche surtout par un manque cruel de fond. Parce que malgré quelques jolies saynètes, le film effleure à peine la surface des choses pour au final ne rien raconter qui ne prenne aux tripes.

    Alors que la ligne conductrice du film est la rencontre, force est de constater que des rencontres, certes on nous en propose un certain nombre mais tout cela reste éperdument artificiel, comme si au fond il y avait là un prétexte et non pas une fin.

    Je demeure en effet songeur sur le regard porté par JR et Varda sur le monde qui les entoure. "Ah ! je t'ai bien compris, sauvage voyageur, Et ton dernier regard m’est allé jusqu'au cœur !" écrivait Alfred de Vigny dans La Mort du loup. Or, si la seconde voit flou, du premier nous ne croiserons jamais directement le regard, continuellement masqué par ses lunettes noires, nous privant ainsi d'une rencontre essentielle au film : celle du public avec celui qui lui parle...

    De tous ces gens croisés au long de la petite heure trente que dure le film, nous n'apprendrons au final pas grand-chose. De la dernière habitante du coron, nous ne retiendrons tout juste que le prénom. Son âge ? Sa vie ? Ses enfant ? Ses espoirs ? Ses rêves ? Rien... hormis le fait qu'elle est la dernière habitante de la rue et qu'il est probable "qu'ils" rasent sa maison. L'art est politique, nous dit-on à plusieurs reprises. On aurait alors aimé un brin plus d'engagement. 

    Et c'est là le défaut, certainement majeur, de Visages Villages. Pour formuler exactement ma critique, qui fonde ma déception, Visages Villages n'est pas un film de Agnes Varda et JR à  propos de collages de photos géantes réalisées avec gens des quatre coins de la France, mais un film SUR Agnes Varda et JR qui partent faire des collages avec des gens. C'est cela qui m'a dérangé. Le centrage sur les gens n'est à mon avis que très accessoire, ou alors largement insuffisant. A peine est-il une caution morale...

    Par ailleurs, je goûte assez peu la mascarade consistant à faire croire que tout ce qui se passe sous nos yeux serait joyeusement spontané, alors que l'arrivée du camion photographique dans les différents patelins a été préparée en amont par des équipes techniques, ne serait-ce que pour obtenir les autorisations administratives d'utiliser l'espace public (ou pas...), ou encore pour le jour J mobiliser la population... Et c'est probablement là qu'avait lieu la rencontre, la première, celle par laquelle tout se noue. Mais de cela, nous ne verrons rien. Dommage, c'était je crois, un aspect important du sujet.

    Il y a tout de même de jolis moments, avec les dockers du Havre, notamment. D'autres petites scènes sont belles comme le sont des vidéos Instagram mais sentent le rapiéçage mal ficelé car trop scénarisées et par conséquent complètement artificielles. Certaines sont un peu plus gênantes, dont cette courte séquence où une quidam s'étant prêté au jeu, avoue près coup face caméra, avec force embarras, toute sa gêne d'avoir été exposée par six mètres de haut à la vue de milliers de touristes tout un été entier, et d'avoir vu son image répandue des millions de fois à travers les voies infinies des réseaux sociaux. Le malaise est réel.

    Malaise encore lorsque les deux compères se font enquêteurs et mettent à jour cette conspiration terrible de l'écornement des chèvres pour éviter qu'elles ne se blessent en se battant. Voyez un peu le scandale : les cornes des biquettes seraient sacrifiées sur l'autel du grand capitalisme. Non, sincèrement, laissez le journalisme d'investigation à ceux dont c'est le métier, par pitié. Heureusement il existe des opposants à l'asservissement chevrier, qui font "comme avant", dans l'authentique, sans trayeuse automatique mais avec des mouches et un atelier de fabrication du fromage qui m'a un peu fait tiquer au niveau respect des normes sanitaires. Un moment je me suis cru dans Autobio de Cédric Pédrosa et que j'avais chroniqué en 2008. Caution morale, encore une fois...

    Même s'il offre de jolis moments, donnant plus à voir qu'à regarder, Visages Villages, hymne à la boboïtude, demeure au final profondément creux, comme le sont les conversations de soir de fête où tout le monde est ami avec tout le monde et où l'on se fait la bise en riant très fort, une coupe de champagne à la main.  

    Dommage. 

    6 juillet 2017

    Jusqu'au bout

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    Jeudi 06 juillet...

    Voici bientôt trois semaines que j'ai posé ma démission. Trois semaines de moins à rester ici, sous la coupe de ma boss qui m'insupporte depuis quasiment le début et dont le comportement à mon égard ne cesse de m'insupporter chaque jour d'avantage. 

    La date du départ est inscrite en lettres de sang dans mon agenda. Et je crois qu'elle me fera chier jusqu'au bout. Tenir, et ne rien lâcher...

    Chaque heure qui passe est une petite victoire, chaque jour de gagné me rapproche de la sortie, chaque semaine qui s'écoule est un espoir de lendemains meilleurs. Prendre son mal en patience, faire le dos rond, ne pas trop se ronger les sangs parce qu'elle n'en vaut pas la peine, même si au final c'est moi qui m'expose en présentant son travail et que je ne tiens pas à avoir l'air ridicule. Bosser pour elle est parfois déjà largement assez infamant...  

    Qu'elle ne se réjouisse pas trop vite. Je lui prépare un joli mot d'adieu, bien vénéneux.

    Face à cela, mon épuisement s'accroît de jour en jour. Mon sommeil est dégueulasse, mes nuits peu réparatrices. Cette nuit j'ai rêvé que je devais partir avec un ami, loin, pour une tâche importante.  Je ne me souviens plus des détails mais il y était question d'un véhicule qui ne démarre pas, d'un train qu'on ne trouve pas puis d'un bateau cassé. On avait beau ramer, le canot n'avançait pas, ou de travers. Le rêve merdique qui sent l'échec et l'angoisse... Je me suis réveillé vers quatre heures du matin, pas tout à fait dans mon assiette, avec une soif terrible.

    Heureusement il y a des petits bonheurs qui permettent de s'agripper à cette corde invisible de l'espoir : savoir que mon temps ici est compté ; savoir qu'un ailleurs m'attend pour la rentrée et préparer ce temps de demain qui se rapproche d'heure en heure ; rigoler sur les réseaux sociaux avec des amis que j'espère revoir bientôt ; penser aux weekends que je vais pouvoir consacrer à aller marcher en montagne au calme et au grand air. 

    Toujours à propos d'un demain plus lointain, avait lieu aujourd'hui la troisième étape d'un processus de reconversion professionnelle que j'ai mis en oeuvre en décembre dernier. Je crois que cela s'est bien passé. Le verdict tombera en fin d'année, en espérant qu'il soit positif. C'est long. Très long... Jusqu'au bout il faut tenir et ne rien lâcher. Et y croire. 

    Jusqu'au bout. 

    28 juin 2017

    28 juin 2017

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    La date entendue ce matin à la radio en me levant m'a fait frémir : mercredi 28 juin... Le mois le plus beau de l'année est déjà terminé et je n'en ai rien vu, ni profité, enlisé que j'étais dans des angoisses dont j'ai eu bien du mal à me dépêtrer. 

    Petites causes, grands effets, dit le proverbe. Et cela est vrai. Une petite lettre a transformé mon quotidien depuis une semaine et elle va probablement le modifier durablement car je suis maintenant contraint à prendre des décisions que je n'avais pas envisagées et pour lesquelles je ne me sentais pas prêt du tout. J'ignore s'il s'agit du chemin du bonheur mais, à défaut, nous dirons qu'un mieux être est certainement à la clé.

    Lundi dernier j'ai donc donné ma démission à ma boss. Aussi étonnant que cela puisse paraître, elle n'a manifesté aucun signe d'étonnement quant à ma décision. Je l'ai presque trouvée guillerette... Quand je vous dis que cette femme est folle ! Il me reste donc trois petits mois à tenir pour être définitivement débarrassé de ce marasme humain et passer définitivement à autre chose, à d'autres choses en reprenant possession de ma vie.

    Petites causes, grands effets, le soir même mes angoisses commençaient à s'apaiser pour disparaître à peu près totalement, ce qui est plutôt très apaisant. Ne plus sentir ma gorge en permanence nouée ni mon estomac contenir une boule de bowling. Libéré de ce fardeau, je peux à nouveau envisager mon quotidien autrement que dans la préparation d'un hypothétique futur affrontement dans lequel le dragon s'épanouit. Je peux, au contraire, me projeter un tout petit peu, penser à mes soirées, à mes weekends, à ce que j'aurai envie de faire cet été, peut-être même un voyage au mois de septembre... et en tout cas envisager plein de choses que l'envahissement de ces derniers temps m'astreignait à mettre de côté.

    Dans ce contexte d'angoisse chronique j'avais envisagé un temps d'annuler la petite soirée que j'avais prévu d'organiser samedi dernier, qui devait réunir quelques amis proches. Au plus bas de mon moral, je ne savais pas où ni comment trouver la force de ranger mon appartement. Tout me paraissait insurmontable. Malgré tout, une petite voix me disait que voir du monde et m'entourer de pensées positives me serait salutaire. C'était vrai. Nous avons passé une excellente soirée, conclue par un très bon cheesecake dont je vous donnerai la recette une prochaine fois.

    A cette occasion j'ai reçu quelques jolis présents : une jolie tasse licorne, une belle plante qui manquait dans ma chambre et de quoi aller assister à la Walkyrie de tonton Richard, lors de la prochaine saison du Théâtre du Capitole. Des choses qui m'ont toutes fait plaisir, preuve que mes amis me connaissent bien et que j'ai raison de les chouchouter. 

    Nous voici donc bientôt en juillet. Le temps des fêtes de village, des rires à l'ombre des platanes, des grillades et du verre de rosé frais à l'orée du soir, des feux d'artifice qui éclaboussent la nuit de couleurs, et des journées aux cieux d'azur, idéales pour aller crapahuter en moyenne montagne tôt le matin... 

    22 juin 2017

    Pour l'amour des roses trémières

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    J'ai mis longtemps à associer le nom de rose trémière à la plante éponyme. D'ailleurs quel nom étrange que celui de rose trémière. Je n'ai jamais su ce qu'il voulait réellement dire et je n'ai d'ailleurs pas eu la curiosité, en écrivant ce billet, d'aller en vérifier l'étymologie dans un dictionnaire. Comme si accéder à cette connaissance devait en briser la mystérieuse beauté.

    Rose trémière. Et dire que ce n'est même pas une rose... 

    Une plante dont on ne sait pas trop ce qu'elle est. Ses feuilles vert tendre ressemblent à celles de la mauve, sans être de la mauve. Sa tige haute s'étire vers le ciel comme le fait le tournesol, sans être tournesol. Ses boutons semblables à de petites pommes vertes mais qui ne deviennent jamais pommes. Ses énormes fleurs nervurées, si belles et pourtant si peu odorantes, qui font si bien ressortir les rayures des abeilles.

    Elle est exubérante et modeste, charmante et indifférente, farouche mais docile. C'est la rose trémière.

    Des roses trémières, il y en a toujours eu chez ma grand-mère. Elles poussaient et poussent encore un peu sauvagement au milieu du buis, entre la boîte aux lettres et les lilas dont le parfum succulent annonce les beaux jours. Après que les lilas ont acclamé le printemps, les roses trémières s’érigent en sentinelles de l'été. C'est aussi une plante que j'aime à croiser lors de mes balades en montagne, à la faveur rassurante d'une source qui murmure entre deux pierres ou d'un abreuvoir au milieu des estives. 

    La semaine dernière j'en ai vu toute une ribambelle qui poussaient sur le terre-plein central de l'autoroute qui sépare Toulouse de Montauban. Que ces belles plantes fragiles puissent pousser au milieu du goudron, parmi la fureur frénétique du va-et-vient des automobiles et des poids lourds roulant à toute allure, indifférents à cette gracile présence végétale, a quelque chose d'éperdument poétique lorsque l'on y pense. La poésie se niche décidément partout.

    Aussi c'est avec une petite pointe au cœur que, depuis quelques jours, j'assiste impuissant au fauchage de l'autoroute et au broyage systématique des roses trémières qui s'apprêtaient à fleurir enfin...

    Pendant quelques minutes d'égarement je me suis pris à penser que, peut-être les agents de la DDE allaient eux-aussi se souvenir des roses trémières qui poussaient entre le lilas et la boîte à lettres de leur grand-mère et, dans un sursaut de mélancolie, les contourneraient méticuleusement avec leur débroussailleuse pour les laisser fleurir et s'émerveiller les automobilistes, à l'instar de Gaston Lagaffe et son invention géniale de micro-tondeuse à gazon qui lui permet de tondre la pelouse de sa chère tante Hortense en épargnant les marguerites qui poussent dans le jardin.

    De grâce, de grâce, monsieur le promoteur, 
    De grâce, de grâce, préservez cette grâce 
    De grâce, de grâce, monsieur le promoteur 
    Ne coupez pas mes fleurs.

    Il n'en fut évidemment rien...
    Les conducteurs de faucheuses ne doivent pas lire Gaston Lagaffe.

    15 juin 2017

    La photo du mois : Instant T

    25 commentaires
    Bonjour à tous, nous sommes le 15 Juin et c'est l'heure de notre rendez-vous mensuel avec la photo du mois.

    Je vous rappelle le principe du jeu : chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Le thème de ce mois-ci a été choisi par Aude qui nous a proposé de plancher sur : "Instant T ou l'art de la photo prise pile poil au bon moment !"

    Justement, quelques jours après l'annonce du thème de ce moi-ci, le hasard et la chance ont mis sur mon chemin ce superbe double arc en ciel alors qu'il venait de pleuvoir quelques minutes plus tôt.


    Aussitôt après l'avoir photographié, il s'évanouissait alors que le soleil se ragaillardissait... L'art de la photo prise pile poil au bon moment et - surtout - de toujours avoir un appareil photo à portée de main !

    La photo du mois continue sur les autres blogs participants : Akaieric, Alban, Alexinparis, Amartia, Angélique, Aude, Autour de Cia, BiGBuGS, Blogoth67, Brindille, Bubble gones, Calamonique, Chat bleu, Chiffons and Co, Christophe, Cricriyom from Paris, CécileP, Céline in Paris, Danièle.B, DelphineF, E, El Padawan, Escribouillages, Eurydice, Evasion Conseil, François le Niçois, Frédéric, Gilsoub, Gine, Giselle 43, J'habite à Waterford, Jess_TravelPicsAndTips, Josette, Josiane, Julie, Kellya, KK-huète En Bretannie, Krn, La Fille de l'Air, La Suryquoise, La Tribu de Chacha, Laulinea, Laurent Nicolas, Lavandine, Lavandine83, Lilousoleil, Lyonelk, magda627, Magouille, Mirovinben, Morgane Byloos Photography, Natpiment, Nicky, Pat, Philae, Philisine Cave, Pilisi, Renepaulhenry, Sous mon arbre, The Beauty is in the Walking, Ventsetvoyages, Who cares?, Xoliv', écri'turbulente.